Présentation
- Par Hugues Daussy
Pages 13 à 15
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- DAUSSY, Hugues,
- Daussy, Hugues.
- Daussy, H.
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La condamnation vigoureuse de l’hérésie par le pouvoir monarchique ne freina pas la propagation du protestantisme dans le royaume de France, où le nombre des convertis ne cessa de croître entre 1540 et le milieu de la décennie suivante. Les communautés se développèrent alors dans une prudente clandestinité afin d’échapper à la vigilance des autorités, qui éprouvaient de grandes difficultés à appréhender l’ampleur réelle du phénomène d’extension de la religion réformée. Ce n’est qu’à partir de 1555, lorsque Calvin invita les fidèles à assumer publiquement leur foi, quitte à encourir le martyre, que les catholiques prirent conscience de la puissance du mouvement. Selon le plan élaboré par le réformateur genevois, cette apparition au grand jour de groupes jusqu’alors discrets devait susciter un choc et servir de point de départ à un vaste processus de conversion du royaume tout entier. Il était convaincu que l’exemple édifiant des jeunes Églises réformées, qui bourgeonnaient dans toutes les provinces, susciterait inéluctablement une vague irrésistible d’adhésions spontanées, car la lumière de la Vérité ne pourrait qu’éblouir de son évidence les consciences de ceux auxquels elle serait présentée. Le temps de la conquête avait donc sonné. Les premiers effets de cette ambitieuse politique purent sembler encourageants. Le 16 mars 1556, dans une lettre adressée à Guillaume Farel, Théodore de Bèze pensa pouvoir se réjouir de la multiplication incroyable des Églises réformées dans tout le royaume de France, et le mouvement lui sembla irréversibl…
Date de mise en ligne : 04/07/2025
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