Présentation
- Par Hugues Daussy
Pages 133 à 134
Citer ce chapitre
- DAUSSY, Hugues,
- Daussy, Hugues.
- Daussy, H.
Citer ce chapitre
- Daussy, H.
- Daussy, Hugues.
- DAUSSY, Hugues,
« Acceptez la peinture d’un temps calamiteux, plein d’ambitieux desseins, de fidélités et infidélités remarquables, de prudences et témérités, de succès heureux ou malheureux, de vertus relevées et d’infâmes lâchetés, de mutations tant inespérées qu’aisément vous tirerez de ces narrations le vrai fruit de toute l’Histoire, qui est de connaître en la folie et faiblesse des hommes, le jugement et la force de Dieu. »
1 En un peu plus d’une décennie, l’espoir conçu par Calvin d’une conversion du royaume au protestantisme s’était évanoui. Le réformateur était mort à Genève en mai 1564, alors que les clauses encore très restrictives de la paix d’Amboise avaient déjà largement contribué à dissiper le mirage d’une France huguenote. Si les pasteurs mirent un peu plus de temps que les gentilshommes à prendre conscience du caractère utopique de leurs ambitions initiales, la dure réalité des événements s’était progressivement imposée à tous les membres de la communauté réformée française. Il fallut se contenter de rechercher les conditions d’une coexistence confessionnelle permettant à tous les fidèles de pratiquer leur culte librement. Mais cette concession par rapport à l’idéal d’une réforme royale apparut rapidement comme un horizon encore trop ambitieux. L’opposition catholique était trop puissante et la monarchie trop fortement tiraillée, prise sous le feu croisé des exigences formulées par les différents partis entre lesquels il lui fallait maintenir un savant équilibre, pour être en mesure de se montrer trop généreuse à l’égard d’une minorité hérétique.
2 Après la surprise de Meaux, la situation politique et religieuse du royaume s’était encore complexifiée. Le conflit très dur qui avait ensuite opposé les huguenots et le pouvoir royal avait laissé des traces indélébiles et, même si la paix de Saint-Germain avait théoriquement réconcilié catholiques et protestants sous l’égide paternelle du souverain, quelque chose s’était brisé dans la relation que Charles IX et les chefs de la grande noblesse réformée avaient jusqu’alors péniblement entretenue. Les griefs que les uns et les autres avaient mis sous le boisseau afin de préserver la paix fragile ne demandaient qu’à s’exprimer à la moindre étincelle. Catherine de Médicis était bien consciente du péril imminent que cette situation explosive faisait courir au pouvoir de son fils. Afin d’éloigner le spectre d’une nouvelle guerre civile, elle se lança dans une ultime tentative de réconciliation. Elle ignorait qu’il était déjà trop tard.
Date de mise en ligne : 04/07/2025