6. Au miroir du roman
- Par Aurélie Foglia
Pages 97 à 121
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- Foglia, A.
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Notes
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[1]
Vincent Jouve, L’Effet-Personnage dans le roman, Paris, PUF, 1992.
Le roman fait figure d’aventurier. Longtemps considéré comme un genre mineur, il se détache rapidement en éclaireur au xixe siècle pour annoncer, puis accompagner, voire provoquer l’émergence de la modernité. Écrit dès son apparition en langue vulgaire (par opposition au latin), il a mauvais genre et le revendique en prenant toutes les libertés. « Existe-t-il des règles pour faire un roman, en dehors desquelles une histoire écrite devrait porter un autre nom ? » interroge Maupassant au début de la préface qu’il donne à Pierre et Jean, en 1888. Si les théoriciens ont légiféré depuis des siècles pour fixer les règles des genres nobles (par exemple la tragédie), le roman, en revanche, n’obéit à aucune poétique préétablie. Impossible de le ramener à une définition stable et univoque : il en fait aussitôt éclater les cadres. « Si Don Quichotte est un roman, poursuit Maupassant, Le Rouge et le Noir en est-il un autre ? Si Monte-Cristo est un roman, L’Assommoir en est-il un ? Peut-on établir une comparaison entre les Affinités électives de Goethe, Les trois mousquetaires de Dumas, Madame Bovary de Flaubert, M. de Camors de M. O. Feuillet et Germinal de Zola ? Laquelle de ces œuvres est un roman ? Quelles sont ces fameuses règles ? »
Cette salve de questions prouve à quel point le roman résiste à la théorie et se dérobe sans cesse à son propre nom. Ce n’est pas, ou pas seulement qu’il se réfugie dans les facilités et les fastes d’une infra-littérature. L’hétérogénéité du genre ne peut que rendre perplexe, et la prolifération de titres cités par Maupassant, en proposant une multiplicité irréductible, vise à déconcerter le lecteur comme le critique…
Date de mise en ligne : 22/02/2022
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