2. Une culture entre anciens et modernes
- Par Emmanuel Bury
Pages 33 à 52
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- BURY, Emmanuel,
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- Bury, E.
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Comme l’a écrit Roger Zuber au seuil de son ouvrage sur le classicisme : « Au sens le plus large, notre “littérature classique" va de Ronsard à Nisard : c’est-à-dire de l’adoption par la masse des écrivains français de formes poétiques de l’Antiquité profane et de l’humanisme italien jusqu’au refus de ce type d’imitation – refus mené, contre les combats d’arrière-garde des tenants de la tradition, par les “têtes" du romantisme de 1830. » (Cuénin-Zuber, 1998)
Dans un tel empan chronologique, la littérature française du xviie siècle peut donc se comprendre d’abord comme le prolongement de celle qui a été élaborée depuis la génération de La Pléiade au moins, telle qu’elle avait été conçue par le programme ambitieux exposé par Du Bellay dans La Défense et illustration de la langue française (1549). Du Bellay, écartant les modèles littéraires de la fin du Moyen âge, recommande une imitation directe des littératures latine et grecque, seule apte à fonder une modernité littéraire française digne de rivaliser avec cet héritage. Ronsard, avec ses Odes (1550), puis ses Hymnes (1555), a donné l’exemple de cette haute poésie qui puise dans les ressources de la culture grecque, à l’école de la philologie humaniste qu’il avait pu apprendre sous la houlette du savant Jean Dorat (1508-1588).
Il est vrai que Ronsard lisait directement Homère et Hésiode ; en réalité, la culture grecque qui fascine les lecteurs du xvie siècle passe par le filtre d’auteurs tardifs (de l’époque impériale romaine), comme Plutarque, les romanciers grecs ou les brillants sophistes du second siècle après J…
Date de mise en ligne : 20/04/2022
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