Chapitre VIII. Domination coloniale et lutte de libération, 1881-1956
- Par Sophie Bessis
Pages 259 à 356
Citer ce chapitre
- BESSIS, Sophie,
- Bessis, Sophie.
- Bessis, S.
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Notes
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[1]
Juliette Bessis, Maghreb. La traversée du siècle, Paris, L’Harmattan, 1997, deuxième partie, chap. iv.
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[2]
A. Larguèche, « Les communautés et la ville : Tunis à l’époque moderne », in Actes en hommage au doyen Mohamed Hedi Cherif, Les Communautés méditerranéennes de Tunisie, op. cit.
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[3]
Expression empruntée à J. Bessis in La Méditerranée fasciste. L’Italie mussolinienne et la Tunisie, Paris, Publications de la Sorbonne/Karthala, 1981, première partie : « La fixation de l’hypothèque italienne en Tunisie ». Sauf indication contraire, la plupart des données chiffrées sur la population italienne sont empruntées à cette thèse.
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[4]
J. Ganiage, Histoire contemporaine du Maghreb de 1830 à nos jours, Paris, Fayard, 1994, chap. v : « La Tunisie de l’indépendance au protectorat 1830-1914 ».
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[5]
Chiffres donnés par Adrien Salmieri, « La communauté italienne de Tunisie, milieu xixe-milieu xxe siècle », in Actes en hommage au doyen Mohamed Hedi Cherif, Les Communautés méditerranéennes de Tunisie, op. cit.
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[6]
Voir Béchir Tlili, Socialistes et Jeunes Tunisiens à la veille de la Grande Guerre (1911-1913), Tunis, Publications de l’université de Tunis, Faculté des lettres et sciences humaines, quatrième série « Histoire », vol. XVI, 1974.
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[7]
Régence de Tunis, Protectorat français, Direction de l’agriculture, du commerce et de la colonisation, Notice sur la Tunisie, 6e éd., 1909, Introduction.
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[8]
J. Poncet, La Colonisation et l’agriculture européenne…, op. cit., deuxième partie : « La colonisation européenne et les campagnes de Tunisie jusqu’en 1914 ».
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[9]
A. Guelmani, La Politique sociale en Tunisie de 1881 à nos jours, op. cit., première partie, chap. i : « Refonte de la société et nouvelle régulation de l’ordre social ».
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[10]
Ali Mahjoubi, Les Origines du mouvement national en Tunisie, 1904-1934, Tunis, Publications de l’université de Tunis, Faculté des Lettres, 1982, première partie, chap. i.
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[11]
P. Sebag, La Tunisie. Essai de monographie, Paris, Éd. sociales, 1951, chap. v : « Les résultats économiques et sociaux de la colonisation ».
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[12]
A. Guelmani, La Politique sociale en Tunisie de 1881 à nos jours, op. cit., deuxième partie, chap. i : « L’édification d’un État-providence colonial ».
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[13]
Pour reprendre l’expression de Mustapha Kraïem dans Le Mouvement social en Tunisie dans les années trente, Tunis, Université de Tunis/Centre d’études et de recherches économiques et sociales, « Cahiers du Ceres, série Histoire », 2, 1984, Préface.
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[14]
J. Bessis, Les Fondateurs. Index biographique des cadres syndicalistes de la Tunisie coloniale (1920-1956), Paris, L’Harmattan, 1985, Introduction.
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[15]
Chiffres tirés de M. Kraïem, Le Mouvement social en Tunisie, op. cit. et J. Bessis, « Le mouvement ouvrier tunisien de ses origines à l’indépendance », in Maghreb. Questions d’histoire, Paris, L’Harmattan, 2003.
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[16]
Dans les pages suivantes, les informations ayant trait à la personne de Bourguiba sont tirées, sauf indication contraire, de S. Bessis et S. Belhassen, Bourguiba, Tunis, Elyzad, 2012.
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[17]
La Tunisie martyre. Ses revendications, Paris, Jouve & Cie éditeurs, 1920.
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[18]
Cité par Arthur Pellegrin in Histoire de la Tunisie depuis les origines jusqu’à nos jours, Tunis/Paris, SAPL, 1941, chap. xviii : « Le Protectorat français de 1919 à 1940 ».
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[19]
Voir J. Bessis in Maghreb. La traversée du siècle, op. cit., chap. v.
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[20]
S. Bessis, S. Belhassen, Bourguiba, op. cit., chap. ii.
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[21]
Trad. fr. : Tahar Haddad, Notre femme. La législation islamique et la société, Tunis, Maison tunisienne de l’édition, 1978.
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[22]
S. Bessis, S. Belhassen, Bourguiba, op. cit., chap. ii.
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[23]
Mohamed Sayah, Histoire du Mouvement national tunisien, Tunis, Centre de documentation nationale. Cette histoire monumentale en 25 volumes est indispensable à la connaissance du xxe siècle tunisien mais doit être lue avec la plus grande circonspection vu son absence évidente d’objectivité.
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[24]
Voir sur cet aspect de la vie culturelle Hamadi Ben Halima, Un demi-siècle de théâtre arabe en Tunisie (1907-1957), Tunis, Publications de l’université de Tunis, Faculté des lettres et sciences humaines, sixième série « Philosophie, littérature », vol. VI, 1974.
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[25]
Charles-Robert Ageron, « Les populations du Maghreb face à la propagande allemande », Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, avril 1979.
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[26]
Sur l’action de ce Bey, figure centrale du récit national tunisien, voir essentiellement Saïd Mestiri, Moncef Bey, biographie en deux volumes, Tunis, Arc Éditions, 1990, et J. Bessis, « Sur Moncef Bey et le moncéfisme. La Tunisie de 1942 à 1948 », in Maghreb. Questions d’histoire, op. cit.
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[27]
Cité par S. Mestiri, Moncef Bey, op. cit.
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[28]
Au sujet de la politique américaine en Afrique du Nord, voir ministère de la Défense, Actes du colloque international de Tunis sur « La deuxième guerre mondiale en Tunisie », Tunis, 2-14 octobre 1982, en particulier la communication d’Arthur L. Funk : « The United States and Tunisia during World War II » et J. Bessis : « La politique américaine en Afrique du Nord pendant la Deuxième Guerre mondiale », in Maghreb. Questions d’histoire, op. cit.
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[29]
P. Sebag, La Tunisie…, op. cit., chap. v.
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[30]
Abdesselem Ben Hamida, Le Syndicalisme tunisien de la Deuxième Guerre mondiale à l’autonomie interne, Tunis, Publications de l’université de Tunis, Faculté des lettres et sciences humaines, quatrième série « Histoire », vol. XXXV, 1989, chap. iii : « La situation syndicale après-guerre ».
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[31]
Voir Nourredine Sraïeb, « Les réactions tunisiennes à la guerre de Palestine de 1948 », in CNRS et Maison de la Méditerranée, Les Relations entre le Maghreb et le Machrek. Des solidarités anciennes aux réalités nouvelles, op. cit.
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[32]
S. Bessis, S. Belhassen : Bourguiba, op. cit, première partie, chap. v.
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Dit aussi traité de Kassar Saïd, du nom de la résidence beylicale où il a été signé, en lisière du palais du Bardo.
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Nom donné depuis plusieurs siècles à la portion de la Tunisie s’étendant au sud de Sfax et qui est le territoire de puissantes confédérations tribales.
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Il faut prendre ces chiffres davantage comme des ordres de grandeur que comme des données exactes. Ils varient, parfois de manière importante, selon les sources. L’absence d’état-civil et le fait que de nombreux ressortissants étrangers ne s’enregistraient pas auprès de leurs autorités consulaires rendent les estimations difficiles. Jean Despois, dans L’Afrique du Nord, Paris, Puf, 1949, deuxième partie, chap. iii, donne pour sa part le chiffre de 18 000 Européens en 1881.
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Paysans.
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En 1902, les Français accaparent 88,5 % et les Italiens 6,3 % des plus de 652 000 hectares possédés par des étrangers. Ces pourcentages ont été calculés à partir des données fournies par Ahmed Kassab et Ahmed Ounaïes (dir.), Histoire générale de la Tunisie, t. IV, L’Époque contemporaine, 1881-1956, Tunis, Sud Éditions, 2010, chap. ii : « La mainmise coloniale sur l’espace agricole ».
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Voir supra, p. 188.
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De 1 889 400 personnes au recensement de 1921, la population musulmane est passée à 2 335 600 à celui de 1936.
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Prix Nobel de médecine en 1928 pour avoir découvert l’agent transmetteur du typhus. La Tunisie indépendante a donné son nom à l’un des principaux hôpitaux de la capitale.
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À la fin du xixe siècle, la population juive de Djerba a été la seule communauté juive du pays à refuser l’ouverture d’écoles de l’Alliance israélite universelle et à se barricader contre la francisation, continuant de pratiquer un enseignement traditionnel religieux réservé aux garçons. Ce n’est qu’avec l’obligation scolaire inaugurée par l’indépendance que les enfants juifs djerbiens des deux sexes ont commencé à fréquenter l’école publique.
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Section française de l’Internationale ouvrière, le nom d’alors du Parti socialiste.
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Leur caractère non colonial prête cependant à discussion. Les États-Unis se sont en effet octroyé un droit de regard sur les Caraïbes et l’Amérique latine, qu’ils considèrent comme leur arrière-cour, et ont succédé à l’Espagne comme puissance occupante à Cuba puis aux Philippines. Quant à l’URSS, elle a hérité de l’empire de la Russie tsariste, et réprimé dès la révolution d’Octobre toute tentative d’autonomie de ses provinces. Mais leurs positions internationales rompent avec les discours coloniaux.
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La théorie du « retour » de l’Empire romain en terre africaine est au fondement des prétentions mussoliniennes sur la Tunisie. Comme en France, historiens organiques de la colonisation et hommes politiques ont usé de cette rhétorique pour justifier la volonté italienne de s’approprier la Régence.
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Voir supra, p. 303.
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Le Komintern est le nom de l’Internationale communiste.
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Chiffre officiel. Le Néo-Destour parle, lui, d’une quarantaine de tués et de 2 000 à 3 000 arrestations à travers le pays dans les jours suivants.
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Dans l’ensemble du monde arabe et particulièrement au Maghreb, le monde de la musique est alors largement occupé par des artistes juifs, hommes et femmes, qui en ont été les principaux interprètes jusqu’aux années 1930.
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Voir supra, p. 302.
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Ainsi nommé parce qu’il s’est déroulé la dernière nuit du mois de ramadan, appelée nuit du Destin.
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Voir infra, p. 383.
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Indépendance en arabe.
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Le terme fellaghas signifie à l’origine coupeurs de routes.
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Ben Youssef a expliqué ses motivations dans un entretien accordé le 23 janvier 1956 à Charles Saumagne, qui l’a consigné dans son journal. Cet entretien a été publié dans la revue Les Temps modernes, 356, mars 1976 sous le titre : « Un épisode de la lutte pour l’indépendance tunisienne, l’affrontement de Bourguiba et de Salah Ben Youssef ».
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Chef en arabe, avec une connotation superlative.
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En particulier dans l’entretien cité avec Charles Saumagne.
Une fois de plus, comme on l’a fait en d’autres termes pour des temps plus lointains, il convient de poser la question : sont-ce deux Tunisies différentes que l’on observe à l’aube de la colonisation en 1881 et à son terme en 1956 ? La « révolution coloniale » a-t-elle destructuré une « très ancienne société », pour reprendre les mots et l’hypothèse de l’historienne Juliette Bessis ? Ou, comme depuis les époques les plus reculées, peut-on retrouver d’une période à l’autre une série de repères disant la permanence et la relative solidité de structures sociales ayant partiellement résisté au rouleau compresseur colonial ? Et il faudra, au prochain chapitre, se demander qui – des colonisateurs ou des constructeurs nationaux de l’État postcolonial – a le plus contribué à saper les bases d’un ancien monde qui n’était pas tout à fait immobile pour poser celles de la Tunisie contemporaine.
Pour l’heure, arrêtons-nous au fait que, comme toute entreprise coloniale, celle de la France dans la Régence s’est d’abord attachée à mettre en place un appareil de domination lui permettant d’exploiter au mieux sa nouvelle possession. Un cadre législatif et réglementaire nouveau et une administration importée ont servi la réalisation de cet objectif, le seul qui était réellement le sien. Quel qu’en ait été l’habillage rhétorique, nulle colonisation n’a eu en effet d’autre but que l’exploitation des territoires conquis puis occupés. Toutefois, et même si tel n’était pas son propos, l’occupation française a eu, en Tunisie et à l’instar de toutes les colonisations d…
Date de mise en ligne : 25/08/2020
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