Présentation
- Par Sophie Bessis
Pages 209 à 212
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- BESSIS, Sophie,
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- Bessis, S.
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Notes
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[1]
Sana Ben Achour, « Aux sources de l’État moderne, des tanzimat au qânun al-dawla », in R. Moumni (dir.), L’Éveil d’une nation, Tunis, Éd. Officina Libraria, 2016.
Le mot Tunisie n’a pas de date de naissance précise, mais une conjonction de faits lui en donne une qui s’étale sur les décennies 1830-1850. Durant cette période, la Régence – ce terme qui entérine institutionnellement sa vassalité par rapport à la Porte – cède progressivement le pas à une appellation qui lui appartient en propre, tirée du nom de sa capitale, et se donne les attributs symboliques d’une existence autonome. En 1832, Hussein Bey II fait adopter un drapeau différent de celui de l’empire, même s’il en est un décalque. Le mot même de Tunisie paraît avoir été employé officiellement pour la première fois lors du voyage d’Ahmed Bey en France en 1846, et c’est aussi sous son règne qu’a été émis le premier billet de banque portant son sceau. À partir de M’hamed Bey (1855-1859), le nom du souverain tunisien figure sur les monnaies de la Régence alors qu’auparavant seul celui du sultan y était inscrit. Le groupe qui entend alors transformer le pays lui en donne ainsi le nom et les insignes l’inscrivant dans une trajectoire nationale qui ne se démentira plus. En 2016, une exposition historique au titre évocateur, L’Éveil d’une nation, retraçant dans les murs d’une vieille demeure beylicale les premières décennies de ce parcours, a connu une affluence considérable, montrant par là que les Tunisiens se sont approprié une histoire les instituant comme nation. Il faudra certes faire la part du mythe et du réel dans cette élaboration dont la révolution de 2011 a montré qu’elle n’est pas achevée…
Date de mise en ligne : 25/08/2020
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