Écrire la mode
- Par Olivier Saillard
Pages 5 à 9
Citer ce chapitre
- SAILLARD, Olivier,
- Saillard, Olivier.
- Saillard, O.
Citer ce chapitre
- Saillard, O.
- Saillard, Olivier.
- SAILLARD, Olivier,
Notes
Depuis le milieu du xixe siècle, la haute couture sépare les saisons. Elle monte en épingle le printemps et l’été, coud des ourlets longs à l’automne, aux hivers. Avec la même ponctualité, journalistes, chroniqueurs accompagnent les efforts des couturiers, jugent l’histoire à la faveur des rubans de transition et des velours définitifs. Charles Frederick Worth n’inventa pas seulement cette industrie du luxe, du rare, qui fait du vêtement le parolier des élégantes, il fit aussi couler beaucoup d’encre. Au rythme de ses intuitions et de ses pulsions de mode, les journaux et les gazettes accordèrent leurs récits. À une époque où la photographie ne dominait pas encore les pages de comptes rendus, les illustrés laissaient la part belle aux longues descriptions qui faisaient passer les modifications de toilettes pour d’essentiels bouleversements climatiques. Frivoline fut de ces auteurs à l’état civil travesti sous des noms de chiffons qui relataient en mots brodés les fluctuations des robes. Pour la revue L’Art et la Mode, elle (sait-on vraiment si Frivoline est une femme ?) se complaisait à faire du châle cachemire, de la guimpe et des ornements les sujets sans scénario autre que celui de leur destinée de salons, qu’ils soient de couture ou littéraire. À ce jeu, Stéphane Mallarmé brilla plus encore. Chronique singulière au sein d’une œuvre puissante, La Dernière Mode, en huit numéros publiés en 1874, investit le territoire des tendances, des habits et des manières. Observateur érudit, Mallarmé assure la promotion des subtils et éphémères changements du costume féminin tout en conférant à un genre, la chronique de mode, des qualités littéraires…
Date de mise en ligne : 16/04/2026
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
10,99 €
Acheter ce chapitre
1,50 €