La mode selon ses défilés
- Par Olivier Saillard
Pages 331 à 355
Citer ce chapitre
- SAILLARD, Olivier,
- Saillard, Olivier.
- Saillard, O.
Citer ce chapitre
- Saillard, O.
- Saillard, Olivier.
- SAILLARD, Olivier,
La mode repose sur un principe d’imitation et aspire à l’universalité. C’est une de ses caractéristiques principales depuis le xviiie siècle. S’y oppose avec immédiateté le besoin de singularité de chacun. Au cœur de ce processus, un individu au goût singulier, d’avant-garde, un petit groupe d’adeptes et de suiveurs dirigent les regards vers eux, surprennent parfois, irritent, attirent. Étendues à une société, les particularités vestimentaires qui faisaient exception chez eux se banalisent, s’agrégeant les unes aux autres en phénomène de mode. Quand elles sont adoptées par la majorité, l’engouement qu’elles répandent se meut en ordinaire jusqu’à ce qu’un autre groupe, de couleurs et d’attitudes dissemblables, se singularise à nouveau. Différenciation et égalisation gouvernent la mode, font la joie du commerce.
Depuis que l’image a préempté son autorité sur nos sociétés contemporaines, la mode se confond pour beaucoup avec le défilé. À partir des années 1980, on officialise les semaines de présentation de collections prêt-à-porter et haute couture à Paris, à Londres, à Milan et à New York. Une nouvelle génération de créateurs dialogue avec les couturiers de périodes plus anciennes et on assiste à une multiplicité des styles et à une augmentation du nombre des défilés, véritables marchepieds économiques pour la mode elle-même, pour les industries médiatique et éditoriale puissantes, mais aussi pour les secteurs géographiques concernés. La mode a fortement démocratisé ses idées et ses coûts par un système pyramidal qui descend du créateur de l’œuvre originelle, puis aux marques qui s’en inspirent jusqu’au consommateur…
Date de mise en ligne : 16/04/2026
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
10,99 €
Acheter ce chapitre
2,50 €