Conclusion
Pages 201 à 202
Citer ce chapitre
- LEGAY, Marie-Laure,
- Legay, Marie-Laure.
- Legay, M.-L.
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- Legay, M.-L.
- Legay, Marie-Laure.
- LEGAY, Marie-Laure,
Au terme de cet ouvrage, nous ne pouvons que constater à quel point l’époque moderne est travaillée en profondeur par l’argent – rationalité instrumentale qu’elle érige en grand ordonnateur de la vie sociale – tout en en refusant l’arbitrage suprême, éthique. D’un côté, une réalité économique, la promotion du marché comme régisseur social, de l’autre une perception flottante de l’argent comme valeur: le verdict est en suspens, car l’autorité politique et morale même, dans sa fonction cohésive, vacille et ne peut servir d’exemple.
Au moment où François Ier convoite les richesses d’Italie déjà, les marchands banquiers qui le soutiennent ont tissé à travers le monde leur réseau de créances dans lequel s’insère le Trésor royal. Les théologiens, dont les subtilités réduisent le crime d’usure comme peau de chagrin, sont venus à la rescousse: le courant calviniste bien sûr, qui justifie le prêt de commerce, mais aussi les courants les plus divers issus de la contre-Réforme, jusqu’au jésuite Menestrier qui clame contre les faux scrupules de conscience pour justifier le jeu d’argent par excellence: la loterie. Certes, la rigueur janséniste travaille les esprits, mais même parmi les amis de Port-Royal-des-Champs, il est aisé de trouver des intellectuels défendant la licéité du prêt à intérêt. La vertu du profit, voilà ce qui est promu. Les églises ont transigé. Les juristes et les économistes ont également eu leur part dans ce travail d’habilitation. L’analyse des causes de la richesse révèle des lois naturelles positives qui bouleversent l’ancien ordre moral…
Date de mise en ligne : 05/04/2022
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