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Chapitre IX. La « révolution » lancastrienne

Pages 125 à 137

Citer ce chapitre


  • Cottret, B.
(2019). Chapitre IX. La « révolution » lancastrienne. Histoire de l'Angleterre (3e éd., p. 125-137). Tallandier. https://shs.cairn.info/histoire-de-l-angleterre--9791021039650-page-125?lang=fr.

  • Cottret, Bernard.
« Chapitre IX. La “révolution” lancastrienne ». Histoire de l'Angleterre, Tallandier, 2019. p.125-137. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/histoire-de-l-angleterre--9791021039650-page-125?lang=fr.

  • COTTRET, Bernard,
2019. Chapitre IX. La « révolution » lancastrienne. In : Histoire de l'Angleterre. Paris : Tallandier. Texto, p.125-137. URL : https://shs.cairn.info/histoire-de-l-angleterre--9791021039650-page-125?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Père d’Orléans, Histoire des révolutions d’Angleterre (1693), La Haye, I. Van der Kloot, 1729, II, p. 64.
  • [2]
    Il faut leur ajouter trois enfants bâtards, nés de ses amours avec A. Perrers : John de Southeray, Joan, et Jane.
  • [3]
    Richard II était né en 1367. Il devait épouser Anne de Bohême en 1382, puis Isabelle de Valois, fille de Charles VI, en 1396.
  • [4]
    La famille de Lancastre remontait au second fils d’Henry III, Edmond de Cornouailles, éphémère roi de Sicile, parti pour la croisade en 1271, avant de se battre vaillamment au pays de Galles et en Gascogne. Son fils Thomas, comte de Lancastre, s’était opposé à Édouard II et à ses favoris De Spencer. Le frère de Thomas, Henry, devenu à son tour comte de Lancastre, avait aidé le jeune Édouard III à se débarrasser d’Isabelle et de Mortimer. Son propre fils, Henry, était devenu duc de Lancastre en 1351, pour services rendus. Las, Henry n’avait pas de fils, et sa fille Blanche avait épousé le fils d’Édouard III, Jean de Gand, qui reprit le nom et le titre de duc de Lancastre en 1362. S. Walker a étudié les phénomènes de clientèle (The Lancastrian Affinity 1361-1399, Oxford, Clarendon Press, 1990).
  • [5]
    Edmund Mortimer (1391-1425), 5e comte de March, n’avait que quelques années à l’époque. Il ne faut pas le confondre avec son oncle Edmund Mortimer (1376-1409), qui combattit Henry IV.
  • [6]
    Dans le Piers Plowman (1377) de William Langland, on trouve une référence elliptique au personnage et à sa légende : « Je ne connais pas bien mes patenôtres, mais je connais la ballade de Robin des Bois et de Randolph, comte de Chester. » Plusieurs ballades sont attestées au siècle suivant, dont A Lytell Gest of Robyn Hode.
  • [7]
    K.A. Biddick, « The Historiographic Unconscious and the Return of Robin Hood », The Salt of Common Life, Kalamazoo, Western Michigan University, 1995, pp. 449-483.
  • [8]
    L’un des plus célèbres demeure la Chronicque de la traison et mort de Richard II roy d’Engleterre, (éd.) B. Williams, Londres, 1846. Voir l’article de J.J.N. Palmer, « The Authorship, Date and Historical Value of the French Chronicles on the Lancastrian Revolution », Bulletin of the John Rylands University Library, 61 (1978-1979), pp. 145-181 et pp. 398-421.
  • [9]
    CRSD II, p. 671.
  • [10]
    CRSD II, p. 675-677.
  • [11]
    CRSD II, p. 701.
  • [12]
    CRSD II, p. 703.
  • [13]
    CRSD II, pp. 715-717
  • [14]
    CRSD II, p. 719.
  • [15]
    M.L. Bruce, The Usurper King, Londres, Rubicon, 1986, p. 227.
  • [16]
    J.L. Kirby, Henry IV of England, Londres, Constable, 1970, p. 70.
  • [17]
    I Sam 9, 17.
  • [18]
    C. Fletcher, « Manhood and Politics in the Reign of Richard II », Past & Present, no 189 (2005), pp. 3-39.
  • [19]
    CRSD II, p. 727.
  • [20]
    Le pape Alexandre III était lui-même arrivé à Sens, après avoir été chassé de Rome en 1162. Il y resta 18 mois, jusqu’en 1165.
  • [21]
    CRSD II, p. 729. L’église de Sainte-Colombe avait été consacrée par Alexandre III le 26 avril 1164. Les religieux de Sainte-Colombe obtinrent également la canonisation de saint Thibaut de Provins. Les liens entre Sens et Cantorbéry sont importants. Outre le séjour de Becket, commémoré par un célèbre vitrail de la cathédrale française montrant plusieurs scènes, dont l’assassinat de l’archevêque, il faut dire un mot également de l’architecte Guillaume de Sens. Ce dernier édifia le chœur de la cathédrale de Cantorbéry, détruit par un incendie, ainsi que le tombeau de Becket, non sans s’inspirer fortement de la cathédrale Saint-Étienne de Sens.
  • [22]
    Sur le trajet accompli par cette huile miraculeuse, voir Lecuppre, pp. 368-369.
  • [23]
    RHD IV, pp. 414-415.
  • [24]
    Chronicque de la traison, op. cit., p. 103.
  • [25]
    B. Wilkinson, Constitutional History of England in the Fifteenth Century, Londres, Longman, 1964, pp. 301-302.
  • [26]
    Genet 2005, pp. 259-260.
  • [27]
    F.C. Bauerschmidt, Julian of Norwich, Notre Dame, Notre Dame University Press, 1999, p. 18.
  • [28]
    Henry Percy, 1er comte de Northumberland (1341-1408), avait été dans un premier temps partisan d’Henry IV. Cet Henry Percy était lui-même le fils d’Henry, 3e baron Percy, et fils de Mary de Lancastre. Edmund Mortimer, 5e comte de March (1376-1409), était un descendant du Roger Mortimer qui avait détrôné Édouard II.
  • [29]
    Edmund Mortimer descendait de Philippa Plantagenêt († 1381), une petite fille d’Édouard III. Il était également le beau-frère du jeune Henry Percy, et le gendre du rebelle gallois, Owen Glendower. Henry Percy, comte de Northumberland, pouvait tracer son ascendance jusqu’à Henry III.
  • [30]
    Henry Percy (1364-1403) était le fils aîné d’Henry Percy, 1er comte du Northumberland. Après avoir servi en France et contre les Écossais, il se rallia, ainsi que son père, à Henry IV contre Richard II, mais se révolta contre le nouveau roi en 1403 et mourut dans les combats.
  • [31]
    L’événement relaté ici se serait produit en février 1399, lorsqu’Henry de Lancastre voulut récupérer les biens des Lancastre confisqués. Originaire du Yorkshire, R. Scrope, fils d’Henry, baron Scrope of Masham, était devenu archevêque d’York en 1398.
  • [32]
    Ps 69, 17 : Exaudi me Domine.
  • [33]
    The Historians of the Church of York, (éd.) J. Raine, Londres, Longman & Eyre, 1879-1894, II, pp. 304-311.
  • [34]
    J. H. Spry, « A Brief Account of the Examination of the Tomb of Henry IV in the Cathedral of Canterbury, August 2l, 1832 », Archeologia, 26 (1836), pp. 440-445.
  • [35]
    Jeanne de Navarre († 1437) était la veuve de Jean V, duc de Bretagne.
  • [36]
    N. Tronche, « Henry de Monmouth (1399-1413), à travers les chroniques anglaises des xve et xvie siècles », maîtrise d’histoire dirigée par F. Bériac, Université Michel de Montaigne-Bordeaux III, 1995.
  • [37]
    7 Henry IV, c. 2 (l’on donne ainsi les lois du royaume : année du règne, nom du monarque et chapitre).
  • [38]
    23 novembre 1407, nuit de la Saint-Clément.
  • [39]
    Le père de Richard de Conisbrough, comte de Cambridge, était Edmund of Langley, duc d’York, un fils d’Édouard III. Il était donc un neveu de Jean de Gand.
  • [40]
    Wilkinson 1969, p. 251.
  • [41]
    « Chronique de Ruisseauville », Azincourt, pp. 91-92.
  • [42]
    Jean Juvénal des Ursins, Histoire de Charles VI, Azincourt, p. 103.
  • [43]
    « Chronique de Ruisseauville », Azincourt, p. 94.
  • [44]
    Id., p. 93.
  • [45]
    C. d’Orléans, En la forêt de longue attente et autres poèmes, Paris, Gallimard, 2001, p. 146.
  • [46]
    Picot I, p. 300.

Pragmatisme ou sagesse ? Les Anglais ont su, dans le cours de leur histoire, considérer le succès comme une marque, providentielle, de légitimité. Depuis Guillaume, l’usurpation avait droit à une certaine indulgence. Encore en 1327, Édouard II avait disparu dans des conditions suspectes. Plusieurs monarques moururent de façon violente. Sans compter une tradition endémique de révolte nobiliaire, qui trouvait dans la croisade ou dans les guerres contre la France un éphémère exutoire. Entre guerre civile et chevauchée continentale, le dernier siècle du Moyen Âge ne devait pas contrevenir à cette réputation frondeuse. La succession d’Édouard III s’avéra conflictuelle. Le roi avait eu quatre fils légitimes de son union avec Philippa de Hainaut : Édouard, le Prince Noir ; Lionel d’Anvers, duc de Clarence ; Jean de Gand, duc de Lancastre ; et enfin Edmond de Langley, duc d’York . L’héritier direct, le Prince Noir, était mort en 1376, un an avant son père. Il avait laissé un fils, Richard, qui à dix ans accéda au trône sous le nom de Richard II . Jean de Gand, duc de Lancastre, exerça la régence, encourant la colère de son neveu. Une tradition de rébellion aristocratique courait chez les Lancastre . Depuis plus d’un siècle, n’avaient-ils pas connu toutes les fortunes et les infortunes d’une branche cadette, trop proche du pouvoir pour ne pas entretenir un profond sentiment de frustration ? Richard II n’en pouvait plus de cette morgue étalée. À la mort de son oncle, il décida unilatéralement de confisquer leurs biens aux Lancastre…


Date de mise en ligne : 25/08/2020

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