Chapitre 3
Le xve siècle, Gênes l’Humiliée
- Par Fabien Lévy
Pages 53 à 78
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- Lévy, F.
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Le xve siècle est, en Italie du Nord et du Centre, celui de la constitution de vastes principautés et d’une grande mutation princière. Milan, Florence, Venise, pour ne citer que les cités les plus éminentes, parviennent à dominer un vaste domaine, en mettant au pas les seigneurs féodaux et les villes rivales. Dès lors, elles sont en mesure de jouer les premiers rôles dans le jeu politique italien, fortes d’un pouvoir territorial et militaire important. Parallèlement, l’organisation républicaine qui prévaut dans nombre de ces cités disparaît, au profit d’une dérive seigneuriale ou d’une oligarchie fermée. Ainsi Milan voit les Visconti puis les Sforza prendre le pouvoir ; à Florence les Médicis supplantent leurs rivaux et instaurent une « seigneurie masquée » ; à Venise, l’oligarchie marchande conforte son pouvoir au sommet de l’État et s’en réserve l’exercice. Cette double mutation permet l’apparition des prémices de l’État centralisé en Italie : l’administration, son personnel, ses outils juridiques s’étoffent, la cour se développe autour du prince, les prélèvements fiscaux augmentent, un appareil militaire bien plus efficace se met en place. Or, dans l’Italie de ces grandes principautés, Gênes fait exception. Non seulement elle ne parvient pas à dominer un vaste domaine, mais elle reste de plus fidèle à ses institutions républicaines, pourtant gangrenées par une instabilité et des conflits récurrents. Elle perd ainsi une grande partie de son influence géopolitique et semble désormais destinée à jouer un second rôle sur la scène italienne…
Date de mise en ligne : 02/04/2026
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