IX. La campagne
- Par Jean Baechler
Pages 201 à 226
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La dimension opérationnelle de la guerre met en œuvre la dimension instrumentale au service de la dimension politique. Elle est donc l’aboutissement de tout le procès, par lequel s’exprime l’agir de la politie envers l’extérieur, du moins quand elle s’engage dans un conflit violent avec d’autres polities, délibérément ou à son corps défendant. L’objectif, dès lors, devient le désarmement de l’ennemi, par la destruction de son instrument militaire et/ou l’abolition de ses initiatives politiques. À partir du moment où le conflit violent a éclaté, la guerre devient guerrière, après avoir été plutôt militaire dans l’élaboration de ses moyens et politique dans son expression politique. Le stade ultime et décisif de la guerre des guerriers repose sur une mutation du virtuel à l’actuel. Le virtuel est l’objectif politique visé par la politie en guerre, alors que l’actuel est le but de guerre, que les forces armées doivent atteindre. L’objectif et le but peuvent être confondus, s’il s’agit, par exemple, de conquérir une province. Par contre, si l’objectif n’est pas matériel – ainsi l’honneur à venger –, il faut lui substituer un but de guerre qui sera le moyen d’atteindre l’objectif politique. Clausewitz y insiste dès l’analyse du concept de la guerre et en tire des conclusions essentielles :
« Si le but de l’acte de guerre est un équivalent de l’objectif politique, cet acte s’amenuisera généralement à mesure que diminue l’objectif ; plus cet objectif sera prédominant, plus il en sera ainsi…
Date de mise en ligne : 31/01/2023
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