Évolution des prises en charge et de la prévention
- Par Vincent Dodin
Pages 107 à 109
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- Dodin, V.
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Oui, la découverte du virus du sida et la prise de conscience de ses effets ravageurs ont profondément modifié notre appréhension du problème en terme de prévention. À l’époque, c’est-à-dire dans les années 1980, l’épidémie de sida semblait se cantonner à des populations marginales, en particulier les héroïnomanes, qui s’échangeaient les seringues contaminées. Dans notre pays, la cible première du sida sur des groupes marginaux tels que les héroïnomanes s’interprétait alors comme un retour de bâton de pratiques déviantes qui ne concernaient pas le commun des mortels. Les politiques de santé ont radicalement changé lorsque la population et les pouvoirs publics se sont rendu compte que le virus quittait les ghettos pour se disséminer dans la population générale. Bien sûr, les pratiques sexuelles, et en particulier la prostitution de nombreux toxicomanes, ont été des vecteurs importants de la dissémination du virus. À l’époque, la dose d’héroïne coûtait cher, environ 5 euros, et la consommation quotidienne d’un héroïnomane pouvait varier de 4 à 12 doses par jour (1 à 3 g). Aussi, pour se fournir en héroïne, le toxicomane n’avait-il le choix qu’entre le vol, et en particulier le vol à la roulotte, la revente de drogue et, bien sûr, la prostitution qui pullulait dans les quartiers ciblés des grandes villes et dont les clients étaient, entre autres, des hommes qui poursuivaient par ailleurs leur activité sexuelle, avec leur partenaire habituel ou d’autres partenaires.
L’épidémie de sida, puis celle de l’hépatite B et C, a donc profondément influencé la perception du problème…
Date de mise en ligne : 16/01/2026
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