Chapitre 4. Exploitations : ce qu’épuisent les flux
- Par Fabien Truong
- et Gérôme Truc
Pages 109 à 146
Citer ce chapitre
- TRUONG, Fabien
- et TRUC, Gérôme,
- Truong, Fabien.
- et al.
- Truong, F.
- et Truc, G.
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- et al.
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- et TRUC, Gérôme,
Notes
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[1]
Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de Paris et sa banlieue (91-92-93-94-95), Nouvelles Éditions Bordessoules, Saint-Jean-d’Angély, 2009, p. 186 ; Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1979, p. 333a.
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[2]
L’essentiel des informations délivrées ici sur l’histoire de Grigny provient d’un livre édité par l’association d’histoire locale, L’Orme du Bout, à partir d’un dépouillement des archives municipales et départementales : Grigny, Éditions Alain Sutton, coll. « Mémoire en images », Saint-Cyr-sur-Loire, 2002.
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[3]
Une formule générique souvent employée pour désigner les quartiers rassemblant les Italiens. Voir Pierre-Louis Buzzi, « Les “Petites Italies” de Lorraine (xixe-premier xxe siècle) », Encyclopédie pour une histoire numérique de l’Europe, Permalien, <https://ehne.fr>.
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[4]
Cette information, comme l’essentiel de celles mobilisées dans ce chapitre, provient de Xavier de Jarcy, Les Abandonnés. Histoire des « cités de banlieue », Albin Michel, Paris, 2019, p. 352-359.
-
[5]
Voir, par exemple, le documentaire-fiction de Pierre Gautherin et Jacques Celhay, Le père Noël est en prison, diffusé par l’ORTF le 25 décembre 1971, <www.ina.fr>.
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[6]
INSEE, Recensement de population 2019.
-
[7]
INSEE-DGFIP-CNAF-CNAV-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (FiLoSoFi), 2020. Tous les chiffres cités ici sont accessibles via le Système d’information géographique de la politique de la Ville (SIG), <https://sig.ville.gouv.fr>.
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[8]
INSEE, Recensement de population 2019.
-
[9]
Voir le premier chapitre (« Une enfant de Grigny ») de Sandrine Bonnaire, Le soleil me trace la route. Conversations avec Tiffy Morgue et Jean-Yves Gaillac, Stock, Paris, 2010, p. 13-50.
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[10]
Nicolas Duvoux, « La peur de l’ethnographe. Réflexions à partir d’une enquête sur la pauvreté urbaine à Boston », Genèses, n° 97, 2014/4, p. 126-139 ; Stéphanie Condon, Marylène Lieber et Florence Maillochon, « Insécurité dans les espaces publics : comprendre les peurs féminines », Revue française de sociologie, vol. 46, n° 2, 2005, p. 265-294.
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[11]
Voir Philippe Bourgois, En quête de respect, op. cit.
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[12]
Miroir de son ambition, cette copropriété devait s’appeler « Paris 2 » et fut rebaptisée « Parly 2 » suite à un recours en justice des élus parisiens. Voir Claude Angeli, « Paris 2 brûle-t-il ? », Le Nouvel Observateur, n° 86, 6 juillet 1966.
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[13]
Comme pour la Grande Borne, les informations sur l’historique de la création de Grigny 2 doivent beaucoup au livre de Xavier de Jarcy, Les Abandonnés, op. cit., p. 352-355 et p. 383-386.
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[14]
Voir, par exemple, Alain Faujas, « Grigny 2 : trop de chantiers, pas assez d’équipements », Le Monde, 3 janvier 1973.
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[15]
INSEE, Recensement de population 2019.
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[16]
Ibid.
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[17]
INSEE-DGFIP-CNAF-CNAV-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (FiLoSoFi), 2020. Voir, là encore, les données rassemblées par le SIG, <https://sig.ville.gouv.fr>.
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[18]
INSEE, Recensement de population 2019.
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[19]
Source : <www.seloger.com>, consulté le 25 août 2024 (quatre appartements d’environ 60 m2 et un appartement d’environ 100 m2 étaient disponibles à la location).
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[20]
Sur les programmes de destruction, voir Renaud Epstein, La Rénovation urbaine. Démolition-reconstruction de l’État, Presses de Sciences Po, Paris, 2013 et Rémi Habouzit, Démolir les copropriétés dégradées. Sociologie d’un programme de rénovation urbaine, PUR, Rennes, 2024.
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[21]
À leur sujet, voir Jeanne Demoulin et Marie-Hélène Bacqué (dir.), « Les conseils citoyens, beaucoup de bruit pour rien ? » (dossier), Participations, n° 24, 2019/2.
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[22]
Rapport sur l’évaluation et l’orientation des politiques publiques mises en œuvre à Grigny (Essonne), février 2016, 243 p., dit aussi « Rapport Aubouin », du nom de l’inspecteur général de l’administration qui l’a rédigé. Ses conclusions, rendues publiques en juillet 2016, sont consultables : <https ://grigny91.fr>.
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[23]
François Héran, Avec l’immigration. Mesurer, débattre, agir, La Découverte, Paris, 2017.
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[24]
Rapport Aubouin, op. cit., p. 81.
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[25]
Ibid.
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[26]
INSEE, Recensement de population 2021.
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[27]
Rapport Aubouin, op. cit., p. 81.
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[28]
INSEE, Recensement de population 2021. Ce mouvement combiné de départs, par mobilité sociale ascendante, et d’arrivées, via l’accueil d’une immigration récente, notamment en provenance du continent africain, est un phénomène bien mesuré à l’échelle nationale dans les quartiers dits « sensibles ». Voir Jean-Louis Pan Ké Shon, « Ségrégation ethnique et ségrégation sociale en quartiers sensibles. L’apport des mobilités résidentielles », Revue française de sociologie, vol. 50, n° 3, 2009, p. 451-487. Voir aussi Philippe Estèbe, « Seine-Saint-Denis : le sas et la nasse », Tous urbains, vol. 22, n° 2, 2018, p. 34-43.
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[29]
D’après le rapport Aubouin, 77 % des locataires de la Grande Borne sont originaires de la commune, et 22 % viennent de Grigny 2.
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[30]
INSEE, Recensement de population 2021.
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[31]
INSEE, Recensement de population 2019.
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[32]
Jean-Claude Chamboredon et Madeleine Lemaire, « Proximité spatiale et distance sociale. Les grands ensembles et leur peuplement », Revue française de sociologie, n° 11, 1970, p. 3-33. Sur le contexte et les conditions de réalisation de cette enquête, devenue un classique de la sociologie urbaine, voir Paul Pasquali, « Deux sociologues en banlieue : l’enquête sur les grands ensembles de Jean-Claude Chamboredon et Madeleine Lemaire (1966-1970) », Genèses, n° 87, 2012, p. 113-135.
- [33]
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[34]
INSEE, Recensement de population 2015 et 2021.
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[35]
INSEE, Recensement de population 2021.
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[36]
Rapport Aubouin, op. cit., p. 153-154.
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[37]
INSEE, Recensement de population 2021.
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[38]
William Julius Wilson, When Work disappears. The world of the new urban poor, Alfred A. Knopf, New York, 1996. Malgré nombre de similitudes apparentes, l’« isolation sociale » et les « effets de concentrations » liés à la forte proximité physique entre personnes pauvres que pointe William Julius Wilson ne résultent pas des mêmes dynamiques en France et aux États-Unis. Une forte étanchéité sociale, ethno-raciale et spatiale structure les inner cities états-uniennes, alors que l’exploitation d’une main-d’œuvre surnuméraire – en lien direct avec les grands centres-villes – et un renouvellement démographique constant caractérisent les banlieues françaises. L’importance du rôle joué par la puissance publique en France est centrale dans l’explication de ces différences.
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[39]
INSEE, Système d’information sur la démographie d’entreprises (SIDE) en géographie au 1er janvier 2024.
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[40]
Emmanuel Bellanger et Julian Mischi (dir.), Les Territoires du communisme. Élus locaux, politiques publiques et sociabilités militantes, Armand Colin, Paris, 2013.
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[41]
Voir Christian Ben Lakhdar, « L’économie du deal. Comprendre pour agir », Les Cahiers dynamiques, n° 56, 2012, p. 50-57 ; Nacer Lalam, « L’argent de la drogue en France », Après-demain, n° 44, 2017, p. 46-48 ; Assen Slim, « PIB, économie de la drogue et territoires. L’intégration de l’économie de la drogue dans le calcul du PIB et ses conséquences », EchoGéo, 20 novembre 2018, <https://doi.org/10.4000/echogeo.16085>.
Les nouvelles attaques terroristes du 13 novembre 2015, au soir de notre première venue à Grigny, conduisent la France à être placée en état d’urgence. Dix ans presque jour pour jour après l’avoir été suite aux violences urbaines déclenchées par la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois. Ce que révèle pourtant la crise ouverte à Grigny en janvier 2015 par le « moment Coulibaly », c’est que la vie des habitantes et habitants des quartiers populaires ressemble déjà à un état d’urgence permanent, où l’on doit sans cesse se débrouiller pour parer aux difficultés du quotidien et tenir face aux manifestations d’une violence structurelle minant toute possibilité d’organisation et de mobilisation sur le long terme.
Cette violence structurelle suit plusieurs logiques. La première est une logique d’épuisement dérivant du travail constant des flux de personnes et de biens qui façonnent une ville comme Grigny et la relient à l’extérieur – bien loin du ghetto replié sur lui-même et fermé aux autres que certains dépeignent. Cela commence avec l’exploitation des terres agricoles et l’extraction des pierres meulières au xixe siècle ; se poursuit aujourd’hui avec les flux de drogues qui innervent les centres urbains ou ceux des « travailleuses et travailleurs essentiels » que sont, par exemple, les chauffeurs-livreurs, les femmes de ménage ou les éboueurs. Cela passe aussi par la construction de deux ensembles d’habitats collectifs imposés à la commune au tournant des années 1960-1970, l’un pour accueillir les « indésirables » des bidonvilles parisiens, l’autre dans l’espoir d’attirer une nouvell…
Date de mise en ligne : 23/01/2025
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