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Chapitre 15. Cartographies et contre-cartographies des frontières

Pages 128 à 138

Citer ce chapitre


  • Mekdjian, S.
(2020). Chapitre 15. Cartographies et contre-cartographies des frontières. Dans
  • A. Amilhat Szary
  • et G. Hamez
Frontières : Capes-Agrégation Histoire-Géographie (p. 128-138). Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.amilh.2020.01.0128.

  • Mekdjian, Sarah.
« Chapitre 15. Cartographies et contre-cartographies des frontières ». Frontières Capes-Agrégation Histoire-Géographie, Armand Colin, 2020. p.128-138. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/frontieres--9782200629779-page-128?lang=fr.

  • MEKDJIAN, Sarah,
2020. Chapitre 15. Cartographies et contre-cartographies des frontières. In :
  • AMILHAT SZARY, Anne-Laure
  • et HAMEZ, Grégory,
Frontières Capes-Agrégation Histoire-Géographie. Paris : Armand Colin. Horizon, p.128-138. DOI : 10.3917/arco.amilh.2020.01.0128. URL : https://shs.cairn.info/frontieres--9782200629779-page-128?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arco.amilh.2020.01.0128


« Ladite ligne remontera au Nord le long du chenal appelé Portland Channel jusqu’à la pointe du continent où il atteint le 56e degré de latitude nord » : cet extrait d’un traité signé en 1825 par la Russie et l’Angleterre, au sujet d’une délimitation coloniale en Alaska, dessine une ligne-frontière. Cette délimitation cartographique fut l’objet, pendant tout le xixe siècle, de conflits entre les puissances coloniales qui se succédèrent : Russie/Angleterre, puis États-Unis/Canada, sous protection britannique, après le rachat de l’Alaska par les États-Unis en 1867. En 1903, un nouveau traité fixa, par arbitrage, la ligne actuelle, sur fond de ruée vers l’or et d’extractivisme des ressources. Kʼalii Xkʼalaan en langue Nisga, le Canal de Portland, met en évidence les enjeux de la cartographie frontalière moderne : non pas délimiter des espaces existants, mais détruire, créer et différencier des espaces, par le dessin, la toponymie, pour une appropriation juridique, économique, militaire au profit de puissances nationales et coloniales.
Si la cartographie est classiquement définie comme un outil de représentation de l’espace, cet exemple de tracé frontalier montre combien la cartographie ne représente pas ce qui existe déjà, mais crée et institue des espaces, définit des populations qui ne lui préexistaient pas, tout en essayant d’effacer, de naturaliser, l’acte même de création. La notion de représentation renvoie également à une relation politique, où représenter signifie agir pour, au nom d…


Date de mise en ligne : 01/08/2022

https://doi.org/10.3917/arco.amilh.2020.01.0128

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