2. Freud et la psychanalyse : rappels historiques
Pages 39 à 111
Citer ce chapitre
- JEANCLAUDE, Christian,
- Jeanclaude, Christian.
- Jeanclaude, C.
Citer ce chapitre
- Jeanclaude, C.
- Jeanclaude, Christian.
- JEANCLAUDE, Christian,
Notes
-
[1]
Voir annexe 3 (Un gouffre sépare irréductiblement le comportementalisme de la psychanalyse dès leur naissance).
-
[2]
Voir en bibliographie les livres de Mettens et de Pommier qui s’attellent à un « œcuménisme » entre les deux tendances, soit psychanalyse et cognitivisme/neurosciences.
-
[3]
S’agit-il encore d’un être humain ? Je penserais plutôt à un robot façonné selon une idéologie dominante (magnifiquement décrit dans le roman 1984 de George Orwell [1903-1950]).
-
[4]
En opposition totale avec la communauté scientifique qui nous promet des lendemains terrifiants avec le réchauffement climatique si nous continuons à nous obstiner dans la voie économique actuelle.
-
[5]
Parmi de nombreux ouvrages, je voudrais citer ici un échantillonnage qui explore ce lien pervers dans notre société, soit L’ infamille ou la perversion du lien de Philippe van Meerbeeck (Bruxelles-Paris, De Boeck, coll. « Oxalis », 2003), La pédofolie. De l’infantilisme des grandes personnes d’Alex Raffy (Bruxelles-Paris, De Boeck, coll. « Oxalis », 2004), Corps en miettes de Sylviane Agacinski (Paris, Flammarion, 2009), L’ horreur économique de Viviane Forrester (Paris, Fayard, 1996), La prospérité du vice. Une introduction (inquiète) à l’économie de Daniel Cohen (Paris, Albin Michel, 2009).
-
[6]
Freud (S.) (1925, 1935), Sigmund Freud présenté par lui-même (Selbstdarstellung), trad. nouvelle, Paris, nrf/Gallimard, coll. « Connaissance de l’inconscient », 1987, pp. 52-53.
-
[7]
Notons que l’hystérie n’était, à cette époque, attribuée qu’aux femmes. Ce préjugé s’inscrivait probablement dans l’histoire de cette pathologie. Pour le Grec Galien (vers 131-vers 201), l’hystérie serait la conséquence d’une migration de l’utérus dans les espaces corporels. Jusqu’à la seconde moitié du xixe siècle, les progrès ne sont pas considérables, et nombreux sont les médecins qui attribuent cette névrose à un dysfonctionnement de l’utérus. Ensuite, il s’agira d’une maladie convulsive d’origine cérébrale (organicisme) classée aux côtés de l’épilepsie, l’asthme, la coqueluche, etc. (E.J. Georget, 1795-1828) ; on s’aperçoit qu’elle n’est toujours pas considérée comme une maladie mentale. C’est essentiellement Charcot, comme nous l’avons vu, et l’Allemand P. Moebius (1853-1907. À propos du concept d’hystérie…, en 1888) qui permettront enfin de commencer à envisager l’hystérie parmi les troubles mentaux. Terminons cet aparté sur les relations historiques entre l’hystérie et la féminité en rappelant que l’étymologie d’hystérie est « utérus » (d’après le dictionnaire Le Robert, hystérie [1731] provient d’hystérique [1568] construit à partir du latin hystericus et du grec husterikos, de hustera, c’est-à-dire « utérus »).
-
[8]
L’ essentiel de ces documents est confisqué par la bibliothèque du Congrès américain sous forme d’archives inaccessibles.
-
[9]
Freud (S.), Sigmund Freud présenté par lui-même (Selbstdarstellung), op. cit., p. 27.
-
[10]
Ibid., pp. 52-53.
-
[11]
Pour l’exposé in extenso de la théorie freudienne de l’angoisse, je renvoie le lecteur à mon livre Freud et la question de l’angoisse, 3e édition, Bruxelles-Paris, De Boeck, coll. « Oxalis », 2008, pp. 53-75.
-
[12]
« Les névropsychoses-de-défense » (1894) ; « Obsessions et phobies » (écrit en français par Freud, 1895) ; « L’ hérédité et l’étiologie des névroses » (écrit en français par Freud, 1896) ; « Nouvelles remarques sur les névropsychoses-de-défense » (1896) ; « Sur l’étiologie de l’hystérie » (1896). On trouve les nouvelles traductions de ces articles dans OCF.P, III, Paris, PUF, 1989. Les anciennes traductions (1973) sont dans Névrose, psychose et perversion (Paris, PUF).
-
[13]
Il s’agit de la terminologie de Freud. En fait, sa description ressemble plutôt à un délire paranoïaque particulier (délire érotomaniaque) accompagné d’hallucinations.
-
[14]
À partir du Dictionnaire de la psychanalyse d’Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, Paris, Fayard, 1997.
-
[15]
Freud (S.), Sigmund Freud présenté par lui-même (Selbstdarstellung), op. cit., pp. 52-53.
-
[16]
Freud, dans son article « Sur la préhistoire de la technique analytique » (1920), reconnaît avoir été influencé par l’écrivain Ludwig Börne (1786-1837), en particulier pour ce qui concerne la technique des associations libres (in OCF.P, XV, Paris, PUF, 1996, pp. 267-268).
-
[17]
Depuis Freud, et la question reste actuelle dans la pratique de la psychanalyse, le psychanalyste n’est normalement pas concerné par le choix du réinvestissement des énergies libérées par la suppression des symptômes et le réaménagement pulsionnel. Ceci dit, au-delà de la neutralité et de l’abstinence de l’analyste, cette question soulève tout le problème de l’activité du praticien dans la cure. Débat qui fut au centre des discussions Freud/Ferenczi, pour finalement les séparer.
-
[18]
Lettre à Wilhelm Fliess, n° 152 du 11 mars 1902, in La naissance de la psychanalyse (1956), Paris, PUF, 1986.
-
[19]
Notons qu’il avait déjà été distingué en 1930 en recevant le prix Goethe de la ville de Francfort, mais il s’agissait d’une distinction récompensant ses qualités littéraires et non pas scientifiques.
-
[20]
Freud émet l’hypothèse qu’aux premiers temps de l’humanité, la société était formée d’une horde dont le chef, mâle brutal, possédait toutes les femelles et régnait en despote absolu sur ses fils. Ceux-ci se révoltèrent et le tuèrent pour le dévorer : ce fut le meurtre du Père ; la culpabilité résultante et la peur des représailles du mort (angoisse de castration) entraîneront l’entente des fils et les premiers renoncements pulsionnels au meurtre paternel et à la possession de la mère ou de la sœur. Ces événements constitueraient le fondement historique de certaines structures inconscientes appartenant au fonds commun de l’humanité, soit l’image totémique (figure idéalisée du père tué dans un but de réparation), le tabou de l’inceste et la Loi résultante qui permettra la vie sociale commune. Derrière toute religion monothéiste, et en particulier celle sur laquelle repose toute la culture judéo-chrétienne, à savoir la religion juive, se profile le meurtre du Père primordial, la culpabilité qui en résulte, l’idéalisation de l’image du mort en Dieu, l’attente du messie comme représentant de Dieu, qui comme par un juste retour des choses ne peut être que son fils. Thèse réinterprétée dans Moïse et le monothéisme, livre dans lequel Freud considère que le judaïsme est de racine égyptienne, mis en place par Moïse, haut dignitaire égyptien, qui imposa la circoncision (rite égyptien) comme rite initiatique et signe de reconnaissance entre les membres de la nouvelle religion juive crée. Cette imposition de la Loi ne fut pas supportée par le peuple sémite élu par Moïse. Celui-ci fut alors tué par son peuple qui en conçut une terrible culpabilité. L’ originalité de l’interprétation freudienne du monothéisme, outre d’avoir envisagé Moïse comme dignitaire égyptien, et d’ancrer ainsi le judaïsme dans la tradition égyptienne, réside surtout dans l’affirmation que les juifs refusent de reconnaître le meurtre du père, et donc refusent d’accepter la culpabilité qui devrait conduire à la réparation. Le christianisme aurait alors ceci de différent : que dans le meurtre du Christ reconnu, la culpabilité serait acceptée, et la réparation devenant alors moteur de cohésion symbolique autour de la Loi, donc générateur de civilisation. La plupart des auteurs reconnaissent aujourd’hui, dans ces thèses freudiennes, la propre histoire de Freud en tant que père de la psychanalyse. Dans cette veine, selon Freud, les seuls mouvements de l’histoire en tant que véritables mutations, nécessiteraient des brisures qui seraient toujours dues à des hommes, qui en tant que pères fondateurs d’une nouvelle conception, donc en modifiant la Loi symbolique (prophètes, inventeurs, grands scientifiques, etc.) ne pourraient être, qu’à l’instar de Moïse, être mis à l’écart (mise à mort symbolique). Mis à l’écart d’eux-mêmes (sujet divisé), de leur temps, géographiquement, voire réellement tués, etc. Pour Freud, aucun progrès civilisateur ne peut ainsi se faire sans l’établissement d’une Loi, édictée obligatoirement par un père, bien sûr totalement visionnaire, un père inévitablement mis en exil, comme si la Loi nouvelle édictée ne pouvait se faire et être acceptée que dans cet acte meurtrier du père, éternel recommencement du mythe de la horde primordiale. Toute cette conception se trouve obligatoirement en rapport avec toute cure analytique (quelle fonction occupe le psychanalyste ? comment une cure peut-elle se terminer sans une chute de l’analyste dans sa fonction de sujet-supposé-savoir ?), et amène à se questionner sur la psychanalyse en tant que construction en pleine continuation du monothéisme judéo-chrétien.
-
[21]
Il y avait le pasteur Oskar Pfister (1873-1946), mais on peut supposer qu’étant homme d’Église et non pas psychiatre, Freud ne pouvait pas s’appuyer sur lui comme un éventuel fils spirituel. Par ailleurs, Pfister n’avait probablement non plus aucune velléité de pouvoir ce que Jung ne pouvait pas prétendre.
-
[22]
In Histoire de la psychanalyse, sous la direction de Roland Jaccard, tome 2, Paris, Hachette, coll. « Livre de Poche. Biblio/essais », 1982, p. 151.
-
[23]
M.H. Goering prendra de plus en plus d’importance au sein du mouvement de la psychothérapie allemande (dont Mein Kampf deviendra la référence théorique), puis noyautera la psychanalyse allemande en éliminant les juifs et en intégrant les psychanalystes aryens (ceux qui se prêtèrent à ce jeu, car beaucoup partirent) au sein de son Goering-Institut. Il ira jusqu’à confisquer l’Institut de Formation et de Thérapeutique de Berlin cher à Abraham, instrument de formation et de traitement de la Société berlinoise de psychanalyse. Cet épisode est évidemment regrettable, voire insupportable dans le cadre d’une discipline qui est censée connaître l’inconscient humain (et devrait de ce fait échapper aux vices qui en sont l’émanation dont bien sûr le racisme) et posséder une éthique de respect des hommes. Ceci dit, la psychanalyse, Freud le premier, a suffisamment fait dans l’hagiographie et la relecture à son avantage de son histoire. Cet épisode sous le régime nazi a l’avantage de nous ramener à la réalité. Bien que désolant, il n’est qu’un des épisodes malheureux qui a émaillé l’implantation de la psychanalyse. Ces événements nous enseignent que les psychanalystes ne sont que des hommes comme n’importe quels autres hommes et que leur connaissance de l’inconscient les laisse souvent tout aussi ignorant de leur propre inconscient.
-
[24]
In Dictionnaire de la psychanalyse, par Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, op. cit., p. 560.
-
[25]
Voir Karl Abraham (1926), in OCF.P, XVIII, Paris, PUF, 1994, p. 103.
-
[26]
Voir l’« Introduction » de Claude Lorin dans Les écrits de Budapest par Sándor Ferenczi, préface de Wladimir Granoff, trad. de Györgyi Kurcz et Claude Lorin, Paris, E.P.E.L., 1994, p. 22.
-
[27]
Granoff, qui fit connaître Ferenczi en France (1958) et s’en inspira dans ses propres travaux, met en évidence avec précision et concision les croisements entre les difficultés personnelles de Ferenczi et sa pratique, et les conséquences des oscillations continuelles de Ferenczi dans ses conceptions techniques de la psychanalyse dans ses rapports à Freud. Granoff écrit : Pour Ferenczi, Der Artz, le médecin, comme pour Freud, pouvait-il ne pas soulager la souffrance, car contrairement à Freud, il l’avait lui et dans son enfance connue. Le contraste entre l’enfance du fils premier et préféré d’une mère aimante et celle d’un enfant perdu dans le tohu-bohu d’une librairie gérée notamment par une mère sans égard ni tendresse pour l’enfant, est trop connu pour que l’on y revienne ici. Et encore du même auteur : Toute l’actualité de Ferenczi a cet axe pour pivot. Guérir ou renonçant à guérir, chercher quelque autre façon de maintenir sa pratique. « Apprendre et gagner un peu d’argent », vieille formulation d’un Freud résigné dans une cure sans espoir, n’est pour de multiples raisons plus une position tenable, in « Préface » de Wladimir Granoff, dans Les écrits de Budapest par Sándor Ferenczi, op. cit., pp. 12-13.
-
[28]
Dans l’hommage extrêmement élogieux rendu par Freud à Ferenczi à la suite de la mort de ce dernier, le viennois écrit : Après cette production hors pair, il arriva que lentement notre ami échappa. (…) On apprit qu’un unique problème avait monopolisé son intérêt. Le besoin de guérir et d’aider était devenu chez lui surpuissant. Sans doute s’était-il assigné des buts qu’on ne peut aujourd’hui absolument pas atteindre par nos moyens thérapeutiques. De sources affectives jamais taries jaillissait sa conviction que l’on pourrait obtenir bien plus avec les malades si on leur dispensait suffisamment de cet amour dont, enfants, ils avaient eu la désirance. Comment cela était réalisable dans le cadre de la situation psychanalytique, c’est ce qu’il voulait arriver à trouver, et tant qu’il n’avait pas connu le succès sur ce point, il se tenait à l’écart, d’autant qu’il n’était plus sûr d’être en accord avec ses amis, in OCF.P, XIX, Paris, PUF, 1995, p. 313.
-
[29]
Michael Balint (1896-1970), par exemple, en Angleterre, fut dans la lignée de Ferenczi (qui fut son dernier analyste après Hanns Sachs et Max Eitingon), et ce psychanalyste très productif dans ses recherches techniques et théoriques, était connu pour son humanité, son anti-dogmatisme et son indépendance d’esprit.
-
[30]
In Dictionnaire de la psychanalyse, par Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, op. cit., pp. 565-567.
-
[31]
In Histoire de la psychanalyse en France, vol. 1, Elisabeth Roudinesco, Paris, Seuil, 1982, p. 374 ; in Dictionnaire de la psychanalyse, par Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, op.cit.
-
[32]
Wladimir Granoff (1924-2000), Serge Leclaire (1924-1994) et François Perrier (1922-1990) seront les fervents artisans de toutes les négociations avec l’IPA.
-
[33]
Le qualificatif d’orthodoxie freudienne sied bien mieux aux positions de l’IPA influencées par Anna Freud qu’à la pratique et aux positions de Freud lui-même qui était bien plus ouvert que la société qu’il fonda.
-
[34]
Les lecteurs intéressés par cet épisode peuvent lire avec profit l’excellent article de Franck Rexand intitulé « Stekel ou la question de la forme de la cure (1906-1908) » dans la revue Topique, n° 76 (2001-3), 59-72.
-
[35]
Lettre à Freud du 11 novembre 1909, in S. Freud. C.-G. Jung. Correspondance, vol. 1. Paris, Gallimard, 1975, p. 341.
-
[36]
Lettre à Abraham du 21 novembre 1912, in S. Freud. K. Abraham, Correspondance. Paris, Gallimard, 1969, p. 131.
-
[37]
Freud (S.), Sigmund Freud présenté par lui-même (Selbstdarstellung), op. cit., p. 89.
-
[38]
Et parfois les conséquences étaient tragiques : par exemple, Viktor Tausk (1879-1919), psychanalyste à Vienne et théoricien brillant au caractère orageux et dépressif, se suicide le 3 juillet 1919 par pendaison et par balle en laissant une lettre à sa fiancée et une autre au fondateur de la psychanalyse ! Il avait eu, avant la Grande Guerre, une liaison avec Lou Andréas Salomé, la grande amie de Freud, et apparaissait pour certains membres du cercle viennois comme un rival du maître. Toujours est-il que lorsque Tausk, après la guerre, déprimé, demande à Freud de le prendre en analyse, celui-ci refuse et l’envoie chez Hélène Deutsch (1884-1982), elle-même sur le divan de Freud, d’où, comme l’écrit Peter Gay, … une situation triangulaire complexe, qui se révéla désastreuse : Tausk parlait de Freud à Deutsch, et Deutsch parlait à Freud de Tausk (Gay [P.], 1988, Freud. Une vie, Paris, Hachette, 1991, p. 448). Pourtant Freud avait été généreux avec Tausk, lorsqu’il l’avait connu en 1908, en l’aidant à financer ses études de médecine. D’où provenait ce revirement de situation ? Tausk avait-il été trop indépendant ? Trop brillant ? En tout cas, il ne faisait pas partie de ceux qui déformaient la psychanalyse, et aucune raison objective, de ce point de vue, ne justifiait sa mise à l’écart. En apprenant la mort de Tausk, Freud sera toujours aussi cassant et en relatant à Abraham les circonstances et les causes possibles de son suicide – qu’il attribue aux horreurs de la guerre que Tausk avait vécues et à son passé infantile difficile –, il conclut sur ces mots : Malgré ses dons très réels, il ne nous était d’aucune utilité (Gay [P.], Freud. Une vie, op. cit., p. 449.)
Avant l’essor de la psychologie et de la psychanalyse à la fin du xixe siècle, deux disciplines étudient le psychisme : la philosophie et la médecine. Il arrive que ces deux disciplines se mélangent quand, par exemple, Philippe Pinel (1745-1826), qui institua, en France, l’étude des maladies mentales comme discipline indépendante (le terme de psychiatrie n’existait pas encore), écrit son Traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale ou la manie (1801).
L’ histoire de l’appréhension du psychisme humain par ces disciplines est complexe et nous n’en verrons ici qu’un aperçu extrêmement réducteur, notre présent n’étant aucunement de synthétiser toutes les connaissances à ce sujet.
Les philosophes ne possédaient comme outil de réflexion que la méthode de l’introspection. Les théories qui en découlaient, malgré leur rigueur, en se basant obligatoirement sur l’intuition, étaient forcément spéculatives. De plus, les références étaient souvent puisées dans des domaines fort éloignés de l’esprit scientifique : essentiellement la morale et la théologie. C’est pourquoi, même si le travail fourni par les philosophes fut le substrat sur lequel la psychologie prit naissance, et même si leurs découvertes étaient souvent justes, la subjectivité inhérente à ce type de démarche diminuait la crédibilité des théories produites dans le but d’une compréhension objective du fonctionnement psychique de l’homme.
Citons, dans un raccourci extrême, quelques exemples illustrant des intuitions psychanalytiques de philosophes…
Date de mise en ligne : 24/11/2014
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter ce chapitre
6,00 €