2. Gouverner l’Allemagne : un roi comme les autres (1212-1220-1232)
Pages 45 à 68
Citer ce chapitre
- GOUGUENHEIM, Sylvain,
- Gouguenheim, Sylvain.
- Gouguenheim, S.
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Notes
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[1]
« Statutum in favorem principum » (mai 1232, MGH, Const., II, n° 171, p. 211-213).
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[2]
On ne dispose pas de synthèse à ce sujet hormis celles, brèves, de W. Goez, 1976 ou d’E. Boshof, 1993. Existent par ailleurs de nombreuses études sectorielles, dont, parmi les plus récentes : E. Boshof, 1986 ; K. Borchardt, 1998 ; K. Görich, 2008.
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[3]
E. Kantorowicz, 2000, p. 74-75.
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[4]
Ibid.
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[5]
Frédéric II séjourna à Haguenau notamment à l’automne et à l’hiver 1215-1216, à l’hiver et au printemps 1218, 1219 et 1220 ainsi que de fin août à début octobre 1219.
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[6]
A l’automne 1217, Otton IV tenta encore de dévaster les terres de l’archevêque de Magdebourg après avoir conclu une alliance avec le margrave de Brandenbourg Albert II et le duc de Saxe Albert Ier. Il échoua, se réfugia dans ses terres et mourut en mai 1218 au château du Harzburg.
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[7]
Bourchard d’Ursperg, p. 92.
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[8]
W. Koch, XIV-2, n° 171 et 173 (26 septembre 1212).
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[9]
Ibid., n° 175 (5 octobre 1212).
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[10]
« Ich hân mîn lêhen, al die werlt, ich hân mîn lêhen. / Nû enfürhte ich niht den hornunc an die zêhen, / und wil alle boese hêrren dester minre flêhen » (Walther von der Vogelweide. Leich, Lieder, Sangsprüche, K. Lachmann (éd.), Berlin/Boston 2013, 28, 31).
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[11]
Il dut parfois s’occuper de détails insignifiants : le 19 avril 1220 il autorise le prévôt du chapitre canonial d’Aix-la-Chapelle à percevoir un quart des revenus des oblations afin de réparer les fenêtres, restaurer les livres et maintenir en l’état les ateliers de l’église ! (W. Koch, XIV-3, n° 613).
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[12]
W. Koch, XIV-3, n° 636 (mai 1220).
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[13]
Ibid., n° 462, (octobre 1218).
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[14]
Ibid., n° 442.
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[15]
Ibid., n° 619.
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[16]
W. Stürner, 2009, I, p. 158.
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[17]
Les lieux d’émission des actes renseignent sur les itinéraires du souverain et sur ses résidences de prédilection : Haguenau arrive en tête avec 90 diplômes émis, suivie de Nuremberg (41 actes), Augsbourg et Spire (38), Francfort (35), etc. Le lieu le plus au nord est Altenbourg (9 mentions), cf. C. R. Brühl, 1994.
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[18]
W. Stürner, 2009, I, p. 198.
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[19]
LA, III, 4, 1.
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[20]
Niese, Verwaltung, p. 87-113.
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[21]
P. Monnet, 1994, 2004.
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[22]
W. Koch, XIV-3, n° 638, p. 418-420 (2 juin 1220).
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[23]
Ibid., n° 474 et n° 556.
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[24]
Ibid., n° 559, p. 269-271 (14 septembre 1219).
-
[25]
Ibid., n° 528, p. 203-208 (13 juillet 1219).
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[26]
Ce soutien apporté aux évêques contre leurs bourgeois se retrouve dans le royaume de Sicile : ainsi en décembre 1218 Frédéric II rejette une demande des habitants de Chieti qui voulaient voir confirmer un prétendu privilège de l’évêque en leur faveur (ibid., n° 473).
-
[27]
Ibid., n° 452, p. 56-59 (septembre 1218).
-
[28]
Sa politique économique en faveur des cités du royaume lui a procuré des ressources supérieures à celles de tous ses prédécesseurs et dont la liste est donnée dans la Reichssteuerliste de 1241.
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[29]
W. Koch, XIV-3, n° 646, p. 430-432 (1220).
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[30]
W. Koch, XIV-2, n° 251, p. 165-166 (22 novembre 1214).
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[31]
Ibid., n° 196 (mars 1213). Ces biens permettaient de contrôler la route des Alpes et revêtaient une importance stratégique. Hirsau : W. Koch, XIV-2, n° 310 (8 juillet 1215).
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[32]
W. Koch, XIV-3, n° 437, p. 19-21.
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[33]
Ibid., n° 574, novembre 1219.
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[34]
W. Koch, XIV-2, n° 319, p. 297-298 ; n° 539, p. 225-226 (11 août 1219).
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[35]
W. Koch, XIV-3, n° 440, p. 33-35 (1er juin 1218).
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[36]
Ibid., n° 645.
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[37]
Gesta Senoniensis Ecclesiae, IV, 2, MGH, SS, XXV, p. 301.
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[38]
W. Stürner, 2009, II, p. 117.
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[39]
Rahewin, Gesta Friderici, III, 11, MGH, SSrG. in us. schol., 46, p. 179.
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[40]
W. Koch, XIV-3, n° 583, p. 315-316 (novembre 1219).
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[41]
Une étude précise des listes des témoins des actes permet d’en apprendre beaucoup sur les influences respectives des princes laïcs et ecclésiastiques, voire de telle ou telle personnalité.
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[42]
W. Koch, XIV-2, n° 340, p. 336-338. Ce n’était pas à vrai dire inédit : Otton IV, en juin 1209, avait dû revenir sur l’aliénation de l’abbaye royale de Nivelles en faveur du duc de Lorraine (RI, V, 1, 1, n° 284).
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[43]
Voir le récit de Conrad de Spire adressé à Honorius III, in MGH, Ep. saec., XIII, I, n° 127, p. 92-94.
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[44]
W. Koch, XIV-3, n° 620.
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[45]
Ce qui était un progrès par rapport à 1212 où il avait renoncé même à cette possibilité !
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[46]
La mesure avait déjà été prise, de manière ponctuelle : en 1206 Philippe de Souabe interrompit la construction d’un château près de Kreuznach qui empiétait sur les terres de l’évêque de Spire. En 1215 Frédéric II rappelait aux bourgeois de Verdun qu’ils ne pouvaient fortifier leur ville qu’avec un mandat royal et l’accord de leur évêque.
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[47]
Il n’était pas le premier à s’imposer une limite de ce genre : en 1208, Otton IV avait renoncé à la perception des regalia lors des diètes tenues à Magdebourg, au profit de l’archevêque auquel les revenus avaient été versés. Frédéric II renouvela la mesure en faveur du prélat le 11 mai 1216 (W. Koch, XIV-2, n° 358) ; il ne perdait pas grand-chose car il était rare que les souverains germaniques aillent jusqu’à Magdebourg pour tenir des diètes.
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[48]
On use alors d’un vocabulaire très violent, cf. E. Klingelhöffer, 1955, p. 33.
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[49]
M. Parisse, 1994, p. 82-83. Frédéric II lui-même, comme tous les princes laïcs, exerçait une foule d’avoueries, par l’intermédiaire de ministériaux, ce qui aggravait les risques d’abus.
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[50]
E. Kantorowicz, 2000, p. 99.
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[51]
G. Blondel, 1892, p. 209.
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[52]
W. Stürner, 2009, I, p. 238.
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[53]
En particulier l’archevêque de Cologne à Bonn en 1244, à Godesberg en 1246-1249.
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[54]
Il n’y a rien sur ce document en français, à l’exception de l’étude de G. Blondel, 1892, qui contient beaucoup d’éléments, même si certaines thèses peuvent paraître dépassées.
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[55]
E. Kantorowicz, 2000, p. 360-362. Dans le même sens K. Hampe (Das Hochmittelalter, 1932, p. 409) qui vit dans ces textes « un large pas sur le chemin du fédéralisme ».
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[56]
E. Klingelhöffer, 1955. Voir avant lui H. Mitteis, Der Staat des hohen Mittelalters, Weimar, 1940 ; P. Kirn (1941) écrivait déjà : « Frédéric II n’a pas offert les droits de la couronne aux princes ». E. Sestan (1950) portait le même jugement. Soixante-dix ans plus part, le livre d’E. Klinglehöffer reste indispensable par sa précision. Il s’est notamment efforcé de repérer les textes antérieurs où se retrouvaient des dispositions prises en 1232. Dans la même ligne : W. Goez, 1976 ; A. Buschmann, Handwörterbuch zur deutschen Rechtsgeschichte (vol. IV, 1990, col. 1926-1931), selon lequel Frédéric II aurait poursuivi le même objectif qu’en Sicile, c’est-à-dire une « constitutionnalisation » du royaume.
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[57]
W. Stürner, 2009, II, p. 280-281.
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[58]
C’est dans ce diplôme qu’apparaît pour la première fois l’expression de dominus terrae.
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[59]
A l’origine, seul le roi délivrait des sauf-conduits, mais l’étendue du royaume l’avait obligé à déléguer ce droit.
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[60]
MGH, Const., II, n° 61 (22 juillet 1218).
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[61]
Entre 1220 et 1235 ils procédèrent à vingt et une fondations en Souabe et onze en Alsace, cf. P. Kirn, 1941, p. 206 ; voir aussi K. Weller, 1930.
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[62]
Rodolphe de Habsbourg reprit l’acte de 1220 en 1275 puis, en 1346, Baldwin, le puissant archevêque de Trèves, demanda à Charles IV la confirmation de neuf dispositions contenues dans les textes de 1220-1232.
Sans être totalement délaissée, l’étude du pouvoir exercé par Frédéric II en Allemagne a beaucoup moins retenu l’attention que sa politique sicilienne ou la lutte contre la papauté. Son action sur place passe pour avoir été largement subordonnée aux nécessités de l’empire et à son souci de ne pas mécontenter les princes.
E. Kantorowicz voyait en lui un personnage trop faible au début de son règne pour s’imposer : « Arrivé en Allemagne comme un gueux, il n’était aucunement en mesure d’exercer une contrainte ou une pression. » Il minimise l’action conduite entre 1212 et 1220, tout en la caractérisant avec justesse :
Frédéric II passa en Allemagne des années qu’il ne marqua d’aucune action éclatante, bien qu’il ne soit en aucune manière resté inactif. […] C’est pourquoi il ne commença à faire entrer dans ses plans que ce qui pouvait servir l’imperium romanum, et dès le début seules les nécessités de l’empire tout entier – dont la Germanie ne constituait qu’une partie, si importante fût-elle – guidèrent ses pas. Toute sa politique intérieure allemande, elle aussi, fut soumise à cette conception.
Au total Frédéric II n’accomplit que trois séjours en Allemagne : entre septembre 1212 et août 1220 ; de mai 1235 au mois de juillet 1236 ; de décembre 1236 au début de septembre 1237. Soit environ dix années sur les trente-huit effectives que compta son règne, mais, on le voit, très inégalement réparties, comme s’il n’était revenu en Allemagne après 1220 que sous la contrainte des événements…
Date de mise en ligne : 12/11/2019
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