Introduction
- Par Denis Woronoff
Pages 13 à 18
Citer ce chapitre
- WORONOFF, Denis,
- Woronoff, Denis.
- Woronoff, D.
Citer ce chapitre
- Woronoff, D.
- Woronoff, Denis.
- WORONOFF, Denis,
Au début de 1919, François de Wendel, député de Briey, maître de forges et régent de la Banque de France, est attaqué à la Chambre pour avoir évité, dit-on, que ses usines lorraines soient bombardées par les Français. « C’est cela le président du Comité des Forges, ce roi de l’acier qui fait la loi aux ministres et la leçon aux journaux ! s’exclame Gustave Téry dans L’Œuvre (25 janvier), un petit homme au poil roux bien lustré, qui s’essaye vainement à l’impertinence du grand seigneur : il proteste avec timidité, répond avec embarras, portant la main fréquemment à sa cravate, comme s’il cherchait à dégager son cou d’une corde invisible. » Aubrun, successeur de Wendel à la tête de la profession, évoquera à sa mort, en 1949, « le jaillissement spontané de sa parole » et un journaliste rappellera « la discrète modestie de ce parlementaire à la fine silhouette, élancée et souple » et sa « courtoisie charmante ». D’autres l’avaient simplement jugé « correct et froid ». Jusque dans le portrait que l’on fait de lui, François de Wendel suscite la contradiction et la controverse.
Commençons par quelques repères. Il est né à Paris le 5 mai 1874. Son père, Henri, avait dû prendre la nationalité allemande pour demeurer à Hayange, en Lorraine annexée. À 17 ans, François demande à l’administration allemande un « permis d’émigration » afin d’échapper aux obligations militaires du Reich. En contrepartie, ses séjours à Hayange dépendront désormais du bon vouloir des autorités. Il a fait ses études à Paris, chez les Jésuites de Saint-Louis-de-Gonzague, puis est entré à l’École nationale supérieure des mines, en 1894, d’où il sort avec le diplôme d’ingénieur civil en 1899, après son service militaire…
Date de mise en ligne : 09/06/2023
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter ce chapitre
3,00 €