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La mémoire et la vérité

Pages 251 à 283

Citer ce chapitre


  • Quella-Villéger, A.
(2020). La mémoire et la vérité. France Bloch-Sérazin : Une femme en résistance (1913-1943) (p. 251-283). Éditions des femmes. https://shs.cairn.info/france-bloch-serazin--9782721007001-page-251?lang=fr.

  • Quella-Villéger, Alain.
« La mémoire et la vérité ». France Bloch-Sérazin Une femme en résistance (1913-1943) Éditions des femmes, 2020. p.251-283. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/france-bloch-serazin--9782721007001-page-251?lang=fr.

  • QUELLA-VILLÉGER, Alain,
2020. La mémoire et la vérité. In : France Bloch-Sérazin Une femme en résistance (1913-1943) Paris : Éditions des femmes. Des femmes poche, p.251-283. URL : https://shs.cairn.info/france-bloch-serazin--9782721007001-page-251?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Correspondance 1920-1946, éd. Claire Paulhan, 2014.
  • [2]
    Pierre Abraham, le frère de J.-R. Bloch, son épouse et leur fille Rose-Catherine.
  • [3]
    Michel Bloch et d’autres prisonniers ont été libérés par le maquis, le 10 juin 1944. Il a passé l’été dans la résistance FTPF, avant de rallier Limoges où il a collaboré à la radio FFI. Son épouse Colette l’y a rejoint, ayant échappé à la déportation sur le quai de la gare de Pantin, alors qu’allait partir le dernier train pour Ravensbrück, le 15 août 1944.
  • [4]
    Une plaque des « Morts en déportation », dévoilée en 2008 sur le monument aux morts de Néris-les-Bains (Allier), porte son nom.
  • [5]
    On a pu s’interroger sur les raisons d’un exil si proche et si confortable et les complicités dont il a pu bénéficier aux Renseignements généraux ou ailleurs ; à moins qu’il n’ait détenu quelques dossiers compromettants sur les uns et les autres, y compris au Parti communiste.
  • [6]
    Repris dans l’édition 1946 du Musée Grévin (Œuvres poétiques complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, pp. 963-964).
  • [7]
    Autre prémonition littéraire étonnante, avec le texte du poète catalan Pere Quart (Joan Oliver i Sallarès), paru en 1934, Les Decapitacions, XVII : « Les inconnus l’appellent Bloch : / moi, Sara. Qui ne l’abandonne pas ? / Pour faucher des roses il vous faut une hache, / Adolf, salaud total ? / La tête de la ma camarade volait / À travers le ciel des crématoires d’Allemagne. »
  • [8]
    L’une des femmes qui dirigent avec Danielle Casanova les mouvements de résistance féminins contre l’occupant, sur le modèle du Parti communiste clandestin, comités fédérés dans l’Union des femmes françaises.
  • [9]
    Sa mort est imputable, on l’a vu, à la Gestapo.
  • [10]
    Vatican Team, Aumônerie des prisonniers de guerre / Allied Liaison Officer, 120 rue du Cherche-Midi, Paris.
  • [11]
    Objet et documents non localisés aujourd’hui.
  • [12]
    Mauthausen, prépublié dans Ce soir à partir du 22 août 1945, puis paru aux Éditions sociales (1945) et préfacé par J.-R. Bloch, repris en 2007 par L’Harmattan, à la suite de la réédition du livre de P. Tillard, Le Pain des temps maudits (Julliard, 1995).
  • [13]
    Ce qui est donc inexact.
  • [14]
    Résistant (1889-1959), représentant de Jean Moulin en zone nord, arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald.
  • [15]
    Il s’agit des élections constituantes du 2 juin 1946, afin d’élire une deuxième assemblée chargée de rédiger la Constitution de la IVe République.
  • [16]
    Écrivain, résistant communiste, alors rédacteur en chef de L’Humanité.
  • [17]
    Homme politique communiste (1902-1980), il fera partie du conseil de famille, comme membre extérieur, chargé de gérer l’enfance de Roland Sérazin (le 18 octobre 1950, Roland et sa demi-sœur Éliane sont adoptés par l’État comme « pupilles de la nation »). Cf. « Hommage à France Bloch-Sérazin, assassinée par les nazis il y a 25 ans », L’Humanité, 12 mars 1968 ; « Léon Mauvais exalte la vie glorieuse de Frédo Sérazin », L’Humanité, 14 octobre 1949.
  • [18]
    Preuve que ces souvenirs leur sont bien parvenus.
  • [19]
    Études J.-R. Bloch, no 6, p. 14.
  • [20]
    Cf. Frédéric Monier (université d’Avignon), « Quantième de l’espérance. Avant-propos », dans le livret accompagnant le DVD du film France Bloch, Frédo Sérazin. Un couple en résistance (2005), Scérén-CRDP Poitou-Charentes, 2009.
  • [21]
    Née Vincentella Perini (1909-1943), elle entreprit des études à l’École Dentaire à Paris. Épouse de Laurent Casanova (futur dirigeant du Parti communiste), elle fonde en 1936 l’Union des jeunes filles de France. Passée dans la clandestinité en septembre 1939, arrêtée par la police française en février 1942, déportée, elle décéda à Auschwitz en mai 1943.
  • [22]
    En 1950, l’année de son « appel de Stockholm » contre l’arme nucléaire, le Conseil mondial de la Paix, présidé par Frédéric Joliot-Curie, décerne d’ailleurs sa médaille d’or, à titre posthume, à J.-R. Bloch. Sa veuve vient la recevoir, en présence de Pablo Picasso et d’Elsa Triolet.
  • [23]
    Foyer Danielle Casanova, 4 fascicules parus dès 1944 : notice FBS, in fascicule 1, pp. 17-22.
  • [24]
    Stéphane Courtois : « Luttes politiques et élaboration d’une histoire : le PCF historien du PCF dans la Deuxième Guerre mondiale », Communisme, no 4, 1983.
  • [25]
    Pour l’anecdote, entre 1952 et 1959, un tournoi annuel de football est organisé à l’intérieur des usines Hispano-Suiza qui se nomme « Challenge Frédo-Sérazin ».
  • [26]
    Sur le site du camp de concentration de Natzweiler-Struthof, aménagé en mai 1941 par les nazis, évacué par les SS en septembre 1944, libéré par les Américains, le 23 novembre 1944 et devenu Nécropole nationale par décret du 21 mars 1950. Le 5 mai 1957, l’inhumation officielle de la dépouille d’un déporté inconnu marque le début du rapatriement des dépouilles des Français morts dans les camps à travers l’Europe.
  • [27]
    Sous-directeur du laboratoire du Muséum national d’Histoire naturelle de 1932 à 1937, professeur de minéralogie au Muséum national d’Histoire naturelle et conseiller technique au CEA dès 1946.
  • [28]
    Il est vrai que c’est cette mention qu’indique Marguerite Bloch sur certains documents administratifs ; elle a donc jusqu’au bout été convaincue de cette version des faits.
  • [29]
    Elle a été attachée, 11 rue Pierre-Curie, au SNRSA : Section nationale de la recherche scientifique appliquée (d’après sa carte d’accès au département des imprimés de la Bibliothèque nationale).
  • [30]
    Fondé par Waldeck Rochet en 1937, La Terre est une publication consacrée au monde paysan.
  • [31]
    Frauen gegen Hitler (Des femmes contre Hitler), Röderberg, 1973 (France Bloch-Sérazin, pp. 114-125). Cf. également : Gerda Zorn : Wiederkehr des Verdrängten (Retour d’une mémoire refoulée), Trafo, 2008 (France Bloch-Sérazin, pp. 478-482).
  • [32]
    Membre des Jeunesses anti-hitlériennes avant la guerre, il a été envoyé dans un camp à Wesel (sa mère, juive, sera elle-même internée dans un camp). Là, il travailla avec des prisonniers français et s’est évadé avec deux d’entre eux, parcourant le nord de l’Allemagne pour retrouver sa mère (qui sera sauvée à la libération de son camp par l’armée soviétique), puis il s’est rendu en France. Il est décédé en 1990.
  • [33]
    Publié aux éditions Konkret Literatur.
  • [34]
    Une seconde plaque évoque quatre religieux allemands de Lübeck, pasteurs protestants et prêtres catholiques exécutés en novembre 1943 ; une troisième « près de 500 hommes et femmes guillotinés là, de 1933 à 1945 ».
  • [35]
    « Un » sans le d de « und », selon l’orthographe locale (« Plantes et fleurs »).
  • [36]
    Communiste et active militante syndicale, qui commence à agir dans la clandestinité dès l’été 1940, Suzanne Masson (1901-1943) a été arrêtée par la police française le 5 février 1942, livrée huit jours plus tard aux autorités allemandes, puis condamnée à mort par la cour martiale de Lübeck en juin 1943. Comme France-Bloch Sérazin, elle est transférée pour son exécution à Hambourg, le 1er novembre 1943.
  • [37]
    « Diese beiden französischen Frauen wurden wegen ihres Widerstandes gegen die nationalsozialistische Gewalt-herrschaft im besetzten Frankreich in diesem Gefängnis mit dem Fallbeil enthauptet. »
  • [38]
    Production Lichtblick. Texte en français, sous-titré en allemand. Plusieurs fois diffusé à la télévision allemande.
  • [39]
    Aux éditions Stock, avec portrait de France en couverture. Cf. pp. 125-131, 192-201, 229-234.
  • [40]
    D’autres établissements scolaires portent le nom de la résistante ; quatre écoles maternelles : au Blanc-Mesnil, à Nanterre, à Drancy et à Port-Saint-Louis-du-Rhône.
  • [41]
    Ce lycée lui rend hommage le 9 mai 2006 : les deux plus jeunes élèves de l’établissement lisent les dernières lettres de France. Le 30 avril 2008, elles font l’objet d’une lecture à plusieurs voix par les comédiens du Théâtre du Trèfle lorsque la salle polyvalente y devient salle France-Bloch-Sérazin. Les 7 et 11 février 2013, des élèves du club théâtre de ce lycée mettent en scène des extraits de l’interrogatoire policier de France.
  • [42]
    En novembre 2004, le conseil municipal de Poitiers a également décidé d’attribuer son nom à une nouvelle voie du quartier du Pâtis, et la commune voisine de Migné-Auxances l’a fait en 2016.
  • [43]
    France Bloch, Frédo Sérazin. Un couple en résistance. Marie Cristiani, par ailleurs auteur en 2018 du récit biographique Mon Frédo (éditions Arcane 17), a également réalisé, en 2014, le documentaire Jean-Richard Bloch, la vie à vif (Anekdota Productions/France Télévisions/France 3 Poitou-Charentes ; A. Quella-Villéger, conseiller historique).
  • [44]
    Le président de l’ANACR 19e arr. en avait fait la suggestion au maire de Paris Jean Tibéri, en 1999. Sans suite…
  • [45]
    Hamburger Staatsarchiv, document publié par Baya Maouche (Leben für die Freiheit, opus cité, 2020).
  • [46]
    Jean-Henri Calmon a sans doute raison de penser qu’en plus, « à travers la fille, les bourreaux voulaient frapper le père qui, sur Radio-Moscou, menait contre eux une implacable guerre des ondes » (« France Bloch-Sérazin, militante, patriote et martyre », L’Actualité Nouvelle-Aquitaine, été 2019).
  • [47]
    « Quantième de l’espérance. Avant-propos », France Bloch, Frédo Sérazin. Un couple en Résistance, 2009, opus cité.
  • [48]
    Ils étaient juifs, résistants, communistes, opus cité. Cf. également Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Raysky, Le Sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989.
  • [49]
    Réalisé par Mosco Boucault.
  • [50]
    Voir les contributions de Serge Wolikow, Roger Bourderon, Jean-Marc Berlière, Denis Peschanski et Mikhail Narinski dans les actes du colloque de Besançon, La Résistance et les Français : lutte armée et maquis (François Marcot, dir.), Annales littéraires de l’université de Franche-Comté, 1996.

De Moscou, le 2 octobre 1944, alors que la libération de Paris permet désormais de rentrer au pays, Jean-Richard Bloch écrit à son ami Jean Paulhan : « Une occasion s’offre, je la saisis, je vous demande de vos nouvelles, des nouvelles de Pierre, de Gabrielle, de leur petite fille, et par eux, de ma mère, de tous les nôtres dont nous ne savons plus rien depuis des nouvelles indirectes, passées par l’Amérique du Sud, qui remontaient à octobre 42, et qui étaient, en ce qui concerne nos enfants, horriblement inquiétantes. » Le 27 octobre 1943, de Moscou, il écrit à Paul Amann : « Nous sommes absolument sans nouvelles de tous les nôtres restés en France et dans une inquiétude folle et légitime à leur endroit. » De la prison militaire de Nontron, le 30 octobre 1943, Michel Bloch a écrit à la Croix-Rouge française, se disant sans nouvelles de sa sœur « depuis un an après son arrestation à Paris, en mai 1942 ».
Rien ! Personne ne sait quoi que ce soit, au retour de l’écrivain à Paris. Aussi Jean Paulhan le rassure-t-il comme il peut, le 24 octobre, sur la bonne santé de Pierre Abraham, de ses proches, sur celle du fils de Bloch, Michel, et de l’épouse de celui-ci, et lâche : « … mais votre mère, arrêtée à Nice et déportée. Voilà. Nous l’avions vue encore récemment : elle gardait la même aménité, et cette sorte de sérénité un peu ironique. Elle semblait forte. Elle ne manquait pas d’inquiétudes : pour vous, pour tous les siens. Personne de nous ne sait où elle est en ce moment. »…


Date de mise en ligne : 18/11/2022

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