Chapitre d’ouvrage

34. Manigances italiennes

Pages 503 à 512

Citer ce chapitre


  • De Waresquiel, E.
(2014). 34. Manigances italiennes. Fouché : Les silences de la pieuvre (p. 503-512). Tallandier. https://shs.cairn.info/fouche--9782847347807-page-503?lang=fr.

  • De Waresquiel, Emmanuel.
« 34. Manigances italiennes ». Fouché Les silences de la pieuvre, Tallandier, 2014. p.503-512. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/fouche--9782847347807-page-503?lang=fr.

  • DE WARESQUIEL, Emmanuel,
2014. 34. Manigances italiennes. In : Fouché Les silences de la pieuvre. Paris : Tallandier. Biographies, p.503-512. URL : https://shs.cairn.info/fouche--9782847347807-page-503?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Fouché à Napoléon, Bologne, 13 novembre 1813. Bibliothèque Thiers, fonds Masson 217, fol. 1 à 51.
  • [2]
    Lettre interceptée de Fouché à Napoléon, Lucques, 5 février 1814, citée par Hubert Cole, op. cit., p. 226.
  • [3]
    « Saint-Cloud, 15 novembre 1813. J’ai reçu votre lettre. Je désire que, dans les circonstances actuelles, vous vous rendiez en toute diligence à Naples, pour faire sentir au roi l’importance qu’il marche avec 25 000 hommes sur le Pô ; vous le ferez connaître aussi à la reine, et vous ferez tout votre possible pour empêcher que, dans ce pays, on ne se laisse fourvoyer par les promesses fallacieuses de l’Autriche et par le langage mielleux de Metternich. Le mouvement de l’armée napolitaine sur le Pô est de la plus haute urgence. Il est très fâcheux qu’une portion de cette armée n’y soit pas venue dès le commencement de la campagne, elle aurait pu aider à donner une autre tournure aux affaires. On arme et on marche de tous côtés en France. La circonstance est majeure. Vous prendrez le parti soit de revenir avec l’armée napolitaine, si le roi est fidèle à l’honneur et à la patrie, soit de vous en revenir en toute diligence à Turin, où vous trouverez de nouveaux ordres. Passez par Florence et par Rome, et donnez à tous ces gens-là, tous les conseils que peuvent exiger les circonstances. »
  • [4]
    Norvins, Mémorial, III, p. 325-326.
  • [5]
    Mémoires inédits de Durant de Mareuil, p. 117.
  • [6]
    Mémoires du chancelier Pasquier, II, p. 350.
  • [7]
    Fouché à Napoléon, Rome, 27 décembre 1813, Muratiana, op. cit., p. 3-6. Louis Madelin doute, à tort d’après moi, de l’authenticité de cette lettre. Fouché y tient en effet des propos assez rudes et conseille à Napoléon de renoncer à « son ancien système de monarchie universelle ». Cette lettre est également citée par Regnault-Warin, op. cit., avec les lettres « officielles » à Murat. Et dans les Mémoires de Fouché. Napoléon, en tout cas, n’a rien soupçonné du double jeu de Fouché puisque, fin février 1814, il écrit encore à son frère Joseph pour lui demander d’envoyer un émissaire à Murat qui prendra contact avec Fouché pour empêcher le roi de Naples de ratifier son traité d’alliance avec l’Autriche (Napoléon à Joseph, Troyes, 26 février 1815, in Correspondance entre Napoléon et Joseph, op. cit., p. 823). Le 18 février, Fouché lui a écrit de Lucques en insistant sur les hésitations de Murat : « Les ministres autrichiens et anglais lui reprochent […] d’avoir trop d’attachement à V.M. […] Le roi est malade de chagrin… ». Citée par M. H. Weil, Le Prince Eugène et Murat, 1813-1814, Albert Fontemoing, 4 vol., 1902, IV, p. 204-204, note.
  • [8]
    Ibid., Florence, 20 janvier 1814, p. 7-11. Fouché répond à une lettre de Murat datée de Naples, 15 janvier 1815, dont l’original est conservé dans les archives Fouché à Louveciennes. « Ne quittez pas l’Italie, ne m’abandonnez pas. Empêchez surtout les Français à mon service de me quitter ; empêchez-les de devenir malheureux en France ! »
  • [9]
    Mémoires de Fouché, p. 428.
  • [10]
    Muratiana, op. cit., Florence, 20 janvier 1814.
  • [11]
    On trouve une copie manuscrite de cette proclamation dans les archives Fouché (Louveciennes) : « Ordre du jour à l’armée napolitaine, Bologne, 30 janvier 1814. »
  • [12]
    Lettre de Clarke, ministre de la Guerre, à Fouché, 9 février 1814. AN 31 AP 23, Papiers Murat.
  • [13]
    Napoléon à Fouché, Château-Thierry, 13 février 1814, Muratiana, op. cit., p. 25. De même pour la convention du 24 février, p. 22-24. Les négociations commencent le 20 février et Fouché avoue lui-même à Mosbourg avoir reçu la lettre de Napoléon le lendemain. Fouché à Mosbourg, Lucques, 23 février 1814, AN 31 AP 44, dossier 10.
  • [14]
    Le comte de Mosbourg à Murat, 25 février 1814, AN 31 AP 44, dossier 10, Papiers Murat.
  • [15]
    Le comte de Mosbourg à Élisa, Florence, 22 février 1814. « J’ai trouvé à Florence des pleins pouvoirs en blanc [de Murat] pour les arrangements dont le duc d’Otrante est chargé. » Voir également la lettre d’Élisa à Mosbourg du 27 février à propos de Fouché : « Je lui ai donné toutes les instructions nécessaires pour lever les difficultés qu’on pourrait m’opposer », ibid.
  • [16]
    Ibid. et Paul Marmottan, op. cit., Fouché à Élisa, Modène, 5 mars 1814, p. 31.
  • [17]
    Napoléon au duc de Feltre, Soissons, 12 mars 1814. Correspondance générale, éd. du Second Empire, t. 27, no 21468. Napoléon qualifie la convention de « ridicule » et charge Clarke d’exprimer son mécontentement à Fouché.
  • [18]
    Mosbourg à Fouché, Naples, 11 mai 1814, AN 31 AP 44 dossier 10. « Combien je suis touché de votre tendre sollicitude ! Je ne saurai jamais vous exprimer assez combien je sais apprécier vos nobles et généreux procédés » (Murat à Fouché, s.d., probablement le même jour ou les jours suivants, citée par Weil, Le Prince Eugène et Murat, op. cit., IV, p. 573).
  • [19]
    Voir les lettres de Bouisson au chevalier de Mercey, in Bibliothèque Thiers, fonds Masson 151, fol. 216 à 230. Ainsi sa lettre du 3 octobre 1814 : « M. le duc n’entre pour rien dans les mesures qui ont été prises par les autres donataires ; il ne se croit pas dans la même catégorie. Au surplus, M. le comte de Mosbourg vous donnera les instructions nécessaires à ce sujet s’il en était besoin et doit vous guider dans toutes les circonstances difficiles. »
  • [20]
    Lettre inédite de Mosbourg à Fouché, Naples, 11 mai 1814. « Vous avez jugé utile de paralyser le vice-roi par l’espérance d’une négociation avec S.M. [Murat]. Il vous avait paru convenable aussi de flatter les vues mal dirigées de Faypoult et, par son intermédiaire, celles de Bonaparte, en leur persuadant qu’ils pourraient ramener le roi dans son ancienne alliance. C’était vous ménager le temps de sonder Augereau et les autres chefs avec qui vous deviez établir des relations. […] Le roi voulu seconder complètement vos combinaisons. À cet effet, il vous écrivit une lettre officielle dans un sens parfaitement analogue à la vôtre et il prit ses mesures afin qu’elle passa dans les mains du vice-roi, ne doutant pas qu’il n’eût la curiosité d’en prendre connaissance. Il y a lieu de croire que le plan de S.M. [Murat] obtint un entier succès ; car, bientôt après, il fut manifeste que le vice-roi comptait sur un rapprochement et il parassait être encore dans cette illusion lorsqu’il fut attaqué et battu sur le Taro. […] Cependant, vous m’aviez prévenu par une lettre chiffrée des véritables desseins de S.M. [Murat] qui, connaissant l’esprit de vengeance de Bonaparte, ne pouvait jamais consentir à se replacer sous son influence. » Fouché, dit-il, lui écrira encore une autre lettre chiffrée de Lyon, Archives Fouché, Louveciennes. Depuis le début, Fouché triche avec Eugène et le berce d’illusions. Dans une lettre datée de Florence du 21 janvier, il lui fait déjà croire que Napoléon lui-même aurait fait demander pour lui le Milanais aux Autrichiens, par l’intermédiaire de son beau-père le roi de Bavière. Voir la lettre dans Vie de Planat de la Faye. Souvenirs, lettres et dictées, Paris, Ollendorff, 1895, p. 606.
  • [21]
    Chaptal, Mes souvenirs sur Napoléon, op. cit., p. 313.
  • [22]
    Voir ses Mémoires et ce qu’il dit à Thibaudeau en mai (Mémoires de Thibaudeau, op. cit., p. 398-399).
  • [23]
    Mémoires de Fouché, p. 451.

Fouché n’a jamais été meilleur qu’au milieu des ruines et dans les situations de crise. Il y a là un tour de force. En prévenant l’insurrection des populations contre les autorités françaises, en organisant la retraite progressive et en bon ordre de l’administration des quatre provinces du Nord (Carinthie, Carniole, Croatie civile et Istrie), il a su faire une fois de plus la preuve de ses talents de manœuvrier, usant sans cesse de duplicité sous le masque d’un imperturbable sang-froid. On retrouve en 1813 le Fouché de 1809, celui de la défense des côtes françaises au moment de l’affaire de Walcheren. Ce goût renouvelé du pouvoir et de la manœuvre a cependant des relents d’amertume. Ses talents, pense-t-il, seraient tellement mieux mis à profit à Paris ! À partir du mois d’octobre, c’est sa pensée dominante. Depuis la reprise de la guerre en août, Napoléon a été sévèrement battu à Leipzig et ses troupes refluent vers le Rhin. Les défenses avancées de l’Empire s’écroulent les unes après les autres : la Saxe, la Bavière, la Confédération du Rhin, le royaume de Wurtemberg, la Hollande et la Suisse. En Italie, où les Autrichiens arrivent par le nord, la situation est tout aussi préoccupante.
Début novembre, Fouché s’est rendu de Venise à Bologne à l’invitation du vice-roi d’Italie, le prince Eugène, qui est en train de constituer sa ligne de défense sur l’Adige. Il y arrive quelques jours après Murat envoyé par Napoléon d’Allemagne à Naples afin d’y réorganiser une armée censée se joindre à celle d’Eugène contre l’armée autrichienne du comte de Bellegarde…


Date de mise en ligne : 01/12/2015