18. Une ténébreuse affaire
Pages 307 à 322
Citer ce chapitre
- DE WARESQUIEL, Emmanuel,
- De Waresquiel, Emmanuel.
- De Waresquiel, E.
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- De Waresquiel, E.
- De Waresquiel, Emmanuel.
- DE WARESQUIEL, Emmanuel,
Notes
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[1]
Voir la lettre de Lucien à son frère Joseph, postérieure à la bataille de Marengo, citée par Théodore Iung et donnée comme appartenant aux Archives des Affaires étrangères. Il est difficile de se prononcer sur l’authenticité de cette lettre, en tout cas nos recherches pour en retrouver l’original ont été vaines. Lucien Bonaparte et ses Mémoires, 1775-1840, op. cit., I, p. 411. « Quant à nous, si la victoire avait marqué la fin du premier consul à Marengo, à l’heure où je vous écris, nous serions tous proscrits. »
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[2]
On trouve un certain nombre de ces dernières aux archives du château royal de Stockholm (Bernadotteska arkivet, BFA no 10, liasse no 19). La lettre prouve qu’en mai et juin 1800 Fouché craignait une reprise des mouvements royalistes dans l’Ouest combinée à des projets de débarquement anglais ou de prise du port de Brest. « Les rapports que je reçois de ces contrées s’accordent en général sur l’existence d’un projet de renouveler la guerre civile, mais en même temps il paraît certain que la masse des habitants ne veut plus la guerre et commence à prendre confiance dans le gouvernement » (Fouché à Bernadotte, 8 prairial an VIII [28 mai 1805]).
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[3]
Correspondance générale de Napoléon, III, no 5365. Aoste, 4 prairial an VIII (24 mai 1800).
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[4]
Thiers in Histoire du Consulat et de l’Empire, d’après les Mémoires de Cambacérès, II, p. 324.
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[5]
Il n’a déjà plus de doute dans la nuit du 20 au 21 juin si l’on en croit son bulletin du jour aux consuls Camabacérès et Lebrun : « Le silence du gouvernement inquiétait. […] On a appris aujourd’hui qu’à la suite d’une victoire éclatante le premier consul avait accordé au général Mélas un armistice » (Alphonse Aulard, Paris sous le Consulat, op. cit., I, p. 434).
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[6]
Mémoires de Fouché, p. 139.
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[7]
Le Moniteur du 25 vendémiaire an IX (17 octobre 1800).
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[8]
Mémoires de la duchesse d’Abrantès, Paris, Garnier frères, s.d., t. IV, chap. 30. Un peu avant elle, l’historien royaliste Alphonse de Beauchamp avait pourtant donné une version strictement chouanne de l’affaire dans ses Mémoires inédits publiés en 1825 (II, p. 343 sq.). La thèse du complot et de la responsabilité de Fouché dans l’enlèvement de Clément de Ris est reprise par la suite par deux historiens très hostiles : Crétineau-Joly dans sa Vendée militaire et Carré de Busserole dans L’Enlèvement du sénateur Clément de Ris et les procès des accusés à Tours et à Angers (1800-1801), Niort, Clouzot, 1900. Voir aussi Charles Rinn, Un mystérieux enlèvement. L’affaire Clément de Ris, Paris, 1910. L’ouvrage le plus complet sur l’affaire et qui met en doute la légende du complot de juin 1800 (chap. XV, « La légende ») est celui d’Ernest d’Hauterive, L’Enlèvement du sénateur Clément de Ris, Paris, Perrin, 1926. On se reportera enfin à la très belle et pertinente introduction de Suzanne J. Bérard à l’édition de la Bibliothèque de la Pléiade d’Une ténébreuse affaire, déjà citée.
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[9]
Balzac, Une ténébreuse affaire, op. cit., p. 1473.
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[10]
Rapport à Bernadotte (vendémiaire an IX, septembre 1800), Bernadotteska arkivet, Stockholm.
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[11]
Correspondance générale de Napoléon, III, no 5503, Paris, 21 messidor an VIII (10 juillet 1800).
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[12]
Voir l’introduction de Suzanne J. Bérard à Une ténébreuse affaire, op. cit., p. 472.
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[13]
D’après Sourdat lui-même dans une longue lettre justificative à un ami, un certain S. probablement écrite en 1803. Bibliothèque Thiers, fonds Masson 282, fol. 177.
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[14]
D’après le mémoire adressé par le comte de Bourmont au grand juge Régnier le 15 fructidor an XI (2 septembre 1803). AN 77 6232 et pièce F7 6281. Bourmont était alors enfermé à la citadelle de Besançon et Fouché n’était plus ministre de la Police depuis septembre 1802. Gondé était sûrement parmi les trois chouans reçus par Fouché. Le sauf-conduit du ministre ne lui servira à rien. Il mourra fou à Bicêtre en 1808. Charles Philippe Sourdat mourra, lui, colonel d’état-major dans l’armée napolitaine en 1838 (voir E. d’Hauterive).
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[15]
Marquis de La Maisonfort, Mémoires d’un agent royaliste, Paris, Mercure de France, 1997, p. 137.
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[16]
Voir la lettre de Sourdat, déjà citée, à la Bibliothèque Thiers.
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[17]
Voir sa préface à la première édition (1843) d’Une ténébreuse affaire. Viriot pensera plus tard que le secret de Fouché tenait au fait qu’il y aurait eu une erreur sur la personne à enlever, mais il ne parle jamais des raisons de l’enlèvement lui-même. Sur le colonel Viriot, voir le texte de G. Lenotre, « Le colonel Viriot », in Vieilles maisons, vieux papiers, Paris, Perrin, 1903, p. 205-228. Le texte a été réédité récemment in G. Lenotre , le grand historien de la petite histoire (Paris, JC Lattès, 2013) avec une introduction d’Emmanuel de Waresquiel. Plus récemment, Edmond Lemonchois, « L’affaire Viriot », in Publication de la Société historique du Raincy et du pays de l’Aulnoye (1972), p. 4-10. Ce dernier plaide pour l’innocence totale des guillotinés d’Angers.
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[18]
C’est l’un des avocats, Blain, qui s’adresse ainsi au président du tribunal le 2 novembre. D’après un rapport du commissaire du gouvernement près le tribunal au ministre de la Justice du 28 septembre 1801 en vue d’obtenir la destitution de Viriot comme membre du tribunal spécial. Ce rapport est conservé avec d’autres aux Archives militaires de Vincennes (Police militaire C18 dossier Viriot) et cité par Suzanne J. Bérard dans l’une de ses notes à l’édition d’Une ténébreuse affaire, op. cit., note 499, p. 1492.
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[19]
Bourmont parle d’une « supposition injurieuse faite par le commissaire du gouvernement auprès du tribunal spécial d’Angers Gazeau, dans ses conclusions. Cf. sa lettre du 19 brumaire an IX (10 novembre 1800) à sa femme. AN F7 6232A.
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[20]
Mémoire de Bourmont adressé au grand juge Régnier, op. cit.
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[21]
Mémoires de Miot de Mélito, II, p. 281. Mélito parle de « l’improbité civile de son administration » et de « la cupidité insatiable des agents dont il était entouré ».
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[22]
Journal de Roederer, Paris, H. Daragon, 1909, 17 novembre 1800, p. 38.
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[23]
Mémoires de Mme de Chastenay, I, p. 436.
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[24]
Cambacérès, Mémoires inédits, I, p. 538.
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[25]
Parallèle… Fragment traduit de l’anglais. Deux éditions in-8°, s.l.n.d., l’une de 15 pages, l’autre de 16.
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[26]
C’est ce que Lucien lui-même dira à Roederer en lui montrant l’original de la brochure corrigée de la main de son frère. Roederer, Journal, op. cit., p. 38. Bourrienne dit à peu près la même chose dans ses Mémoires. Il n’y a que Cambacérès qui écarte absolument toute collaboration de Bonaparte au texte.
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[27]
D’après Claude Fauriel, Les Derniers Jours du Consulat, op. cit., p. 115.
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[28]
Bonaparte évoque le Parallèle devant Roederer comme un « ouvrage dont il avait lui-même donné l’idée, mais dont les dernières pages étaient d’un fou ». D’après les Mémoires de Miot de Mélito, II, p. 339. C’est ce qu’il fait également écrire à son secrétaire Bourrienne dans le Journal des défenseurs, le 9 novembre (18 brumaire) : « Les dernières pages décèlent la malveillance », cité par Roederer, Journal, op. cit., p. 39.
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[29]
Presque tous les contemporains s’accordent sur la paternité de Fontanes. On prêtera pourtant au Parallèle d’autres auteurs comme le dramaturge Esménard (Souvenirs du baron de Barante, Paris, C. Lévy, 8 vol., 1890-1901, I, p. 67).
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[30]
Circulaire du ministre de la Police aux préfets, 24 brumaire an IX (15 novembre 1800). Citée par Maurice Gaillard dans ses Mémoires, BnF, Manuscrits.
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[31]
Mémoires de Bourrienne, IV, p. 219.
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[32]
Voir Journal et souvenir de Stanislas de Girardin, Paris, Moutradier, 2 vol., 1828, I, p. 194 (16 et 17 brumaire an VIII) et le Journal de Roederer, op. cit., p. 37.
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[33]
Journal et souvenirs de Stanislas de Girardin, I, p. 192.
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[34]
Bonaparte en fait la confidence à Roederer, alors très proche du consul, qui le rapporte à Stanislas de Girardin. Ibid., I, p. 199.
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[35]
Mémoires de Mme de Chastenay, I, p. 437.
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[36]
Mémoires de Bourrienne, V, p. 4-45.
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[37]
Journal de Roederer, p. 57.
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[38]
Mémoires de Barras, IV, p. 144-147. En novembre 1800, Barras était invité par Fouché à quitter Grosbois et à s’« éloigner du territoire de la République ». Pour mieux faire passer les choses, il aurait mis l’intransigeance de Bonaparte sur le dos de Joséphine et de sa rancune pour Barras, ce qui n’est pas impossible.
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[39]
Desmarest, Quinze ans de haute police, Paris, A. Levasseur, 1833, p. 18-19.
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[40]
Juvenot, qui voulait attaquer Bonaparte à la Malmaison, sera arrêté en août. Metge, l’auteur d’un pamphlet appelant à tuer Bonaparte (Le Turc et le Militaire) est arrêté le 14 septembre, l’artificier Chevalier et Veycer le 8 novembre. Ils seront fusillés en janvier 1801.
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[41]
Mémoires de Barère, III, p. 113. Voir là-dessus les Mémoires de Bourrienne (IV, p. 192-196), de Desmarets, Miot et Cambacérès qui nie le double jeu joué par Harel. D’autant plus que Barère, averti par son neveu Demerville, aurait de son côté directement prévenu le général Lannes de l’affaire, la veille du complot. Il n’en reste pas moins que Harel sera très vite relâché et nommé commandant d’armes au château de Vincennes.
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[42]
L’étude la mieux documentée sur le complot de l’Opéra appelé aussi la « conspiration des poignards » est celle de Marguerite Parenteau dans sa biographie de Desmarets, Paris, Guénégaud, 2009, chap. VII.
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[43]
Fouché donne là-dessus des détails, qui ne sont pas dans ses Mémoires, dans sa notice manuscrite autobiographique des archives de Louveciennes (p. 30-31). Il aurait en effet été prévenu au dernier moment par Bonaparte qui avait besoin d’une autorisation de la police pour que les conjurés puissent se procurer des armes. Celui-ci lui aurait tenu des propos très « durs » à son égard, et Fouché lui aurait répondu en lui présentant très calmement Barère, l’oncle et père adoptif de Demerville, par qui, dit-il, il savait déjà tout. Bonaparte donnera ensuite l’ordre à Barère « d’aller faire sa déclaration au général Lannes ».
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[44]
Ibid., p. 31.
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[45]
Mémoires de la duchesse d’Abrantès, III, p. 416.
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[46]
Mémoires de Bourrienne, V, p. 121.
Les insatisfactions de Fouché auraient pu le conduire très vite à comploter. Certains de ses biographes le pensent, mais j’en doute. En mai 1800 pourtant, le régime est encore précaire. La France est toujours en guerre contre une bonne partie de l’Europe et surtout contre l’Autriche, qui accentue sa pression en Allemagne et en Italie. Masséna est assiégé dans Gênes. Moreau est envoyé à la tête de l’armée du Rhin où il finira par battre l’armée austro-bavaroise à Hohenlinden, près de Munich, en décembre 1800. Dans l’intervalle, Bonaparte quitte Paris pour l’Italie parfaire sa toute nouvelle légitimité de chef d’État sur les champs de bataille. Ce sera chose faite le 14 juin à Marengo, près d’Alessandria, dans le Nord-Est de l’Italie. Militairement, Bonaparte l’emporte de justesse contre les troupes autrichiennes du général Mélas. La victoire de Marengo est surtout une victoire politique. Elle oblige les Autrichiens à signer une convention d’armistice et renforce considérablement le pouvoir du Premier Consul. Le « S’il passe une année, il ira loin » lancé par Talleyrand à Hyde de Neuville en décembre 1799 dit tout de la situation encore très précaire des débuts du Consulat, au moins jusqu’à Marengo. Pendant l’absence du Premier Consul en mai et en juin, les conciliabules secrets n’ont pas manqué à Paris. Des conversations ont certainement eu lieu à Auteuil dans la maison de campagne de Talleyrand, avec Sieyès et avec d’autres. On a dû spéculer sur les mesures à prendre en cas de mort subite de Bonaparte sur le champ de bataille et sur le choix de son successeur…
Date de mise en ligne : 01/12/2015