Introduction
- Par Tristan Garcia
Pages 7 à 23
Citer ce chapitre
- GARCIA, Tristan,
- Garcia, Tristan.
- Garcia, T.
Citer ce chapitre
- Garcia, T.
- Garcia, Tristan.
- GARCIA, Tristan,
Notes
-
[1]
C’est-à-dire les pensées reconnaissant « que la philosophie ne peut avoir à faire qu’à notre accès aux choses », Graham Harman, Tool-being : Heidegger and the Metaphysics of Objects, Chicago, Open Court Publishing, 2002, p. 123. Quentin Meillassoux préfère parler de « corrélationnisme » pour qualifier la primauté théorique accordée à la relation entre la pensée (ou toute autre position orientée : conscience, perception, intuition, « chair » merleau-pontienne) et son corrélat, au détriment des termes en rapport. Voir Quentin Meillassoux, Après lafinitude, Paris, Le Seuil, 2006.
-
[2]
Manuel DeLanda, Intensive Science and Virtual Philosophy, London, Continuum, 2002, p. 47.
-
[3]
Tout le traité tendra donc à contrevenir au célèbre slogan de Quine, « no entity without identity », aussi bien qu’à l’adresse de Leibniz à Arnauld selon laquelle « ce qui n’est pas véritablement un être n’est pas non plus véritablement un être ». Le but de l’ouvrage est de démontrer en acte, par la construction d’un modèle cohérent, qu’il peut et qu’il doit y avoir quelque chose de moins déterminé que telle entité identifiable ou qu’un être un : chaque « chose » en tant qu’elle est « seule au monde », et non comparable ou comparée avec d’autres choses. Nous défendrons donc que la solitude est moins que l’unité, moins que l’identité et qu’elle n’implique pas l’acceptation – non plus que le refus – du principe de non-contradiction.
-
[1]
Puisque est inconditionné, dans la tradition idéaliste allemande, par exemple chez le premier Schelling, ce qui ne peut être transformé en chose. La chose (das Ding) est conditionnée (be-dingt) par autre chose qu’elle-même.
Notre époque est peut-être celle d’une épidémie des choses.
La division du travail, l’industrialisation de la production puis
l’informatisation du traitement de toutes les données, la spécialisation de la connaissance des choses, mais surtout la désubstantialisation de ces choses – qui longtemps en Occident s’organisaient
en essences, en substrats, en qualités, en prédicats, en quiddité
et en quoddité, en être et en étants – ont provoqué une sorte de
contamination « chosale » du présent. Il devient délicat d’interdire
à quoi que ce soit d’être également « quelque chose », ni plus ni
moins qu’autre chose. Nous vivons dans ce monde de choses, où
une bouture d’acacia, un gène, une image de synthèse, une main
qu’on peut greffer, un morceau de musique, un nom déposé ou
un service sexuel sont des choses comparables. Certains résistent, se considérant ou considérant immédiatement la pensée, la
conscience, les êtres sensibles, la personne ou un dieu comme
des exceptions au régime plat des choses interchangeables. Peine
perdue – plus on excepte ceci ou cela du monde des choses, plus
et mieux on en fait quelque chose, de sorte que les choses possèdent cette structure panique : en soustraire une, c’est l’ajouter
au compte.
Cet ouvrage est né d’un sentiment qu’à la fois il essaie d’étayer,
d’illustrer, et auquel il tente de répondre rationnellement : il y a de
plus en plus de choses, il est toujours plus difficile de les comprendre et d’en être une supplémentaire, de s’ajouter soi-même à soi-même à chaque instant, en chaque lieu, au milieu de gens, d’objets
physiques, naturels, artefactuels, de parties d’objets, d’images, d…
Date de mise en ligne : 12/04/2022
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
14,00 €
Acheter ce chapitre
4,00 €