Introduction
- Par Olivier Cotte
Pages 15 à 25
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- COTTE, Olivier,
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- Cotte, O.
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L’écriture de fiction est un art parfois mal compris et raconter une histoire est quelquefois même suspect de relever d’une faiblesse artistique. Je me souviendrai toujours, après la projection d’un court métrage que je venais juste d’achever, du regard chargé de mépris d’un collègue que je croisais, dédain que je ne déchiffrais pas à ce moment. Avec le recul, j’ai réalisé qu’il avait détesté le film, car il racontait une histoire au lieu de se concentrer sur ce qu’il estimait important : que le court constitue un ensemble de plans purement esthétique, au contenu cryptique donnant le jour à de la perplexité, de l’obscur et sous-entendant de facto une qualité réellement artistique. Écrire et filmer de la fiction, c’est-à-dire développer un récit, donner à s’intéresser à des personnages et à des péripéties plutôt qu’à la seule mise en scène relevait pour lui d’une activité entachée de passéisme et coupable de facilité.
Pour certaines personnes, le récit est d’ordre frivole, destiné à une plèbe nécessitant un appât pour aller au cinéma ou au théâtre, en particulier lorsque l’intrigue est, selon eux, simple à comprendre. Ainsi a-t-on méprisé les mécaniques d’horlogerie de Georges Feydeau au point de s’insurger qu’il soit joué à la Comédie française, pour la première fois en 1941, 20 ans après sa mort. Et pourtant, il suffit de s’aventurer à ajouter ou enlever une unique ligne de dialogue dans une page de Feydeau, pour vite réaliser que l’ensemble s’écroule tant la construction se tient admirablement…
Date de mise en ligne : 29/01/2026
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