X. Le roi lyre : mémoire de l’âge d’or
- Par Olivier Leplatre
Pages 415 à 452
Citer ce chapitre
- LEPLATRE, Olivier,
- Leplatre, Olivier.
- Leplatre, O.
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- Leplatre, O.
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- LEPLATRE, Olivier,
Notes
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[1]
S. Lackenbacher, Le Palais sans rival. Le récit de construction en Assyrie, Paris, Éditions La Découverte, coll. « Textes à l’appui/histoire classique », 1990.
-
[2]
T., VIIe livre, p. 106.
-
[3]
« Il lui donna aussi un recueil de toute l’histoire de Crète, depuis Saturne et l’âge d’or » (T., Ve livre, p. 75).
-
[4]
Ibid.
-
[5]
Voir A. Neyton, L’âge d’or et l’âge de fer, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Confluents », 1984, p. 11-24.
-
[6]
T., livre Ier, p. 3.
-
[7]
Voir W. Benjamin, Origine du drame baroque allemand [1928], trad. S. Muller [1985], Paris, Flammarion, coll. « Champs Flammarion », 2000, p. 44.
-
[8]
Fénelon, Mémoire sur la situation déplorable de la France en 1710, dans O., II, p. 1035.
-
[9]
« J’entends dire, mon duc, que M. le duc de Bourgogne augmente ses pratiques de piété. C’est pour moi un grand sujet de joie que de voir la grâce dominer dans son cœur. Que ne peut-on espérer, puisque le désir de plaire à Dieu surmonte en lui les passions de la jeunesse, et l’enchantement du siècle corrompu » (Fénelon, Lettre au duc de Beauvillier, 11 mars 1703, Correspondance, Tome XII, édition établie par J. Orcibal avec la collaboration de J. Le Brun et I. Noye, Genève, Droz, coll. « Histoire des idées et critique littéraire », 1990, p. 14).
-
[10]
Sur Fénelon et la corruption, voir A.-M. Lecoq, La Leçon de peinture du duc de Bourgogne, op. cit., p. 145-160 ; Ph.-J. Salazar, « De Poussin à Fénelon : la corruption classique », French Studies in Southern Africa, n°18, 1989, p. 29-37.
-
[11]
T., Second livre, p. 23 ; Ve livre, p. 58… En cette dernière occurrence, mise sous une forme négative dont on sait avec Ovide qu’elle était l’écriture initiale de l’âge d’or, Fénelon présente la Crète : « On n’y souffre ni meubles précieux, ni habits magnifiques, ni festins délicieux, ni palais dorés ». Pourtant, plusieurs livres plus loin, Philoclès parlera, lui, des palais crétois comparés à la grotte où il s’est retiré et où il a « goûté, depuis tant d’années, plus de douceur et de repos que dans les palais dorés de l’île de Crète » (T., XIe livre, p. 187-188). Résultat d’un changement de point de vue de Télémaque à Philoclès, cette contradiction vérifie les réticences de Fénelon vis-à-vis des utopies et de leur apparente étanchéité à l’Histoire, aux passions et aux problématiques du pouvoir.
-
[12]
Second livre, p. 16 ; XIIIe livre, p. 222…
-
[13]
T., VIIe livre, p. 107.
-
[14]
T., Livre XVIIIe, p. 325.
-
[15]
Ovide, Métamorphoses, Livre I, v. 89-112, trad. G. Lafaye, Paris, Les Belles Lettres, 1994, p. 10-11.
-
[16]
Ibid., v. 150, trad. cit., p. 12.
-
[17]
Virgile, Géorgiques, Livre II, v. 473-474, trad. E. de Saint-Denis, Paris, Les Belles Lettres, 1956, p. 35. Le duc de Bourgogne lit et traduit les Églogues et les Géorgiques vraisemblablement autour de 1695, comme le prouvent les manuscrits de la Bibliothèque nationale de France (ms. fr. 2318) et comme le rappelle la lettre adressée à Claude Fleury datée de juillet 1695 (Correspondance, Tome IV, éd. cit., p. 30).
-
[18]
T., VIIe livre, p. 108.
-
[19]
T., XVIIe livre, p. 294.
-
[20]
Virgile, Géorgiques, Livre II, v. 149, trad. cit., p. 25.
-
[21]
Ibid., v. 331, p. 31.
-
[22]
Fénelon, Sur la commémoration des morts, dans O., I, p. 967.
-
[23]
Fénelon, Sur les fautes involontaires, ibid., p. 570.
-
[24]
Ibid., p. 571.
-
[25]
Fénelon, Lettre à la sœur Charlotte de Saint-Cyprien, 10 mars 1696, dans Correspondance, Tome IV, éd. cit., p. 71.
-
[26]
Fénelon, Explication des maximes des saints, Article II, dans O., I, p. 1015.
-
[27]
Voir Y. Loskoutoff, La Sainte et la Fée. Dévotion à l’enfant Jésus et mode des contes merveilleux à la fin du règne de Louis XIV, Paris-Genève, Droz, 1987, p. 104-115.
-
[28]
Dans une lettre à La Motte, datée du 4 mai 1714, Fénelon évoque, de manière lucrécienne, l’« aimable simplicité d’un monde naissant » (Correspondance, Tome XVI, éd. cit., p. 336).
-
[29]
Fénelon, Sur la simplicité, dans O., I, p. 686-687.
-
[30]
T., Second livre, p. 20-25.
-
[31]
Ibid., p. 24.
-
[32]
Ibid., p. 25.
-
[33]
T., XIIIe livre, p. 222.
-
[34]
T., IIIe livre, p. 33-34.
-
[35]
« Ne craignez rien tant que vous serez petit sous la puissante main de Dieu. Allez, non comme un grand prince, mais comme un petit berger avec cinq pierres contre le Géant Goliath » (Fénelon, Lettre au duc de Bourgogne, vers le 22 septembre 1708, dans Correspondance, Tome XIV, éd. cit., p. 71).
-
[36]
Par exemple : « Au contraire, je vous conjure, ma chère fille, de revenir au recueillement, de communier sans scrupule, et de rentrer avec petitesse et sans résistance à D[ieu] dans l’union qu’il veut » (Fénelon, Lettre à la Comtesse de Montberon, 13 janvier 1708, ibid., p. 10).
-
[37]
T., XIIIe livre, p. 222.
-
[38]
« Un petit enfant les conduira tous » selon la traduction de Lemaître de Sacy. D’après l’abbé Phélippeaux, Fénelon aurait eu l’idée de l’image. M. de Léchelle l’a fait exécuter par Silvestre pour le dessin et pour la couleur par Bertin, et Sébastien Le Clerc enfin l’a gravée. Cette estampe fut distribuée en grand nombre « aux Princes, aux Duc de Beauvilliers & de Chevreuse & à tous les autres amis » (Relation de l’origine, du progrès et de la condamnation du quiétisme répandu en France, s. l., 1732, p. 198-199).
-
[39]
Cité par A.-M. Lecoq, La Leçon de peinture du duc de Bourgogne, op. cit., p. 166. La gravure date des années 1695-1696, elle eut apparemment six états successifs.
-
[40]
Mme Guyon avait composé un poème sur le thème du Livre d’Isaïe : « Dans ce pâturage
Qui les va tous paissant. […] » (Mme Guyon, Poésies et cantiques spirituels…, Cantique CXCVI, Cologne, J. de la Pierre, 1722, Volume 1, p. 326-328).Je vois un troupeau.Le loup est sans rageAuprès de l’agneau ;C’est un enfantQui les va tous paissant.Le tigre féroceMontre sa douceur ;Le lion sans forceSuit son conducteur.C’est un enfant -
[41]
Abbé J. Phélippeaux, Relation de l’origine, du progrès et de la condamnation du quiétisme répandu en France, op. cit., p. 198.
-
[42]
Voir également J.-L. Goré, L’Itinéraire de Fénelon : humanisme et spiritualité, Paris, PUF, 1957, p. 425.
-
[43]
A.-M. Lecoq, La Leçon de peinture du duc de Bourgogne, op. cit., p. 170-172. Voir y. Loskoutoff, La Sainte et la Fée, op. cit., p. 104-115.
-
[44]
Mme Guyon, Manuscrit Saint-Sulpice, pièce 7233 citée par Yvan Loskoutoff (ibid., p. 111).
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[45]
Fénelon, Madame Guyon et Fénelon. Correspondance secrète, éd. B. Sabler, Paris, Dervy-Livres, coll. « L’Arbre de vie », 1982, p. 326.
-
[46]
Mme Guyon, Lettre LXXI, ibid., p. 176.
-
[47]
« Enfantez, allaitez, nourrissez, Dieu fait tout en tous, en vous la mère, en moi l’enfant » (Fénelon, Lettre à Mme Guyon, avril-mai 1690, dans Correspondance, Tome II, éd. cit., p. 162).
-
[48]
Fénelon, Correspondance secrète, Poésie XII, éd. cit., p. 324.
-
[49]
« Soyez pères ; ce n’est pas assez : soyez mères, enfantez dans la douleur, souffrez de nouveau les douleurs de l’enfantement, à chaque effort qu’il faudra faire pour achever de former Jésus-Christ dans un cœur » (Fénelon, Discours prononcé au sacre de l’électeur de Cologne, dans O., II, p. 962).
-
[50]
Comme Fénelon l’écrit aussi dans un poème à la gloire de « dame Raison » :
Qu’il est beau d’être grand et droit » (Fénelon, Correspondance secrète, Poésie XIIter, éd. cit., p. 328). Ailleurs, cependant, la bouillie, sorte d’hostie molle, humectée par le premier lait, est proposée comme un aliment spirituel : Fénelon la conseille par exemple à la comtesse de Gramont pour retrouver le « goût de grandeur dans les vertus » (Lettre à la Comtesse de Gramont, 28 mars 1693, dans Correspondance, Tome II, éd. cit., p. 257) : « Il faut vous rabaisser sans cesse : vous ne vous relèverez toujours que trop. Il faut vous apetisser, vous faire enfant, vous emmailloter, et vous donner de la bouillie » (Lettre à la Comtesse de Gramont, 28 mai (1694-1695), ibid., p. 322).« J’abhorre la bouillie,Je ne veux plus de lait.Tout cela n’est qu’une folie : -
[51]
Un roi « doit croire qu’il ne fait son devoir, que quand il est la houlette en main à faire paître son troupeau, à l’abri des loups » (Fénelon, Lettre au marquis de Louville, 10 octobre 1701, dans Correspondance, Tome X, éd. cit., p. 180).
-
[52]
T., Ve livre, p. 71.
-
[53]
T., VIe livre, p. 79-80.
-
[54]
Ibid., p. 79.
-
[55]
T., XIIIe livre, p. 213.
-
[56]
Ibid., p. 222.
-
[57]
T., Second livre, p. 22.
-
[58]
Pour s’encourager à descendre aux Enfers, Télémaque se souvient qu’Orphée y a réussi à toucher « par le récit de ses malheurs, le cœur de ce dieu [Pluton] qu’on peint comme inexorable » (T., XIVe livre, p. 234).
-
[59]
Cet épisode de la légende d’Orphée est chanté par les nymphes de Calypso (T., Ier livre, p. 7).
-
[60]
Fénelon, « Le Rossignol et la Fauvette », Fables et opuscules pédagogiques, XXIV, dans O., I, p. 220-221.
-
[61]
Ibid., p. 220.
-
[62]
Ibid., p. 221.
-
[63]
Ibid., p. 220.
-
[64]
Fénelon, « Les Aventures d’Aristonoüs », Fables et opuscules pédagogiques, XXXVI, dans O., I, p. 250.
-
[65]
Hésiode, Les Travaux et les Jours, v. 90-94, trad. P. Mazon, Paris, Les Belles Lettres, 1992, p. 89.
-
[66]
Fénelon, « Les Aventures de Mélésichton », Fables et opuscules pédagogiques, XXXV, dans O., I, p. 245.
-
[67]
Ibid.
-
[68]
Fénelon, « Le Rossignol et la Fauvette », XXIV, ibid., p. 221.
-
[69]
Fénelon, Démonstration de l’existence de Dieu, Première partie, dans O., II, p. 509-595.
-
[70]
T., Second livre, p. 24.
-
[71]
Ibid., p. 23.
-
[72]
Ibid.
-
[73]
T., XIIIe livre, p. 221.
-
[74]
Ibid., p. 222.
-
[75]
Ibid.
-
[76]
Genèse, 2, 15.
-
[77]
« Ce n’était point un travail écrasant, mais comme un épanouissement de l’activité, charmée de voir les créations divines prendre avec son concours un aspect plus vivant et une fécondité nouvelle » (saint Augustin, De Genesi ad litteram, VIII, 15, dans Œuvres complètes, trad. sous la direction de M. Raulx, Bar-Le-Duc, 1866, Tome IV, p. 243).
-
[78]
Ibid., p. 244.
-
[79]
Fénelon, « Les Aventures de Mélésichton », Fables et opuscules pédagogiques, XXXV, dans O., I, p. 245.
-
[80]
T., Second livre, p. 23.
-
[81]
T., XIIIe livre, p. 222.
-
[82]
Fénelon, Lettre à l’Académie, Chapitre V, dans O., II, p. 1161.
-
[83]
Ibid.
-
[84]
Fénelon, Démonstration de l’existence de Dieu, Première partie, Chapitre I, dans O., II, p. 509.
-
[85]
T., XIIIe livre, p. 221-222.
-
[86]
C. Cavillac, « Fénelon et le mythe de l’origine des arts », art. cit.
-
[87]
T., Second livre, p. 22.
-
[88]
Ibid., p. 23.
-
[89]
Ibid.
-
[90]
Ibid.
-
[91]
Ibid.
-
[92]
« Jupiter s’irrite contre Apollon, le chasse du ciel et le précipite sur la terre » (ibid.).
-
[93]
T., Second livre, p. 21-22.
-
[94]
Ibid., p. 21.
-
[95]
T., XIe livre, p. 187.
-
[96]
Fénelon, « Les Aventures d’Aristonoüs », Fables et opuscules pédagogiques XXXVI, dans O., I, p. 254.
-
[97]
T., Second livre, p. 22.
-
[98]
« […] la jeunesse la plus enjouée n’a point autant de grâces qu’en avait cet homme dans une vieillesse si avancée » (ibid.).
-
[99]
Ibid.
-
[100]
Ibid. Plus haut, Télémaque s’est dit « accablé d’ennui, faute de quelque instruction qui pût nourrir [s]on esprit et le soutenir » (ibid., p. 21).
-
[101]
« Mon père, les dieux qui m’ont ôté Mentor ont eu pitié de moi. Ils m’ont donné en vous un autre soutien » (ibid.). Le verbe « donner », au centre ici de l’échange symbolique d’un père à l’autre, a été employé à la phrase précédente par Fénelon pour nommer le geste de Termosiris concernant les livres.
-
[102]
T., XIe livre, p. 187.
-
[103]
T., XIIIe livre, p. 222.
-
[104]
Ibid., p. 221.
-
[105]
Ibid.
-
[106]
Ibid.
-
[107]
Ibid.
-
[108]
Ibid.
-
[109]
J.-P. Néraudau, L’Olympe du roi-soleil. Mythologie et idéologie royale au Grand siècle, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Nouveaux confluents », 1986, p. 93.
-
[110]
Ulysse est comparé à Apollon lors de la « rencontre » avec son fils (T., Livre XVIIIe, p. 321).
-
[111]
T., VIe livre, p. 79.
-
[112]
M. Fumaroli, « Académie, Arcadie, Parnasse : trois lieux allégoriques du loisir lettré », dans L’École du silence. Le sentiment des images au XVIIe siècle [1994], Paris, Flammarion, coll. « Champs Flammarion », 1998, p. 27.
-
[113]
Ibid., p. 28.
-
[114]
Ibid., p. 47.
-
[115]
« […] Il voulut qu’on souffrît dans Salente peu d’hommes attachés à ces arts » (T., Xe livre, p. 162).
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[116]
Ibid., p. 165.
-
[117]
T., XVIIe livre, p. 293-296.
-
[118]
Ibid., p. 295.
-
[119]
Ibid., p. 294.
-
[120]
T., Second livre, p. 22.
-
[121]
Fénelon, « Aristée et Virgile », Fables et opuscules pédagogiques, XXIII, dans O., I, p. 219.
-
[122]
Baudelaire, « Théodore de Banville », L’Art romantique, dans Œuvres complètes, éd. cit., p. 1104.
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[123]
Fénelon, Fables et opuscules pédagogiques, XLVI, dans O., I, p. 273.
-
[124]
Fénelon, Démonstration de l’existence de Dieu, Première partie, Chapitre II, dans O., II, p. 520.
-
[125]
Fénelon, « Aristée et Virgile », XXIII, Dialogues des morts, dans O., I, p. 218.
-
[126]
Ibid., p. 219.
-
[127]
Ibid.
-
[128]
Fénelon, Explication des maximes des saints, Article XXXVI, dans O., I, p. 1083.
-
[129]
Fénelon, « Aristée et Virgile », XXIII, Dialogues des morts, ibid., p. 218.
-
[130]
Ibid.
-
[131]
T., Second livre, p. 22.
-
[132]
Voir J. Duchemin, La Houlette et la Lyre. Recherche sur les origines pastorales de la poésie. I. Hermès et Apollon, Paris, Les Belles Lettres, 1960, p. 238-253. On trouvera dans Le Politique de Platon (notamment 268a-268b) la synthèse de ces correspondances étymologiques et sémantiques pour définir le gouvernant.
-
[133]
Fénelon, « Les Abeilles », Fables et opuscules pédagogiques, XXX, dans O., I, p. 229-230.
-
[134]
Ibid., p. 229.
-
[135]
Ibid.
-
[136]
Ibid.
-
[137]
Ibid.
-
[138]
Ibid.
-
[139]
Ibid.
-
[140]
« Les cellules commençaient à se former, et à prendre une figure régulière » (ibid.).
-
[141]
« Vous remplirez la tâche que le destin vous a imposée » (ibid.).
-
[142]
Ibid.
-
[143]
S’il fait partie des régimes recommandés aux sociétés équilibrées, le lait ne doit cependant pas, pour Fénelon, entretenir l’illusion d’une régression au temps fusionnel avec la mère. Le passage au monde adulte et l’incorporation de la présence du père comme altérité ont pour préalable le sevrage. Purifié alors par la loi des abus de sa douceur, le lait devient un vrai souvenir de l’enfance et donc la sève, plus que le sang (trop héroïque ou davantage réservé à la symbolique sacrificielle), de la vie d’adulte. L’envol de Mentor est l’étape pour Télémaque du départ d’une certaine douceur, émolliente, libérant les qualités roboratives et apaisantes de la véritable douceur d’être (T., Livre XVIIIe, p. 326). Dans le désert d’Oasis, les repas de lait, trait des mamelles des chèvres et des brebis, succèdent aux sacrifices à Apollon. On lira ses fêtes lactées comme la récompense du désintéressement et des renoncements qu’implique personnellement pour Télémaque ce moment de l’aventure et que symbolisent collectivement les rituels au temple (T., Second livre, p. 24).
-
[144]
Fénelon, Fragments spirituels, LVII, dans O., I, p. 813.
-
[145]
Fénelon, Exhortation adressée au duc de Bourgogne au moment de sa première communion, ibid., p. 969 (voir aussi Entretiens affectifs pour les principales fêtes de l’année, « Pour le carême », ibid., p. 947).
-
[146]
Fénelon, « Les Aventures de Mélésichton », Fables et opuscules pédagogiques, XXXV, ibid., p. 246.
-
[147]
Ibid.
-
[148]
À Salente, Mentor veut que l’on voie « couler des ruisseaux de lait » (T., Xe livre, p. 165).
-
[149]
Fénelon, « Les Abeilles », Fables et opuscules pédagogiques, XXX, dans O., I, p. 220.
-
[150]
Fénelon, De l’éducation des filles, Chapitre V, ibid., p. 108.
-
[151]
T., IXe livre, p. 137.
-
[152]
T., Second livre, p. 23.
-
[153]
Ibid.
-
[154]
Rousseau, Lettre à d’Alembert, éd. J. Varloot, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1987, p. 297.
-
[155]
Fénelon, Lettre à l’Académie, X, dans O., II, p. 1195.
-
[156]
« Apollon, dépouillé de tous ses rayons, fut contraint de se faire berger et de garder les troupeaux du roi Admète » (T., Second livre, p. 23).
-
[157]
Ibid.
-
[158]
Ibid., p. 24.
-
[159]
Ibid.
-
[160]
T., VIIe livre, p. 105.
-
[161]
Cette réhabilitation est justifiée par Fénelon notamment au Chapitre XII de son traité De l’éducation des filles : « La poésie et la musique, si on en retranchait tout ce qui ne tend point au vrai but, pourraient être employées très utilement à exciter dans l’âme des sentiments vifs et sublimes pour la vertu » (dans O., I, p. 164).
-
[162]
C’est le sujet d’une des faces de la médaille décrite par Fénelon pour le duc de Bourgogne (Fénelon, « La Médaille », Fables et opuscules pédagogiques, XXXVIII, ibid., p. 261).
-
[163]
T., XIVe livre, p. 253.
-
[164]
T., IIIe livre, p. 34.
-
[165]
Fénelon, « Le Rossignol et la Fauvette », Fables et opuscules pédagogiques, XXIV, dans O., I, p. 221.
-
[166]
T., XVIIe livre, p. 290.
-
[167]
Ibid.
-
[168]
« […] l’on chanteroit au lieu de parler » (Rousseau, Essai sur l’origine des langues, Chapitre IV, dans Œuvres complètes, Tome V, éd. cit., p. 383).
-
[169]
« On nous fait du langage des prémiers hommes des langues de Geométres, et nous voyons que ce furent des langues de Poëtes » ou encore : « D’abord on ne parla qu’en poësie » (ibid., respectivement Chapitre II, p. 380 et Chapitre III, p. 381).
-
[170]
Fénelon, Lettre à l’Académie, Chapitre V, dans O., II, p. 1155.
-
[171]
J.-P. Vernant, Mythe et pensée chez les Grecs, I, Paris, Maspero, 1974, p. 87.
-
[172]
Ibid., p. 86.
-
[173]
J.-P. Vernant, « Cosmogonies et mythes de souveraineté », dans Les Origines de la pensée grecque [1962], Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2002, p. 100-118.
-
[174]
M. Détienne, « La mémoire du poète », dans Les Maîtres de vérité dans la Grèce archaïque, Paris, Pocket, coll. « Agora-Les Classiques », 1995, p. 49-70.
-
[175]
J.-P. Vernant, Mythe et pensée chez les Grecs, op. cit., p. 87.
-
[176]
J.-M. Maulpoix, Du lyrisme. En lisant en écrivant, Paris, José Corti, 2000, p. 134.
-
[177]
M. Blanchot, « René Char », dans La Part du feu, Paris, NRF-Gallimard, 1949, p. 104.
-
[178]
« Ah, si j’étois aydé des filles de Mémoire !
[…]
Versailles ce seroit le Palais d’Apollon » (La Fontaine, Les Amours de Psyché et de Cupidon, éd. M. Jeanneret, Paris, Librairie Générale Française, coll. « Le Livre de poche classique », 1991, p. 130). -
[179]
Tels sont les signes favorables d’un des deux côtés de la médaille décrite par Fénelon comme un premier compendium de son projet politique (« La Médaille », Fables et opuscules pédagogiques, XXXVIII, dans O., I, p. 261).
Sylvie Lackenbacher raconte comment les Assyriens, dans les temps anciens, n’imaginaient aucune fondation de palais sans l’assortir d’une histoire. « Récit de construction », cet édifice verbal était prévu pour survivre à la nature éphémère des choses humaines et au délabrement des palais par l’érosion du temps. Il s’agissait d’anticiper la mémoire d’un lieu puissant et nécessairement fragile, et de restaurer à l’avance les pierres abîmées grâce à l’immortalité du récit. Ce processus de conservation antérieure à la dégradation des monuments, Fénelon le transpose analogiquement dans l’œuvre qu’il destine au duc de Bourgogne : le Télémaque s’efforce de conjurer la ruine des palais. Car Fénelon connaît et raconte le destin des cités, que l’Histoire conduit toujours à leur devenir de vestiges, quand les tyrans ou simplement les mauvais rois les y précipitent par hybris ou par ignorance.
En réponse préventive, le Télémaque est conçu pour transmettre une mémoire au futur roi. Ce fonds de souvenirs, imposés par le livre à celui qui le lit, doit empêcher que disparaisse dans le déclin de la monarchie l’espoir d’un gouvernement juste. Soutenu par des leçons universelles, par des tableaux et des actions édifiants, fondé en sagesse, le Télémaque convoque l’élève royal à l’immémorial. L’archivage mythique de l’idéal politique au sein de l’écriture est, pour Fénelon, le moyen de privilégier le territoire d’un monde antérieur : un âge d’or atemporel, un là-bas susceptible de régner sur l’ici, un avant qui gouverne le maintenant et prescrive l’avenir…
Date de mise en ligne : 03/02/2023
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