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23 - Les femmes médiatrices dans les Bibles enluminées et les manuscrits typologiques (xie-xve siècles) : Esther, Judith et Rahab

Pages 333 à 350

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  • Faure, P.
(2012). 23 - Les femmes médiatrices dans les Bibles enluminées et les manuscrits typologiques (xie-xve siècles) : Esther, Judith et Rahab. Dans
  • A. Caiozzo
  • et N. Ernoult
Femmes médiatrices et ambivalentes : Mythes et imaginaires (p. 333-350). Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.caioz.2012.01.0333.

  • Faure, Philippe.
« 23 - Les femmes médiatrices dans les Bibles enluminées et les manuscrits typologiques (xie-xve siècles) : Esther, Judith et Rahab ». Femmes médiatrices et ambivalentes Mythes et imaginaires, Armand Colin, 2012. p.333-350. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/femmes-mediatrices-et-ambivalentes--9782200272814-page-333?lang=fr.

  • FAURE, Philippe,
2012. 23 - Les femmes médiatrices dans les Bibles enluminées et les manuscrits typologiques (xie-xve siècles) : Esther, Judith et Rahab. In :
  • CAIOZZO, Anna
  • et ERNOULT, Nathalie,
Femmes médiatrices et ambivalentes Mythes et imaginaires. Paris : Armand Colin. Recherches, p.333-350. DOI : 10.3917/arco.caioz.2012.01.0333. URL : https://shs.cairn.info/femmes-mediatrices-et-ambivalentes--9782200272814-page-333?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arco.caioz.2012.01.0333


Notes

  • [1]
    Il convient d’ajouter Ruth, qui figure avec Rahab parmi les ancêtres de Jésus (Mathieu 1, 5), mais le livre qui porte son nom n’a pas donné lieu à une iconographie aussi abondante que ceux d’Esther et de Judith dans les Bibles latines. Et excepté le cas des Bibles moralisées du xiiie s. (cf. infra), Ruth ne se trouve pas dans les manuscrits typologiques, notamment dans le Speculum humanae salvationis, alors que sa belle-mère Noémi y figure.
  • [2]
    Raban Maur, Expositio in librum Esther, PL 109, col. 635-670 ; Walafrid Strabo, Glossa in Tobias, Judith, Esther, PL 112, col. 725.
  • [3]
    J. Daniélou, 1950, Sacramentum futuri, Paris, p. 217-232. À l’exception d’Origène, ce sont en effet les auteurs latins qui développent cette tradition : Clément de Rome, Justin, Irénée de Lyon, puis Cyprien, Hilaire de Poitiers et Grégoire d’Elvire.
  • [4]
    E. Auerbach, 2003 [1938], Figura, Paris, notamment p. 57-71.
  • [5]
    Esther a au moins fait l’objet d’une scène sur les fresques de Doura-Europos en Syrie et dans une église de Nole, selon le témoignage de Paulin de Nole. Mais l’art byzantin n’a pas créé de modèles iconographiques. En Occident, Judith a fait l’objet d’une illustration liminaire dans la Bible de Saint-Paul-hors-les-Murs (Rome, Saint-Paul-hors-les-Murs, fol. 234, v. 870).
  • [6]
    Cf. W. Cahn, 1982, La Bible romane, Paris-Fribourg, p. 202, qui range dans le premier groupe, du début du xiie siècle, les Bibles de Cîteaux, de Florence et de Saint-Martin de Weingarten (cf. infra, notes 10, 24 et 27) et dans le second groupe, du dernier art roman, les Bibles de Souvigny (cf. infra, note 12) et d’Erlangen (Erlangen, Universitätsbibl., cod. 1 perg.), cf. W. Cahn, op. cit., cat. 3, p. 252.
  • [7]
    Paris, Bnf, lat. 6, vol. III, fol. 97. Datée de la période entre 1030 et 1060, la Bible de Roda a été conçue pour l’ensemble du cycle vétérotestamentaire au scriptorium de Ripoll, en Catalogne, sous l’abbé Oliba (1008-1046). Elle est apparentée à la Bible de Ripoll (Rome, Bibl. Apost. Vat., lat. 5729, fol. 319). Seul le volume du Nouveau Testament a été réalisé au monastère de Roda. Voir W. Cahn, op. cit, p. 76-78 et cat. 148, p. 293.
  • [8]
    Assuérus est généralement identifié à Xerxès Ier (485-465 av. J.-C.). Il convient de rappeler que ce sauvetage des Juifs de Perse est à l’origine de la fête de Pourim, précédée du jeûne d’Esther.
  • [9]
    Paris, Bnf, lat. 6, vol. III, fol. 97.
  • [10]
    Dijon, [Bibliothèque municipale (Bm)], 14, fol. 122v (1109-1111). Voir W. Cahn, 1982, La Bible romane, Paris-Fribourg, cat. 66, p. 271.
  • [11]
    Bible de Saint-Thierry de Reims, Reims, Bm, 23, fol. 69 (premier quart du xiie s.) ; Reims, Bm, 21, fol. 239 (v. 1100), cf. W. Cahn, op. cit., cat. 101 et 102, p. 280-281.
  • [12]
    Moulins, Bm, 1, fol. 284. Voir W. Cahn, 1967, The Souvigny Bible. A Study in Romanesque Manuscript Illumination, New York. Ces éléments iconographiques sont passés des Bibles romanes aux Bibles de l’âge gothique, voir par exemple une Bible parisienne du troisième quart du xiiie siècle : Paris, Bnf, lat. 17947, fol. 182v.
  • [13]
    Bible des capucins, Champagne, v. 1170-80, Paris, Bnf, lat. 16745, fol. 188 ; cf. W. Cahn, La Bible romane, cat. 97, p. 279-280. La scène du festin était présente aussi dans un célèbre manuscrit de la même période, l’Hortus Deliciarum d’Herrade de Hohenbourg, disparu en 1870.
  • [14]
    Bordeaux, Bm, 1, fol. 314v.
  • [15]
    Le vocabulaire du texte est fluctuant, car saint Jérôme utilise indifféremment virga et sceptrum.
  • [16]
    Quand la disposition de la scène est verticale, il arrive que le roi fasse descendre un long bâton vers Esther. Cf. Londres, British Library, Harley 2804, fol. 130v.
  • [17]
    Cf. W. Cahn, The Souvigny Bible, op. cit., p. 188-189.
  • [18]
    Le Mans, Bm, 262, t. III fol. 53v ; Bourges, Bm, 6, fol. 275v ; Dijon, Bm, 7, fol. 257 milieu xiiie ; Troyes, Bm, 33, t. II fol. 160 ; Besançon, Bm, 4, fol. 221v .; Paris, Bnf, lat 17947, fol. 182v ; Chambéry, Bm, 6, fol. 220 ; Charleville-Mézières, Bm, 107, fol. 178 ; Reims, Bm, 43, fol. 335 (xive ; Toulouse, Bm, 5, fol. 171 seconde moitié xiiie s. ; Troyes, Bm, 106, fol. 131v, Bible glosée du premier quart du xiiie s.
  • [19]
    Orléans, Bm, 7, fol. 271v.
  • [20]
    Alençon, Bm, 54, fol. 57 (1240-50) : Assuérus place sa main gauche sous le menton d’Esther. Sur le sens du geste, cf. F. Garnier, 1989, Le Langage de l’image au Moyen Âge, t. II, La grammaire des gestes, Paris, p. 120-126.
  • [21]
    Rouen, Bm, 1139, fol. 175v (1470-80), Histoire ancienne. Les mains droites des deux protagonistes sont jointes et couvertes par un linge, signe de sacralité de l’union.
  • [22]
    Cf. R. Bartal, 1994, « Le Cantique des Cantiques. Texte et images », Marie, l’art et la société des origines du culte au xiiie siècle, Cahiers Saint-Michel de Cuxa, XXV, Perpignan, p. 121-128. Cf. notamment la Bible de Winchester (1, fol. 270v) et la Bible des Capucins (Paris, Bnf, lat. 16745, fol. 112v).
  • [23]
    Dijon, Bm, 2, fol. 375v, Bible du xiie s. ; Reims, Bm, 23, fol. 69, premier quart xiie s. Dans certains cas il s’agit plutôt d’un geste d’accueil ou de prière : Chambéry, Bm, 35, fol. 115v ; Limoges, Bm, 3, t. II, fol. 54, Bible de la fin du xiie siècle.
  • [24]
    Florence, Bibl. Méd. Laur., Edili 126, fol. 83. Cf. W. Cahn, La Bible romane, p. 155 et Cat. 121, p. 285.
  • [25]
    Tours, Bm, 87 fol. 161 v (milieu xiiie) ; Toulouse, Bm, 9, fol. 311v (milieu xiiie) ; Orléans, Bm, 12, fol. 142v. Dans celle-ci, la gestuelle des mains indique à la fois la médiation et son résultat : la pendaison d’Aman.
  • [26]
    Isidore de Séville, Allegoriae, PL 83, col. 116.
  • [27]
    Bible de Weingarten, Fulda, Hess. Landesbibl., Cod. Aa 16, fol. 133v. Ce manuscrit segmente l’histoire d’Esther en six scènes superposées, ce qui amoindrit la continuité entre les scènes, les rend plus autonomes et favorise l’interprétation typlogique, le renvoi de la reine Vashti signifiant la fin de l’Ancienne Loi et le couronnement d’Esther l’élection de l’Ecclesia. Cf. W. Cahn, op. cit, p. 202 et p. 237.
  • [28]
    La tradition exégétique joue volontiers du procédé de mise en opposition, notamment entre la femme féconde et la femme stérile, par exemple entre Anne et Pennina (1 Sm 1, 2), ou entre la femme vertueuse et la séductrice (cf. l’histoire de Joseph et de la femme de Putiphar, Gn 39, 9-13).
  • [29]
    Clermont-Ferrand, Bm, 1, fol. 193, Bible latine, 1170-80 ; Bible de Souvigny, Moulins, Bm, 1, fol. 284 (fin du xiie s.). Ce phénomène a pu être accentué par la contrainte de la structure de l’initiale du livre d’Esther.
  • [30]
    Toulouse, Bm, 11, fol. 206v (milieu xiiie s.) ; Tours, Bm, 8, fol. 264v (1320) présente un toucher de la couronne par le sceptre.
  • [31]
    W. Cahn, op. cit., p. 202.
  • [32]
    Bible de Winchester, Cathedral Lib. Vol. III, fol. 331v, cf. W. Cahn, op. cit., pl. 202, p. 238 et cat. 38, p. 263 ; W. Oakeshott, 1981, The two Winchester Bibles, Oxford, pl. I, p. 18.
  • [33]
    Bible de Souvigny, Moulins, Bm, 1, fol. 291v ; Bible des capucins, Paris, Bnf, ms. 16745, fol. 178v ; Dijon, 14 (1109), voir W. Cahn, op. cit., cat. 66, p. 271) ; cette scène est passée sans modification notable dans les Bibles de la période gothique : Reims, Bm, 35 (1220), 40 (1320) ; Le Mans, Bm, 262 ; Troyes, Bm, 59 (Bible historiale, 1320) ; on note parfois une variante, Judith plantant son épée dans la poitrine d’Holopherne : Tours, Bm, 8 (1320).
  • [34]
    Clermont-Fd, Bm, 1, cf. W. Cahn, op. cit., cat. 63, p. 270.
  • [35]
    Bible de Souvigny, Moulins, Bm, 1, fol. 292 ; ce sont les bréviaires du xve siècle qui diffusent l’image de Judith avec ses deux attributs conventionnels, l’épée et la tête tranchée d’Holopherne : cf. par exemple Châteauroux, Bm, 2 (1414), Clermont-Fd, Bm, 69 (1482)
  • [36]
    Dijon, Bm, 562, fol. 151v, Histoire ancienne (1260-70).
  • [37]
    Rouen, Bm, 1139, fol. 165, Histoire ancienne jusqu’à César.
  • [38]
    Bible de Roda, Paris, Bnf, lat. 6 (2), fol. 1. Ruth et Booz figurent déjà ensemble dans la première Bible de Charles le Chauve, dite Bible de Vivien (vers 845-851) : Paris, Bnf, 1, fol. 88v.
  • [39]
    Ruth est représentée parfois seule en tête de son livre dans des Bibles du xiie s (Reims, Bm, 22, fol. 118v, premier quart du xiie s.), ou en compagnie de Noémi (Angers, Bm, 9, fol. 53v, second quart du xiiie s.) ; Orléans, Bm, 7, fol. 133, second tiers du xiie s.), en chemin vers Bethléem ou en train de glaner dans le champ de Booz.
  • [40]
    Bible de Roda, Paris, Bnf, lat. 6, fol. 89.
  • [41]
    Antiquités judaïques, V, 1-13.
  • [42]
    Cf. en particulier Paris, Bnf, fr. 12, f.111, (Bruges, xve s.). Tandis que l’armée de Josué sonne de la trompe et donne l’assaut à la ville, Rahab apparaît à la fenêtre d’une tour, en train d’assurer la descente à l’extérieur de l’un des messagers du chef des Hébreux, réfugié dans un panier.
  • [43]
    Cf. J. Daniélou, op. cit., p. 217-232.
  • [44]
    Le Speculum virginum serait à dater vraisemblablement des années 1120-1130 ; voir Einar Már Jónsson, 1995, Le Miroir, naissance d’un genre littéraire, Paris, p. 171-174. La Biblia pauperum semble être apparue au milieu du xiiie siècle en Allemagne méridionale. Cf. G. Schmidt, 1959, Die Armenbibel des 14. Jahrhunderts, Graz-Köln. Parmi les tout premiers exemples d’iconographie typologique au xiie siècle, il faut aussi signaler un manuscrit De Laudibus crucis qui représente la décapitation d’Holopherne par Judith comme image de la victoire de l’humilité sur l’orgueil (Munich, Staatsbibliothek, Clm 14 159, f.4v-5r).
  • [45]
    Cf. J. Lowden, 2000, The Making of the Bibles moralisées, I, The Manuscripts, University Park, The Pennsylvania State University Press.
  • [46]
    On connaît quatre cents manuscrits environ, avec des versions en français, allemand, anglais, tchèque, néerlandais ; l’imprimerie lui assura une large diffusion à partir des années 1470. Le débat sur la datation et l’origine géographique de cette œuvre n’est pas clos mais la provenance strasbourgeoise a été remise en cause et la datation, fixée depuis Émile Mâle à 1324, a été avancée au premier quart du xive siècle. Sur l’état de ces questions, voir B. Cardon, 1996, Manuscripts of the Speculum humanae salvationis in the Southern Netherlands (c. 1410-c. 1470). A Contribution to the Study of the 15th Century Book Illumination and of the Function and Meaning of Historical Symbolism, Louvain, p. 1-41.
  • [47]
    Troyes, Bm, 252, fol. 37v. Cf. E. Már Jónsson, 1995, Le Miroir, naissance d’un genre littéraire, Paris, pl. 5 et p. 177 ; C. Gohdes Goggin, 1984, The Illuminations of the Clairvaux Speculum virginum, Troyes, Bm, 252, Ann Arbor (Michigan), a établi la liste des principaux manuscrits.
  • [48]
    A. de Laborde, Étude sur la Bible moralisée illustrée, vol. V de la Bible moralisée illustrée conservée à Oxford, Paris et Londres, Paris, 1911-1927, pl. 199. Sur l’ensemble du manuscrit, voir J. Lowden, op. cit., p. 139-187.
  • [49]
    L. Weigert, 2003, « Judith et Holopherne, images du vice, images de la vertu », dans C. Lépront, M. de Launay, L. Weigert, Judith et Holopherne, Paris, p. 83-123. La Judith de Cranach, à la beauté distante, et dont les riches parures sont celles d’une dame de la haute société urbaine de l’époque, fait l’objet d’une interprétation politique : elle incarne les villes réformées allemandes en lutte contre l’autorité romaine (p. 100-102).
  • [50]
    Cf. Histoire ancienne jusqu’à César, Rouen, Bm, 1139, fol. 165.
  • [51]
    Nurnberg, Germanisches Nationalmuseum. Cf. Laura Weigert, op. cit., p. 104-111.
  • [52]
    On y trouve Rebecca, la reine de Saba, la Sibylle tiburtine, Anna, Noémi, Judith, la reine Thamar, Abigaël, Yaël, Bethsabée, Esther, une anonyme donnant à boire au prophète Élisée. Il est à noter que deux de ces femmes ne sont pas bibliques : Thamar et la Sybille.
  • [53]
    Cf. J. Lutz et P. Perdrizet, 1907-1909, Speculum humanae salvationis. Les sources et l’influence iconographique, principalement sur l’art alsacien du xive siècle, 2 vol., Mulhouse.
  • [54]
    C. Wetzel, H. Drechseler, 1995, Biblia Pauperum. Die Bilderhandschrift des Codex Palatinus Latinus 871 im Besitz der Biblioteca Apostolia Vaticana Armenbibel, Stuttgart-Zürich, p. 22 et 106.
  • [55]
    W. Neumüller (éd.), 1997, Speculum humanae salvationis, Codex Cremifanensis 243 des benediknerstiftes Kremsmünster, Graz, p. 46-47 et fol. 41v-42r. Cf. aussi Paris, Bnf, lat. 511, f.36v-37r (Alsace, vers 1370-80) ; Marseille, Bm, 89, fol. 36v-f. 37r (v. 1470-1480).
  • [56]
    Cf. Paris, Bnf, lat. 511, fol. 42v-43r ; Marseille, Bm, 89, fol. 42v-fol. 43r.
  • [57]
    Outre sa présence dans le Speculum virginum dès le xiie siècle, cet épisode est illustré au milieu du xiiie siècle dans certaines Bibles richement enluminées, comme celle de Jeanne d’Evreux, dite du cardinal Maciejowski. Cf. S. Cockerell, 1975, Old Testament Miniatures. A Medieval Picture Book with 283 Paintings from the Creation to the Story of David, New York, p. 72-73.
  • [58]
    Ce troisième épisode est extra-biblique : il fait référence à la reine des Massagètes, Tomyris, vainqueur de Cyrus II (558-528), qui aurait noyé la tête du roi mort au combat dans une outre de sang pour venger la mort de son fils, selon Hérodote (L’Enquête, I, 214). Il est possible que l’intégration d’une variante de cet épisode à la typologie chrétienne ait eu lieu par le biais d’une tradition littéraire juive, mais cette hypothèse reste à confirmer.
  • [59]
    W. Neumüller (éd.), 1997, Speculum humanae salvationis, Codex Cremifanensis 243 des benediknerstiftes Kremsmünster, Graz, p.41-42 et fol. 35v-36r du manuscrit. Cf. aussi Paris, Bnf, lat. 511, f.30v-31r ; Marseille, Bm, 89, fol. 30v-31r.
  • [60]
    Marie est figurée en prière, intercédant auprès de son fils, mais aussi comme protectrice sous la forme de la Vierge qui ouvre largement son manteau pour abriter les fidèles, parfois sous la menace d’un démon. Cf. Paris, Bnf, lat. 511, fol. 38v ; Marseille, Bm, 89, fol. 38v.
  • [61]
    Les autres femmes sont Tarbis, fille du roi de Saba, qui sauva sa ville assiégée par Moïse, Mikal, qui sauva son époux David d’une mort certaine (1 Sm 19, 11-17), la femme de Teqoa qui implora David pour le retour en grâce de son fils Absalom (2 Sm 14, 1-24), une habitante d’Abel-Bet-Maaka, qui jeta la tête du rebelle Chèba à Joab (2 Sm 20, 14-22), et une anonyme, qui défendit les habitants de Tébèç et tua l’assaillant Abimélek (Jg 9, 50-55). Esther est le plus souvent représentée : cf. Paris, Bnf, lat. 511, fol. 40 ; Paris, Bnf, lat. 512, fol. 41 ; Marseille, Bm, 89, fol. 40.
  • [62]
    Vienna, Österreichische Nationalbibliothek, Codex Vindobonensis 2554, fol. 35r et fol. 41r. Cf. G. Guest, 1995, Bible moralisée, London, p. 107 et p. 116 ; sur le manuscrit, voir J. Lowden, op. cit., p. 11-54.
  • [63]
    « Marie montre ses seins à son fils et prie pour le peuple. » Cf. W. Neumüller (éd.), 1997, Speculum humanae salvationis, Codex Cremifanensis 243 des benediknerstiftes Kremsmünster, Graz, p. 46-48 et fol. 44r-45r du manuscrit.
  • [64]
    Speculum humanae salvationis, Marseille, Bm, 89, fol. 40-f. 41.
  • [65]
    A. de Laborde, op. cit., pl. 201.
  • [66]
    Bible de Tolède, dite Bible de saint Louis, Cathédrale de Tolède, fol. 80-81, cf. Toledo, Catedral Metropolitana, Fac Similé, Barcelona, Moleiro, 1997 ; Bible d’Oxford-Paris-Londres, Oxford, Bodleian Library, 270b, fol. 94 et 95v. Sur la Bible de Tolède, voir J. Lowden, op. cit., p. 95-137.
  • [67]
    Vienna, Österreichische Nationalbibliothek, Codex Vindobonensis 2554, fol. 63v et fol. 34v. Cf. G. Guest, 1995, Bible moralisée, London, p. 106 ; sur l’ensemble des manuscrits, voir J. Lowden, 2000, The Making of the Bibles moralisées, II, The Book of Ruth, University Park, The Pennsylvania State University Press.

La Bible hébraïque contient un certain nombre de personnages féminins sur lesquels la tradition chrétienne a médité et qu’elle s’est appropriée dans une perspective nouvelle ; il s’agit tantôt de figures historiques, au sens où elles s’inscrivent dans l’histoire du peuple hébreu, tantôt de figures allégoriques, dans des textes poétiques et sapientiaux. C’est aux premières que cette étude est consacrée. Ces figures historiques font en effet l’objet d’un traitement littéraire et iconographique dans la tradition occidentale qui mérite l’attention. Bien qu’elles appartiennent à des textes narratifs, ces femmes, enracinées dans l’histoire juive, acquièrent un statut de femmes exemplaires, de médiatrices, de figures mythiques, par le biais de l’exégèse que leur applique la culture chrétienne antique et médiévale. Parmi les figures féminines de l’Ancien Testament, deux bénéficient d’un rayonnement particulier et dominent par leur présence et les significations qui leur sont attribuées le corpus des images de la femme dans les Bibles romanes et gothiques. Il s’agit d’Esther et de Judith. Il faut rappeler qu’elles sont deux héroïnes qui ont donné leur nom à des livres bibliques, ce qui explique l’attention que leur ont portée les Pères de l’Église et leur valorisation dans l’iconographie médiévale. On y a ajouté Rahab, la courtisane de Jéricho (Josué, 1-6), car elle a le privilège de figurer à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament, et cette originalité lui a valu de bénéficier précocement d’une tradition exégétique en Occident…


Date de mise en ligne : 09/03/2016

https://doi.org/10.3917/arco.caioz.2012.01.0333

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