Introduction
- Par François Bafoil
Pages 5 à 19
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- BAFOIL, François,
- Bafoil, François.
- Bafoil, F.
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Notes
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Comte d’Haussonville, « Le combat contre le vice », in Dottin-Orsini M. et Grojnowski D. (éd.), Un joli monde. Romans de la prostitution, Paris, Robert Laffont, 2008, p. 1037.
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[2]
Mucchielli Laurent, La Découverte du social. Naissance de la sociologie en France, Paris, La Découverte, 1998.
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La revue Archives de l’anthropologie criminelle constitue à cet égard une référence incontournable. Les quelque 23 323 pages de la revue sont désormais accessibles, soit l’intégralité des numéros parus entre 1886 à 1914 : <https://criminocorpus.org/fr/bibliotheque/collections/1/>. À sa création en 1886, la revue se nomme Archives de l’anthropologie criminelle et des sciences pénales, pour devenir en 1893 Archives de l’anthropologie criminelle de criminologie et de pathologie normale et pathologique. Alexandre Lacassagne (1863-1924), médecin et professeur de médecine à Lyon, en est le fondateur et le directeur. Voir Kaluszynski Martine, La République à l’épreuve du crime. La construction du crime comme objet politique 1880-1920, Paris, LGDJ, 2002, p. 29-42. Sur les liens de cette revue avec la psychiatrie et la criminologie, voir Coffin Jean-Christophe, « La place de la psychiatrie dans les Archives d’anthropologie criminelle », Criminocorpus [En ligne], Histoire de la criminologie, 2. Thématiques et théories, 2006 (<http://journals.openedition.org/criminocorpus/122>) ; Kaluszynski Martine, La République à l’épreuve du crime. La construction du crime comme objet politique 1880-1920, Paris, LGDJ, 2002, p. 29-42.
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Voir notamment les travaux d’Alexandre-Jean-Baptiste Parent-Duchâtelet (1837), Charles-Jérôme Lecours (1870), Félix Carlier (1880), Yves Guyot (1882), Charles Virmaître (1893) et Léo Taxil (1893).
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Il s’agit des romanciers dits « naturalistes » de la décennie 1875-1885, et plus précisément ceux que nous analysons au chapitre 5 : Huysmans Karl-Joris, Marthe. Histoire d’une fille, Bruxelles, Jean Gay, 1876 ; de Goncourt Edmond, La Fille Élisa, Paris, Charpentier, 1877 ; de Maupassant Guy, Boule de Suif, Paris, Charpentier, 1880 ; La Maison Tellier, Paris, Victor Havard, 1884 ; « Le Lit 29 », Gil Blas, 8 juillet 1884 ; « Le Port », L’Écho de Paris, 15 mars 1889 ; Zola Émile, Nana, édition GF, présentation, notes, dossier, chronologie, bibliographie mise à jour en 2013 par Marie-Ange Fougère ; Caze Robert, La Sortie d’Angèle, Bruxelles, Henry Kistemaeckers, 1883 ; Guérin Jules, Fille de fille, Bruxelles, Henry Kistemaeckers, 1883 ; Adam Paul, Chair molle. Roman naturaliste, Bruxelles, Auguste Brancart, 1885 ; Tabarant Adolphe, Virus d’amour, Bruxelles, Henry Kistemaeckers, 1886.
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[6]
Il faut compter parmi eux Edgar Degas, Édouard Manet, Henri Toulouse-Lautrec, Louis Anquetin, Jean-Louis Forain, Constantin Guys, Gustave Moreau, Vincent Van Gogh. Dans cette liste des peintres qui s’attachent tous à rendre la misère, la promiscuité des femmes, leur avachissement dans l’ennui et la saleté, Rolla de Gerveix fait exception. Voir Dupin de Beyssat Claire, « La prostituée nue, un motif iconique », in Houbre G. (dir.), Prostitution, des représentations aveuglantes, Paris, Flammarion, 2015, p. 195-200.
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[7]
Que l’on songe à la Traviata (1853) de Giuseppe Verdi et à Manon (1884) de Jules Massenet qui poursuivra dans la même veine avec Thaïs (1894) et Sapho (1897) ; que l’on pense également aux chansons de rues dont la prostituée et son souteneur, la fille et le mauvais garçon sont les acteurs principaux (Gonzalez-Quijano Lola, Capitale de l’amour. Filles et lieux de plaisir à Paris au xixe siècle, Paris, Vendemiaire, 2015, p. 165-187). Si la Carmen de Bizet n’est pas à proprement parler une prostituée, elle n’en est pas moins une fille à soldats, qui s’échappe de son usine de tabac de Séville, comme des différentes prisons dans lesquelles elle est fréquemment jetée, corrompant les militaires et autres représentants de l’ordre.
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[8]
Parent-Duchâtelet Alexandre-Jean-Baptiste, De la prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l’hygiène publique, de la morale et de l’administration, Tome II, Paris, J.-B. Baillière, 1857, p. 513-514.
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Sauf peut-être dans la colonie où Christelle Taraud montre que cette politique est instaurée au Maghreb, alors même que le constat de son échec est dressé en métropole, et que les maisons clandestines fleurissent. Il est à noter que dès les premiers jours de l’occupation française de l’Algérie en Juilllet 1830 est instauré le premier service sanitaire de la prositution sur le modèle existant en métropole. Voir Taraud Christelle, La Prostitution coloniale (Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962), Paris, Payot, 2003. Voir également Kerrou Mohamed et M’halla Monceff, « La prostitution dans la Medina de Tunis au xixe et au xxe siècles », Annuaire de l’Afrique du Nord, T. XXX, 1991, p. 201-221. Si Christelle Taraud parle « d’un monde de la ségrégation » qui distingue l’Algérie de l’Indochine française, dans ce dernier territoire de l’empire francais, Isabelle Tracol-Huynh affirme qu’à l’exception des bordels militaires de campagne (les BMC, réservés aux militaires), « il n’y a aucune discrimination en ce qui concerne les maisons de tolérance. Ici, civils et militaires, Européens et Asiatiques fréquentent les mêmes maisons », in Tracol-Huynh Isabelle, « Encadrer la sexualité au Viêt-Nam colonial : police des mœurs et réglementation de la prostitution (des années 1870 à la fin des années 1930) » Genèses, n° 86, 2012, p. 55-77.
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[10]
Benabou Érica-Marie, La Prostitution et la police des mœurs au xviiie siècle, Paris, Librairie académique Perrin, 1987, p. 27.
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[11]
Guyot Yves, La Prostitution, Paris, Charpentier, 1882, p. 95. Ces chiffres sont cités à de nombreuses reprises, notamment dans Taxil Léo, La Corruption fin-de-siècle, Paris, Georges Carré, 1894.
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[12]
Lecour Charles-Jérôme, La Prostitution à Paris et à Londres 1780-1870, Paris, Librairie de la Faculté de médecine, 1870, p. 120. Sur la situation de la prostitution sous la Révolution jusqu’à l’Empire, voir Plumauzille Clyde, Prostitution et révolution. Les femmes publiques dans la cité républicaine (1789-1804), Paris, Champ Vallon, 2016. Sur la spatialisation de la prostitution durant cette période, voir Plumauzille Clyde, « Le “marché aux putains” : économies sexuelles et dynamiques spatiales du Palais-Royal dans le Paris révolutionnaire », Genre, sexualité & société [En ligne], n° 10, 2013 (<http://journals.openedition.org/gss/2943>).
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[13]
Adler Laure, La Vie quotidienne dans les maisons closes de 1830 à 1930, Paris, Hachette, 1980, p. 31.
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[14]
C’est le chiffre qu’avance Maxime du Camp : Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie dans la seconde moitié du xixe siècle, Paris, Librairie Hachette, 1879, p. 1027.
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[15]
Corbin Alain, Les Filles de noce. Misère sexuelle et prostitution au xixe siècle, Paris, Flammarion, 1978, p. 239-240. Le préfet Lépine abaisse ce nombre à moins de dix mille en 1905 (p. 240).
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[16]
Parmi les prostituées, deux classes de « filles publiques » se distinguent : les « encartées » et les « insoumises », même si cette distinction est plus ou moins nette dans la mesure où les premières sont souvent d’anciennes « insoumises » et ces dernières, des « encartées » qui ont quitté les lieux clos pour échapper à toute forme de contrôle, notamment ceux de la police et des services d’hygiène. La première catégorie désigne les filles enregistrées dont une grande partie travaillent en maison, « maisons de tolérance » ou « maisons closes » ou encore bordels étroitement contrôlés par l’administration et la police. À l’opposé, sont dites « insoumises » celles qui ne se soumettent pas à la réglementation et se cachent.
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[17]
Benabou Érica-Marie, op. cit., p. 31.
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[18]
Guyot Yves, op. cit., p. 96. Selon lui, « toutes ces définitions se bornent à dire : est prostituée une prostituée » (p. 93). En Grande-Bretagne, un colonel déclare devant la Chambre des Lords : « une prostituée commune est une femme qui soumet sa personne à des relations sexuelles ou est raisonnablement suspectée de le faire, pour son propre profit ou celui d’un autre. » (p. 93). Sur le combat de Yves Guyot contre le réglementarisme et les abus commis par la police des mœurs, voir Corbin Alain, Les Filles de noce…, op. cit., p. 450 sqq ; Berlière Jean-Marc, La Police des mœurs sous la IIIe République, Paris, Le Seuil, 1992, p. 133 sqq.
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[19]
Guyot Yves, op. cit., p. 95.
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[20]
« Jamais l’Ancien Régime n’eut de règles précises en matière de détermination et de preuve du délit. » Benabou Érica-Marie, op. cit., p. 33.
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[21]
Berlière Jean-Marc, « La police des mœurs sous la IIIe République. Limites et réalités d’une police républicaine », in Curapp (dir.), Les Bonnes mœurs, Paris, PUF, 1994, p. 271.
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[22]
À compter de la seconde moitié du xixe siècle, la crise de l’emploi dans les milieux ruraux accélère les migrations vers les villes accusant ainsi fortement le clivage entre les campagnes et les villes. Entre 1876 et 1911, le solde négatif s’élève pour la campagne à trois millions d’individus. Dans la courte période 1906-1911, la population rurale baisse de 618 000 et la population urbaine croît de 866 000 personnes. En rendent compte le déclin de la valeur de la propriété agricole qui baisse d’un tiers entre 1881 et 1913 et le prix du blé qui passe de 38 francs le quintal en 1850 à 20 francs en 1890. S’y ajoute, dans les années 1880, la grave crise du phylloxera qui frappe les départements du Sud. Voir Smith Timothy, « Assistance and repression : Rural exodus, vagabondage and social crisis in France, 1880-1914 », Journal of Social History, vol. 32, n° 4, 1999, p. 821-846.
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[23]
Postel Jacques et Quetel Claude, « La théorie de la dégénérescence », in Nouvelle histoire de la psychiatrie, Paris, Dunod, 2012, p. 233-238. La pensée de la dégénérescence qui fleurit au xixe siècle sur fond de la morale chrétienne, du péché et de la culpabilité associe une réflexion sur les causes individuelles et générales (« prédisposantes » d’un côté et « déterminantes » de l’autre) à la pensée de l’évolution perçue sous l’angle de la dégradation pathologique.
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[24]
Tarde Gabriel, « Foules et sectes au point de vue criminel », Revue des deux mondes, 15 novembre 1893, p. 369.
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[25]
Sur les fantasmes attachés à l’utérus, perçu comme la source de l’inflammation des esprits féminins et la cause des excès de la sexualité féminine, voir Swain Gladys, « L’âme, la femme, le sexe et le corps. Les métamorphoses de l’hystérie à la fin du xixe siècle », Le Débat, n° 24, 1983, reproduit in Dialogues avec l’insensé, Paris, Gallimard, 1994, p. 215-236 ; Edelman Nicole, « Représentation de la maladie et construction de la différence des sexes. Des maladies de femmes aux maladies nerveuses, l’hystérie comme exemple », Romantisme, n° 110, 2000, p. 73-87 ; Postel Jacques et Quetel Claude, « La question de l’hystérie », Nouvelle histoire de la psychiatrie, Paris, Dunod, 2012, p. 283-294. De même, liée à l’hystérie, la chlorose comme « folie pubertaire » in Corbin Alain, « Coulisses », in Ariès P. et Duby G. (dir.), Histoire de la vie privée. Tome IV : De la Révolution à la Grande Guerre, Paris, Point, 1999, p. 383-562 ; Starobinski Jean, « Sur la chlorose », Romantisme, n° 31, 1981, p. 113-130.
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[26]
Fournier Alain, Traité de la syphilis, Paris, J. Rueff, 1899.
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[27]
Chiffres cités in Sohn Anne-Marie, Du baiser à l’alcôve. La sexualité des Français au quotidien (1850-1950), Paris, Aubier, 1996, p. 110. L’auteure souligne que la maladie vénérienne est rarement évoquée dans les témoignages recueillis, qui reflètent une large sous-estimation du danger encouru.
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[28]
Coffin Jean-Christophe, « La place de la psychiatrie dans les Archives d’anthropologie criminelle », art. cité.
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[29]
Corbin Alain, Les Filles de noce…, op. cit., p. 488.
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[30]
Sur cette notion de Grande Peur associée à la syphilis et la littérature, voir Marx Jacques, « Une avarie majeure. L’image de la syphilis dans la littérature du xixe siècle », in Bertaud M. (dir.), Travaux de littérature. Volume XVI, Les Grandes Peurs, 1. Diable, fléaux, etc., Genève, Droz, 2003, p. 189-205. L’auteur rappelle les nombreux écrivains victimes de la syphilis : Stendhal, Baudelaire, Heine, Gautier, Flaubert, Maupassant, Jules de Goncourt. Fût-ce sous le nom de vérole, la syphilis est déjà présente dans l’œuvre de Balzac (La Cousine Bette et La Rabouilleuse) puis se développe avec Barbey d’Aurevilly (La Vengeance d’une femme), et surtout dans les romans analysés au chapitre iv (ceux de Maupassant, Huysmans, de Goncourt, Adam, Tabarant, Caze), et au chapitre v (celui de Victor Margueritte).
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[31]
Les historiens datent la Belle Époque du début de l’exposition universelle de 1896. Parmi les nombreux ouvrages qui sont consacrés à la Belle Époque, dont l’expression est en réalité formulée dans les années 1930, voir Lejeune Dominique, La France de la Belle Époque (1896-1914), Paris, Armand Colin, 2011 (6e édition) ; Le Guennec François et Zmelty Nicolas Henry, La Belle Époque des femmes ? 1889-1914, Paris, L’Harmattan, 2013 ; également Girardet Raoul, Le Nationalisme français : 1871-1914, Paris, Le Seuil, 1972 ; Winock Michel, La Belle Époque. La France de 1900 à 1914, Paris, Poche, 2003, et La France politique. xixe-xxe siècle, Paris, Le Seuil, 2003 ; Reberioux Madeleine, La République radicale ? 1898-1914, T. XI, Paris, Le Seuil, 1975 ; Charles Christophe, Les Élites en France, 1880-1900, Paris, Fayard, 1987.
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[32]
Foucault Michel, Histoire de la sexualité, Tome 1, La volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976. Dans cet ouvrage (auquel il convient d’associer Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1977), Foucault interprète le xixe siècle à la lumière de « l’hypothèse répressive » selon laquelle la volonté de tout dire sur la sexualité est portée par l’ambition de contrôler ses différentes pratiques publiques et privées dans le but de préserver la pérennité d’un ordre social, posé comme source exclusive des normes de la santé morale.
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[33]
Corbin Alain, Les Filles de noce, op. cit. ; « Coulisses », art. cité.
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[34]
Perrot Michelle, « En marge, célibataires et solitaires », in Ariès P. et Duby G. (dir.), op. cit., p. 287-303.
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[35]
On pense ici notamment aux travaux de Gabriel Désert (1977), Laure Adler (1980), Jacques Termeau (1986, 1987), Pierre Darmon (1989), Jean-Marc Berlière (1992), Dominique Kalifa (1995, 2018), Mireille Dottin-Orsini, Daniel Grojnowski (2008, 2017), Gabrielle Houbre (2006, 2015), Lola Gonzalez-Quijano (2015), tous largement mobilisés dans les chapitres qui suivent (voir bibliographie finale).
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[36]
Cabanès Jean-Louis, « Invention(s) de la syphilis », Romantisme, n° 94, 1996, p. 89-109.
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[37]
Bafoil François, Politiques de la destruction. Trois figures de l’hallucination en politique, Paris, Éditions Hermann, 2021.
La défaite de 1870 et la Commune qui lui a fait suite ont pu être analysées dans les termes de la « punition » et de la faute, « l’instant de la défaillance première, comme l’écrit d’Haussonville, dont toutes les autres ont été la conséquence finale, le moment où la route âpre et droite a été abandonnée pour celle plus facile et plus douce qui a conduit jusqu’à l’abîme ». Les décennies qui suivent le désastre national français semblent être placées sous ce jugement stigmatisant la déchéance individuelle et nationale. Nombreux sont alors ceux qui traquent la faute, l’analysent et la classent pour finalement isoler, au sein d’un vaste spectre de coupables parmi lesquels on trouve le Juif et le vagabond, la figure sans doute la plus menaçante parce que la plus ardemment désirée : la femme. La femme qui s’égare dans l’adultère et, plus encore, qui se dissimule sous les traits de la prostituée et dont la trace aboutit à l’homosexuel. La femme, une nature viciée qui menace l’ordre social à l’origine des bouleversements dont les foules en colère témoignent et dont les études scientifiques comme les romans naturalistes individualisent puissamment le type en l’incarnant dans les figures soit de criminelles, soit d’héroïnes, toutes aliénées à elles-mêmes.
Or, une fois scientifiquement fixée, dans les années 1880-1890, l’image de la femme coupable en son essence se brouille sous l’effet d’un autre discours qui prend cette fois pour objet non plus les traits physiques – crânes, os ou encore mimique…
Date de mise en ligne : 17/02/2025
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