« Le féminisme est un mouvement de femmes »
- Par Christine Bard
Pages 33 à 39
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- BARD, Christine,
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Jusqu’en 1891, le mouvement pour les droits des femmes est souvent qualifié de « mouvement féminin ». Le qualificatif « féministe » se banalisera ensuite mais il est révélateur d’une certaine confusion car on trouve aussi souvent le masculin pluriel pour qualifier les féministes. Il y a comme une hésitation. Pour la philosophe chrétienne Léontine Zanta, le féminisme est l’expression du féminin. Pour l’historien féministe Léon Abensour (Le Problème féministe, 1927), c’est « une réaction de la conscience individuelle et de la conscience collective des femmes contre l’injustice et l’illogisme de la condition qui leur est faite » mais un peu plus loin, c’est une autre proposition, universaliste*, qu’il met en avant : « Le féminisme ? Il tient tout entier dans cet article de la Déclaration des droits de l’Homme “Tous les hommes (entendre tous les êtres humains) naissent et demeurent libres et égaux en droit”. » Que penser alors ? Combat mixte ou féminin ? Spécifique ou universel ?
Les hommes féministes forment, dans le mouvement militant, une minorité non négligeable. Des associations ont à cœur d’avoir un bureau parfaitement mixte. Il existe aussi une tradition de « féminisme au masculin » : Condorcet est mentionné pour avoir défendu les droits civiques des femmes pendant la Révolution française ; Victor Hugo apporta son concours. C’est en l’écoutant en 1872 dénoncer l’esclavage des femmes qu’Hubertine Auclert décida de se consacrer à la cause. C’est un homme (franc-maçon), Léon Richer, qui fonde avec Maria Deraismes le féminisme républicain…
Date de mise en ligne : 25/08/2020
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