Chapitre d’ouvrage

5. Le cadre de la résolution de conflit

Pages 167 à 185

Citer ce chapitre


  • Sylvand, B.
(2023). 5. Le cadre de la résolution de conflit. Faciliter la résolution de conflit (p. 167-185). InterEditions. https://shs.cairn.info/faciliter-la-resolution-de-conflit--9782729623005-page-167?lang=fr.

  • Sylvand, Benjamin.
« 5. Le cadre de la résolution de conflit ». Faciliter la résolution de conflit, InterEditions, 2023. p.167-185. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/faciliter-la-resolution-de-conflit--9782729623005-page-167?lang=fr.

  • SYLVAND, Benjamin,
2023. 5. Le cadre de la résolution de conflit. In : Faciliter la résolution de conflit. Paris : InterEditions. Accompagnement et Coaching, p.167-185. URL : https://shs.cairn.info/faciliter-la-resolution-de-conflit--9782729623005-page-167?lang=fr.

Comment changer de paradigme pour passer d’une logique mécaniste et antagoniste POUR/CONTRE à une dynamique constructive et engageante AVEC/SANS ?
Le paradoxe de la résolution de conflit est que l’initiation même de son processus est énantiodromique, il implique son contraire : la réalisation même de la résolution de conflit dissout de facto le conflit et transforme la nature de l’interaction dans la situation.
La résolution de conflit suppose de modifier son point de vue en révisant ses croyances pour faire AVEC ou SANS l’autre plutôt que de faire POUR ou CONTRE lui. L’interaction et la relation à l’autre s’inscrivent sur un terrain d’entente possible, un « nous », un objectif commun partagé, des projets collectifs et des actions conjointes.
Cette terminologie de terrain d’entente, d’objectif commun partagé, de projets collectifs et d’actions conjointes, empruntée à la linguistique (Clark, 2012), est particulièrement éclairante pour la résolution de conflit.
Pour reprendre l’analogie des filtres polarisés, l’espace du conflit peut être compris comme l’intersection des cadres de référence des parties prenantes lorsque ceux-ci sont orientés de manière antagoniste.
L’impression d’intrusion et d’oppression de sa sphère personnelle, la réduction de son espace proxémique (Hall, 2014) provoque le sentiment de contrainte, de contrition, de carcan et de ne pas pouvoir agir de manière satisfaisante du fait de l’intention attribuée à l’autre.
Cette contrainte vécue se traduit par un déséquilibre dans l’espace cognitif, le réseau inférentiel des croyances de la personne qui ne peut plus tirer les inférences qu’elle tirait auparavant, avec le sentiment d’une perte de cohérence, une contraction de l’espace de certitude et une diminution de l’espace des possibles conçus comme accessibles et actualisables, c’est-à-dire le sentiment de perte de capacités ou de capabilités, du pouvoir d’exprimer son plein potentiel…


Date de mise en ligne : 30/09/2024

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