Histoire d’un génome 2.0 : 25 ans de recherches sur l’effet fondateur québécois
- Par Claude Bhérer
Pages 65 à 80
Citer ce chapitre
- BHÉRER, Claude,
- NOOTENS, Geneviève
- et VÉZINA, Hélène,
- Bhérer, Claude.
- Bhérer, C.
- G. Nootens
- et H. Vézina
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- Bhérer, C.
- G. Nootens
- et H. Vézina
- Bhérer, Claude.
- BHÉRER, Claude,
- NOOTENS, Geneviève
- et VÉZINA, Hélène,
Notes
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[1]
Gérard Bouchard a développé cette question dans un contexte plus large. Dans un ordre d’idées qui s’éloigne du sujet principal de cet article, il a notamment proposé que l’idée d’homogénéité des Canadiens français a des racines plus anciennes. Ainsi, la supposition d’homogénéité génétique de la population constituerait une sorte de prolongement du « mythe » de l’homogénéité culturelle et sociale des Canadiens français qui a été véhiculé dans l’historiographie québécoise depuis le début du XXe siècle.
-
[2]
La diversité génique estime la probabilité de tirer au hasard deux individus porteurs d’un même haplotype (séquence de marqueurs génétiques) hérité d’un ancêtre commun. Cette statistique est basée sur le nombre d’haplotypes et leur fréquence. Plusieurs autres estimateurs de la diversité génétique peuvent être utilisés pour comparer des populations, et chacune de ces mesures comporte ses avantages, désavantages et limites dans l’interprétation.
La formation d’une nouvelle population est un processus
démographique qui peut jouer un rôle déterminant dans le
façonnement de son patrimoine génétique. De nombreux
peuplements ont marqué l’histoire évolutive de notre espèce.
Depuis leur origine en Afrique, les humains ont progressivement peuplé les autres continents par une série d’événements de
formation de nouvelles populations et d’expansions territoriales
(Nielsen et al., 2017). C’est aussi au cours des dernières dizaines de
milliers d’années qu’ont émergé les différences biologiques entre
les populations hors d’Afrique. Dès lors, comprendre comment
les processus de peuplement ont façonné ces différences est une
question centrale pour comprendre l’évolution de notre espèce.
En génétique des populations, l’effet fondateur est un concept
utilisé pour décrire les conséquences génétiques de la formation
d’une nouvelle population par un nombre limité de fondateurs.
Défini par Ernst Mayr en 1942, ce phénomène a été bien étudié
théoriquement (Nei et al., 1975 ; Allendorf, 1986 ; Watterson, 1984 ;
Tajima, 1989). Sous un modèle simple, un petit nombre de fondateurs quitte une population pour coloniser un nouveau territoire
et donner naissance à une population qui connaîtra ensuite une
croissance démographique de façon isolée, sans autre apport
migratoire. Puisque les fondateurs n’apportent qu’une fraction
de la diversité génétique de la population d’origine, l’effet fondateur implique nécessairement une perte de diversité. Ceci signifie
que certains variants génétiques (ou gènes) présents dans la
population d’origine seront absents dans la nouvelle population…
Date de mise en ligne : 21/03/2024
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