10. Les abolitions en Amérique (fin du XVIIIe-XIXe siècle)
Pages 227 à 248
Citer ce chapitre
- COQUERY-VIDROVITCH, Catherine
- et MESNARD, Éric,
- Coquery-Vidrovitch, Catherine.
- et al.
- Coquery-Vidrovitch, C.
- et Mesnard, É.
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Notes
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[1]
Marcel Dorigny (dir.), Les Abolitions de l’esclavage, de L. F. Sonthonax à V. Schœlcher, Presses universitaires de Vincennes/Unesco, Saint-Denis, 1995. Nelly Schmidt, L’Abolition de l’esclavage, op. cit.
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[2]
Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la révolution haïtienne, Les Perséides, Rennes, 2005. Voir les extraits de la première Constitution haïtienne en annexe, p. 289-290.
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[3]
Dominicain, évêque du Chiapas (Mexique) et auteur d’une Histoire générale des Indes et d’une Très Brève Relation de la destruction des Indes, Chandeigne, Paris, 2000.
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[4]
R.P. Jean-Baptiste Du Tertre. Histoire générale des Antilles habitées par les Français, op. cit.
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[a]
La Society of Friends fut fondée par George Fox en 1688. Il se fit l’apôtre de la lumière intérieure. Dans les réunions, celle-ci se manifestait par des discours improvisés, mais aussi par des tremblements de ferveur (quakers signifiant littéralement « trembleurs » en anglais). Les quakers proclamaient la fraternité et l’égalité entre tous les hommes. Fox prêcha sa doctrine en Irlande, aux Antilles, en Amérique du Nord, où William Penn fonda, selon leurs principes, la colonie de Pennsylvanie. Il y avait environ 90 000 quakers des deux côtés de l’Atlantique vers 1750. Anthony Benezet, un quaker d’origine française installé à Londres puis à Philadelphie, prêcha l’interdiction de la traite et l’abolition de l’esclavage. Il ne se contentait pas d’en dénoncer le caractère impie, mais il imaginait une solution qui associait « sortie de l’esclavage » et besoins en main-d’œuvre. En 1775, il convoqua la première réunion de la Société pour la libération des nègres libres illégalement détenus en esclavage. La plupart de ses membres étaient des quakers qui fondèrent en 1784 la Société de Pennsylvanie pour l’abolition de l’esclavage.
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[a]
Le Danemark fut le premier État européen à abolir la traite en 1803. L’abolition britannique précéda d’un an celle des États-Unis. La France, qui avait en 1794 aboli l’esclavage avant sa restauration en 1802, n’avait pas formellement aboli la traite.
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[7]
Ces arguments d’ordre économique furent, notamment, énoncés par Thomas Clarkson dans An Essay on the Impolicy of the African Slave Trade, 1788.
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[8]
Hugh Thomas, La Traite des Noirs, op. cit., p. 539 sq.
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[a]
Clarkson est l’auteur d’une grande planche avec plans et coupes du navire négrier le Brooks dont la précision relève de l’une des méthodes de propagande adoptées par les abolitionnistes anglais : la preuve par les faits. La multitude indifférenciée d’esclaves représentés sur les plans du navire de la manière la plus froide possible procure une impression d’étouffement. Les plans du Brooks furent diffusés massivement, y compris en France, où Mirabeau fit faire une maquette qui s’en inspirait.
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[10]
Jean Ehrard, « L’esclavage devant la conscience nationale des Lumières françaises. Indifférence, gêne, révolte », in Marcel Dorigny (dir.), Les Abolitions de l’esclavage, op. cit., p. 143 sq.
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[11]
Article « Esclavage » du chevalier Louis de Jaucourt dans le tome V de l’Encyclopédie publié en 1755.
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[12]
Louis-Sébastien Mercier, L’An 2440. Un rêve s’il en fût jamais, La Découverte, Paris, 1999 (1re édition 1771).
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[a]
Les physiocrates critiquèrent le mercantilisme et prônèrent la liberté du commerce et du travail. Ces économistes influencèrent les réformes de Turgot au début du règne de Louis XVI. Le marquis de Mirabeau, père de l’orateur révolutionnaire, et Dupont de Nemours prirent position contre le système esclavagiste.
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[14]
Cet ouvrage a connu au moins trente éditions entre 1770 et 1787, auxquels s’ajoutèrent quelques anthologies. Pour la troisième édition, en 1772, Raynal demanda à Diderot, dont il ne partageait pas les convictions anticolonialistes, de revoir et d’augmenter considérablement le nombre de pages de l’ouvrage. Yves Bénot a préfacé et publié aux éditions Maspero, en 1981, un choix de textes extraits de l’édition de 1781.
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[15]
Abbé Raynal, Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, Maspero, Paris, 1981, p. 202-203.
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[16]
Ce livre fut publié sous le pseudonyme du pasteur Joachim Schwartz.
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[17]
On attribue à Dubucq la publication en 1785 de Lettres critiques et politiques sur les colonies, qui sont une réponse au livre de Raynal. Pierre-Victor Malouet publia en 1788 un Mémoire sur l’esclavage des nègres, une réponse à Condorcet. Ces ouvrages eurent une diffusion limitée, mais leurs auteurs, colons et hauts fonctionnaires, étaient influents.
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[a]
Après avoir été embastillé pour ses écrits, Jacques-Pierre Brissot (1754-1793) voyagea en Amérique et en Angleterre, d’où il revint persuadé de la justesse des revendications des abolitionnistes britanniques. Il fonda en 1789 Le Patriote français et fut député à l’Assemblée législative et à la Convention. Ministre en 1792, il s’opposa à la Montagne. Proscrit avec les girondins (ou « brissotins ») en mai 1793, il fut arrêté et exécuté en octobre 1793.
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[19]
Yves Bénot, La Révolution française et la fin des colonies, La Découverte, Paris, 1988.
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[20]
Dans l’Atlas des esclavages, op. cit., p. 51, Marcel Dorigny et Bernard Gainot présentent une carte de la répartition des cahiers de doléances faisant référence à l’abolition.
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[21]
Article 29, cahier de doléances du tiers état de Champagney, conservé aux archives de Vesoul.
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[22]
Lucien Abenon, Jacques de Cauna et Liliane Chauleau, La Révolution aux Caraïbes, op. cit., p. 117.
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[a]
Boukman, qui s’imposa comme le meneur de l’insurrection, était semble-t-il un chef religieux. Il aurait fait prêter aux conspirateurs qui préparaient le soulèvement un serment de vengeance contre les Blancs. Ce serment fut scellé par le sacrifice d’un cochon noir dont ils burent le sang. Cette sorte de pacte s’inspirait probablement de traditions de l’Afrique occidentale. Les pratiques religieuses favorisèrent le soulèvement et se combinèrent avec une organisation politique qui permit de mener à bien l’insurrection avec comme objectif proclamé par les « chefs de bande » : jouir de la liberté que leur conféraient les droits de l’homme. Certains insurgés étaient persuadés que le roi de France les avait affranchis, mais que les maîtres refusaient de se soumettre à sa volonté.
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[24]
Cyril L.R. James, Les Jacobins noirs, op. cit. Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde, op. cit.
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[25]
Aimé Césaire, Toussaint Louverture, op. cit. Jacques de Cauna (dir.), Toussaint Louverture et l’indépendance d’Haïti, Karthala/SFHOM, Paris, 2004.
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[26]
Yves Benot, La Révolution française et la fin des colonies, op. cit. Benot propose une analyse rigoureuse de l’articulation entre la politique coloniale de la Révolution et les processus révolutionnaires antillais.
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[27]
Frédéric Régent, Esclavage, métissage, liberté, op. cit.
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[28]
Yves Benot, La Démence coloniale sous Napoléon, La Découverte, Paris, 1991. Gilles Manceron, Marianne et les colonies. Une introduction à l’histoire coloniale de la France, La Découverte, Paris, 2003, p. 63-79.
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[a]
Louis Delgrès est né à la Martinique en 1766. « Libre de couleur », il adhéra aux idéaux de la Révolution. Il combattit dans les armées révolutionnaires et devint colonel d’infanterie. Il dirigea à partir du 10 mai la résistance contre les troupes envoyées par Bonaparte. Commandant en chef de la force armée de la Basse-Terre, il fit afficher sur les murs une « proclamation » dont voici un extrait : « C’est dans les plus beaux jours d’un siècle à jamais célèbre par le triomphe des Lumières et de la Philosophie qu’une classe d’infortunés qu’on veut anéantir se voit obligée d’élever la voix vers la postérité, pour lui faire connaître, lorsqu’elle aura disparu, son innocence et ses malheurs. […] Nos anciens tyrans permettaient à un maître d’affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la Philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de l’autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d’hommes noirs, ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l’esclavage. […] La résistance à l’oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause. Elle est celle de la Justice et de l’Humanité. […] Et toi, Postérité, accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits. » Jacques Adélaïde-Merlande, Delgrès ou la Guadeloupe en 1802, Karthala, Paris, 1986.
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[30]
Lucien Abenon, Jacques de Cauna et Liliane Chauleau, La Révolution aux Caraïbes, op. cit., p. 215.
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[31]
L’écrivain cubain Alejo Carpentier a écrit un roman magnifique, Le Siècle des Lumières (Gallimard, Paris, 1977), dont Victor Hugues est un personnage central.
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[32]
Leclerc, chef français de l’expédition, 18 septembre 1802.
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[33]
Proclamation du général en chef, Jean-Jacques Dessalines, au peuple d’Haïti, le 1er janvier 1804, an Ier de l’indépendance : « Citoyens, Ce n’est pas assez d’avoir expulsé de votre pays les barbares qui l’ont ensanglanté depuis deux siècles ; ce n’est pas assez d’avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux ; il faut, par un dernier acte d’autorité nationale, assurer à jamais l’empire de la liberté dans le pays qui nous a vus naître ; il faut ravir au gouvernement inhumain, qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir ; il faut enfin vivre indépendant ou mourir […]. » Jean-Jacques Dessalines, ancien esclave qui avait vaincu les troupes françaises commandées par Rochambeau, fut proclamé empereur en février 1804. Il promulgua une constitution le 20 mai 1805 (voir supra, annexe, p. 291-292). Son règne fut bref. Après son assassinat, en 1806, ses principaux lieutenants se disputèrent la succession, sur fond d’opposition entre Noirs et Mulâtres. Henri Christophe devint roi au Nord, tandis que Pétion devint président de la République au Sud.
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[a]
Le 11 juillet 1825, sous la menace d’une escadre de quatorze vaisseaux et cinq cents canons, le président haïtien Jean-Pierre Boyer se résigna à signer un traité avec Charles X. Celui-ci reconnut l’indépendance de l’ancienne colonie en échange d’une indemnité de 150 millions de franc-or qui fut ramenée à 90 millions en 1838. Les Haïtiens l’acquittèrent par échéances jusqu’en 1883.
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[35]
Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde, op. cit., p. 409-410.
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[a]
7 750 expéditions négrières clandestines eurent lieu entre 1808 et 1867, parmi lesquelles 1 635 (soit environ 20 %) ont débouché sur un arraisonnement et la libération d’environ 160 000 captifs (voir http://www.slavevoyages.org).
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[b]
Le Colonial Office avait, après l’abolition de la traite, réformé le régime de l’esclavage pour favoriser la création de familles d’esclaves et la possibilité pour ceux-ci de se racheter auprès de leurs maîtres en se constituant un pécule.
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[38]
Nelly Schmidt, L’Abolition de l’esclavage, op. cit., propose une analyse de cette législation (p. 216 sq.) et de longs extraits du texte de la loi (p. 372 sq.).
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[39]
Ibid., p. 219-220.
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[40]
Abbé Grégoire, Épître aux Haïtiens, 1826.
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[a]
Après le Congrès de Vienne, les Britanniques, pour imposer l’interdiction effective de la traite, signèrent avec les États qui toléraient, de fait, le trafic négrier, des conventions bilatérales permettant aux navires de guerre de contrôler en mer les navires marchands. S’il s’agissait d’un navire négrier, le bateau était escorté jusqu’en Sierra Leone, colonie britannique, où les captifs étaient libérés et les marins jugés.
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[42]
Extrait d’un discours de Lamartine lors d’un banquet à Paris le 10 mars 1842.
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[a]
Victor Schœlcher (1804-1893), fils d’une famille bourgeoise, découvrit les réalités des sociétés esclavagistes lors d’un voyage d’affaires qu’il fit, en 1830, aux Amériques. Il se prononça alors pour une interdiction effective de la traite qui permettrait, pensait-il, une extinction progressive de l’esclavage. À la suite d’un séjour dans les colonies antillaises entre 1840 et 1841, il publia Des colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage. Après avoir comparé la situation des colonies françaises à celle des colonies britanniques, où l’esclavage avait été aboli, il conclut à sa nécessaire abolition complète et immédiate.
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[44]
Article 5 du décret du 27 avril 1848.
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[45]
« C’était la seule planche de salut qui restât au pays, le seul moyen de sauver la ville de l’incendie et de la dévastation, la seule ressource pour la campagne où les propriétaires restés sans défense seraient tous égorgés sans pitié si l’on ne prenait cette mesure » (extrait d’un rapport du gouverneur Rostoland).
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[46]
Édouard De Lépine, Dix semaines qui ébranlèrent la Martinique (25 mars-4 juin 1848), Maisonneuve et Larose, Paris, 1999.
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[47]
Nelly Schmidt, La France a-t-elle aboli l’esclavage ? Guadeloupe, Martinique, Guyane 1830-1935, Perrin, Paris, 2009.
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[48]
Myriam Cottias, « Oubli, pardon et ressentiment. La citoyenneté à la Martinique (1848-1850) », in Myriam Cottias, Alessandro Stella et Bernard Vincent (dir.), Esclavage et dépendances serviles. Histoire comparée, L’Harmattan, Paris, 2006, p. 153 sq.
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[a]
Les abolitions provoquèrent des déplacements de populations vers les faubourgs et les endroits où existaient des terres qui n’avaient pas été mises en culture.
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[a]
À partir de 1850 et pendant la guerre civile, le gouvernement des États-Unis proposa aux gouvernements britannique et français d’organiser l’émigration de Noirs libres vers leurs colonies des Caraïbes. Cette proposition fut rejetée. Elle se heurta à une opposition sans appel de Frederick Douglass.
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[51]
Certains engagés furent soumis à une privation presque totale de droits sociaux jusqu’en 1923. Leur mortalité fut très élevée : « Ils n’étaient plus que 15 947 en Guadeloupe en 1892 sur un total de 42 600 arrivées. Seuls 10 % d’entre eux avaient été rapatriés […] et 15 % d’entre eux libérés de leur contrat. » Voir Nelly Schmidt, La France a-t-elle aboli l’esclavage ?, op. cit., p. 185.
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[b]
En 1852, des décrets rendirent obligatoires le port d’un livret de travail pour les ouvriers agricoles et réprimèrent le « vagabondage ».
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[53]
Céline Flory, « L’“immigration africaine” (Gabon, Loango, Congo) en Guyane et aux Antilles françaises après l’abolition de l’esclavage de 1848 », conférence à l’Institut français du Gabon, juin 2012.
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[54]
Le 31 janvier 1865, la Chambre des représentants vota le 13e amendement, qui fut promulgué le 18 décembre 1865 : « Ni esclavage ni servitude involontaire n’existeront sur le territoire des États-Unis… » Le 14e amendement, voté en 1866, semblait régler définitivement le statut juridique des Noirs en leur donnant l’égalité avec les autres citoyens américains, mais il a été systématiquement détourné pour ne pas être appliqué au profit des anciens esclaves. En 1881, la première loi de ségrégation dans les transports publics fut adoptée dans le Tennessee. Voir Claude Fohlen, Histoire de l’esclavage aux États-Unis, op. cit.
-
[a]
En 1880, l’Espagne, afin de gagner les Noirs dans l’espoir de conserver sa colonie, vota une loi qui libéra les esclaves tout en les maintenant pour huit ans sous l’autorité de leurs anciens maîtres. En 1886, la reine abolit l’esclavage.
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[b]
En 1872, il y avait au Brésil environ 10 millions d’habitants parmi lesquels 1,5 million esclaves. Le départ massif des esclaves vers les quilombos et l’espoir de la monarchie de s’opposer au mouvement républicain qui comptait de nombreux abolitionnistes contribuèrent au vote, le 13 mai 1888, de l’abolition de l’esclavage sans indemnisation des propriétaires. Cependant, privée de l’appui des planteurs, la monarchie tomba en 1889. Les républicains au pouvoir composèrent avec les planteurs pour s’opposer à toute réforme agraire et favoriser l’immigration afin de fournir de la main-d’œuvre aux latifundia.
Les réalités de la traite et de l’esclavage furent ignorées par l’immense majorité des populations européennes et présentées de façon fallacieuse par ceux qui en tiraient profit. Certains, cependant, dénoncèrent ces pratiques et demandèrent l’amélioration du sort des esclaves, avant de militer en faveur de leur suppression graduelle ou immédiate.
Le rôle des esclaves dans la marche vers les abolitions fut important, sans qu’on puisse faire des rébellions serviles la seule cause des émancipations. Il y eut corrélations entre résistances noires et mouvements abolitionnistes. Les luttes menées par les esclaves, dont celles qui aboutirent à l’indépendance d’Haïti en 1804, empruntèrent aux idéaux révolutionnaires américains et français. En retour, les diverses formes de résistance des esclaves influèrent sur les stratégies des militants abolitionnistes, dont certains, comme Olaudah Equiano, Frederick Douglass ou Harriet A. Jacobs, étaient d’anciens esclaves. L’impact de la révolution haïtienne fut considérable, puisque ce fut la seule révolution anti-esclavagiste qui triompha et donna naissance à un nouvel État. « En créant une société qui reconnaissait à tous les individus le droit à la liberté, à la citoyenneté, quelle que fût la couleur de leur peau, la révolution haïtienne a changé le monde de manière radicale et définitive. Elle a joué un rôle central dans la disparition de l’esclavage en Amérique et, par conséquent, elle constitue un moment essentiel dans l’histoire de la démocrati…
Date de mise en ligne : 30/04/2019
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