Les limites de la réflexion en éthique
- Par Charles Larmore
Pages 199 à 214
Citer ce chapitre
- LARMORE, Charles,
- Sous la direction de RÉCANATI, François,
- Larmore, Charles.
- Larmore, C.
- Sous la direction de F. Récanati
https://doi.org/10.3917/oj.recan.1988.01.0199
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- Larmore, C.
- Sous la direction de F. Récanati
- Larmore, Charles.
- LARMORE, Charles,
- Sous la direction de RÉCANATI, François,
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Notes
-
[1]
G.W.F. Hegel, Grundlinien der Philosophie des Rechts, §§ 15, 135-140, 142-154.
-
[2]
G.W.F. Hegel, Vorlesungen über die Philosophie der Geschichte (Frankfurt : Suhrkamp, 1970), tome XII de la Werkausgabe, pp. 309, 329.
-
[3]
Voir John McDowell, « Are Moral Requirements Hypothetical Imperatives ? », Proceedings of the Aristotelian Society, suppl. vol. 52 (1978) et « Virtue and Reason », The Monist, 62 (1979), dont Williams parle de façon assez détaillée aux pages 217-218.
-
[4]
Williams trouve cet argument plus simple dans Alan Gewirth, Reason and Morality, Chicago : University of Chicago Press, 1977.
-
[5]
I. Kant, Die Metaphysik der Sitten, Einleitung in die Rechtslehre, § C.
-
[6]
Kant avait une réponse à ce défi, à savoir sa doctrine de la liberté radicale non empirique, mais cela n’est guère plausible. Voir plus bas.
-
[7]
La vacuité est certainement le sort de la Diskursethik néokantienne de Jürgen Habermas. Selon sa norme fondamentale, seules peuvent être valables les règles morales qui seraient l’objet d’un accord dans une « situation idéale du discours », et une telle situation se définit simplement comme celle où seule peut prévaloir la force du meilleur argument. Voir sa déclaration dernière, « Moralität und Sittlichkeit » dans W. Kuhlmann (ed.), Moralität und Sittlichkeit, Frankfurt : Suhrkamp, 1986.
-
[8]
Je crois qu’une telle généralité est correcte dans le cas des obligations « catégoriques ». Voir plus bas.
-
[9]
Williams s’approche de cette idée contextualiste dans un autre passage (pp. 160-163), où il distingue les confrontations réelles des confrontations purement frivoles (notional) avec d’autres perspectives. Mais malheureusement il conçoit cette limitation de ce qu’on doit prendre au sérieux comme une sorte de relativisme.
-
[10]
Williams souligne (p. 152) une dissemblance entre l’éthique et les mathématiques, à savoir le fait (si c’en est vraiment un !) que toute structure formelle qui n’est pas contradictoire fait partie des mathématiques. Mais il ne faut pas que cette différence annule l’autre aspect selon lequel elles peuvent paraître analogues. Sur cette analogie voir le compte rendu du livre de Williams par Thomas Nagel, dans le Journal of Philosophy, 83, 1986, p. 359.
-
[11]
J.J.C. Smart et Bernard Williams, Utilitarianism : For and Against, Cambridge : Cambridge University Press, 1973.
-
[12]
Voir John Rawls, A Theory of Justice, Cambridge, Mass. : Harvard University Press, 1971, pp. 20 sq., 48 sqq.
-
[13]
Sur cette problématique, voir mon livre Patterns of Moral Complexity, Cambridge : Cambridge University Press, 1987, pp. 77-90, 99-103.
Comment doit-on vivre ? Selon Socrate, ce n’est pas une question sans importance, étant donné son enjeu : notre vie même (la République, 352 D). C’est la question qui ouvre le livre de Bernard Williams, le livre d’éthique le plus important qui soit paru depuis longtemps. Son objet n’est pas de répondre directement à cette question, mais plutôt d’examiner le type de réponse que Socrate demandait et qui a, depuis, influencé une si grande partie de la pensée éthique. Car Socrate passe aussi pour avoir dit que la vie sans réflexion ne vaut pas la peine d’être vécue (Apologie de Socrate, 38 A). La réflexion à laquelle fait appel la question de Socrate fait donc elle-même partie, semble-t-il, de la réponse à cette question. Pour que ce soit le cas, la réflexion ne peut pas consister simplement à se poser cette question et donc à penser à sa vie. La réflexion, pour Socrate et pour la philosophie occidentale après lui, implique que soit prise, vis-à-vis de la vie, une certaine distance, qui est censée fournir les moyens de déterminer en fin de compte la valeur de n’importe quelle vie. Que pouvons-nous raisonnablement espérer de cet idéal de la réflexion ? Tel est le sujet du livre de B. Williams. Sa conclusion générale est qu’on a considérablement surestimé les possibilités et la valeur de cet idéal. Les limites de la réflexion, c’est ce que Williams entend par les « limites de la philosophie » lorsqu’elle traite de la question : Comment doit-on vivre ?
Quel est précisément cet idéal philosophique de la réflexion que Socrate nous a légué …
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