Chapitre d’ouvrage

Chapitre Premier

Éthique et diversité

Pages 57 à 87

Citer ce chapitre


  • Porcher, L.
  • et Abdallah-Pretceille, M.
(1998). Chapitre Premier Éthique et diversité. Éthique de la diversité en éducation (p. 57-87). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/ethique-de-la-diversite-en-education--9782130489795-page-57?lang=fr.

  • Porcher, Louis.
  • et al.
« Chapitre Premier : Éthique et diversité ». Éthique de la diversité en éducation, Presses Universitaires de France, 1998. p.57-87. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/ethique-de-la-diversite-en-education--9782130489795-page-57?lang=fr.

  • PORCHER, Louis
  • et ABDALLAH-PRETCEILLE, Martine,
1998. Chapitre Premier Éthique et diversité. In : Éthique de la diversité en éducation. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Education et formation / L'Éducateur, p.57-87. URL : https://shs.cairn.info/ethique-de-la-diversite-en-education--9782130489795-page-57?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Arendt H., La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972 pour la trad. franç.
  • [2]
    Weber M., Le savant et le politique, Paris, UGE, 1963 (éd. originale, 1919).
  • [3]
    Apel K.O., L’éthique à l’âge de la science, Lille, Presses Universitaires de Lille, 1987, trad. de l’allemand par R. Lellouche et I. Mittmann (éd. originale, 1973), p. 45.
  • [4]
    Le relativisme culturel « suppose que chaque élément du comportement culturel soit considéré en rapport avec la culture dont il fait partie, et que, dans cet ensemble systématique, chaque détail ait une signification et une valeur positive ou négative » (cf. M. Mead, L’anthropologie comme science humaine, cité par S. Clapier-Valladon, in Panorama du culturalisme, Paris, Éd. Epi, 1967, p. 9).
  • [5]
    Devereux G., De l’angoisse à la méthode dans les sciences du comportement, Paris, Flammarion, 1980, trad. de l’anglais par H. Sinaceur (éd. originale, 1967), p. 133.
  • [6]
    L’universalité ne doit pas être confondue avec l’universalisme qui n’est qu’une forme dégradée de l’universalité, par généralisation à l’ensemble du monde d’un cas particulier, généralement choisi dans la culture occidentale.
  • [7]
    Devereux G., op. cit., p. 134.
  • [8]
    Le subjectivisme en morale s’appuie sur trois propositions :
    « Les jugements moraux portés par un individu ne formulent ou n’expriment que des attitudes personnelles.
    « Les jugements moraux ne peuvent être démontrés, établis, vérifiés, comme les jugements de la science peuvent l’être ; ils ressortissent de l’opinion personnelle.
    « Il n’y a pas de faits moraux. Il y a seulement cette catégorie de faits que la science ou l’observation banale peuvent découvrir et les valeurs que les hommes attachent à ces faits », in William B., La fortune morale. Moralité et autres essais, Paris, PUF, 1994 (traduit de l’anglais par J. Lelaidier), p. 13.
  • [9]
    Référence à la définition de J. Le Goff : « L’intégrisme se fonde sur une mise en action de la littéralité des textes sacrés ou des traditions. Or, une des voies essentielles du progrès dans les diverses sociétés – et en particulier dans la société occidentale dont cela a été une des sources de succès – , c’est l’éloignement du sens littéral par des interprétations, in Le Monde, 4 février 1992.
  • [10]
    Badiou A., L’éthique, Paris, Hatier, 1993, p. 5.
  • [11]
    Ricœur P, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990, p. 200.
  • [12]
    Abdallah-Pretceille M., Quelle école pour quelle intégration ?, Paris, Hachette CNDP, 1992.
  • [13]
    Weber M., Le savant et le politique, op. cit.
  • [14]
    Cf. Troisième partie, chap. 6.
  • [15]
    Ch. Taylor décrit trois sources de la modernité :
     – L’individualisme : perte de sens, disparition des horizons moraux, rhétorique de l’accomplissement de soi-même.
     – Le désenchantement du monde : primauté de la raison instrumentale, éclipse des fins.
     – La perte de liberté par le désengagement de l’individu-citoyen et un despotisme doux, « démocratique », in Le malaise de la modernité, Paris, Ed. du Cerf, 1994.

Le discours sur les valeurs et surtout la crise des valeurs est à la mode. Il justifie une vague moralisatrice qui s’accompagne d’une idéalisation, teintée de nostalgie, du passé. Cet engouement est, en fait, le symétrique du discours sur la fin des idéologies, des récits totalisants et des systèmes unitaires d’explication (les religions, les systèmes politiques dogmatiques...). Avant de s’interroger sur le rôle de l’École par rapport à une éducation aux valeurs, il convient de s’arrêter sur ce qui relève d’un phénomène sociologique et anthropologique.
La crise et surtout les discours sur la crise alimentent un pessimisme et un désabusement qui légitiment à leur tour le passéisme et la nostalgie. On peut s’interroger sur cette contradiction fondamentale entre un défaitisme généralisé et l’idée même d’éducation qui n’existe que par rapport à l’avenir. L’idée d’éducation est-elle compatible avec la renonciation, le désengagement ? En réalité, les difficultés à comprendre les mutations et les enjeux actuels de la société et de l’École ne sont pas à confondre avec l’absence de perspective. Ainsi, par exemple, ce que l’on appelle si facilement l’anomie des valeurs est tout simplement une nouvelle manière – non comprise – d’exprimer des valeurs. La réalité n’existe qu’à travers la grille de lecture que l’on emprunte pour la lire. Il suffit d’apprendre à analyser et à voir. Le discours sur la crise renvoie aussi à une forme de cécité.
Le fameux « déficit de valeurs... » des jeunes (…


Date de mise en ligne : 03/10/2016

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