Chapitre d’ouvrage

7. Poésie oblige

Pages 53 à 60

Citer ce chapitre


  • Chareyre-Méjan, A.
(2009). 7. Poésie oblige. Essai sur la simplicité d’être (p. 53-60). érès. https://shs.cairn.info/essai-sur-la-simplicite-d-etre--9782749210889-page-53?lang=fr.

  • Chareyre-Méjan, Alain.
« 7. Poésie oblige ». Essai sur la simplicité d’être, érès, 2009. p.53-60. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/essai-sur-la-simplicite-d-etre--9782749210889-page-53?lang=fr.

  • CHAREYRE-MÉJAN, Alain,
2009. 7. Poésie oblige. In : Essai sur la simplicité d’être. Toulouse : érès. 69, p.53-60. URL : https://shs.cairn.info/essai-sur-la-simplicite-d-etre--9782749210889-page-53?lang=fr.

Notes

  • [1]
    M. Deguy, Sans retour, Galilée, 2004.
  • [2]
    M. Heidegger, Le principe de raison, Paris, Gallimard, « Tel », 1983.
  • [3]
    Ibid., p. 105.
  • [4]
    J.W. Goethe, La fête de saint Roch à Bingen, Éditions Allia, 1996.
  • [5]
    « Lettre à Schiller, 6 janvier 1789 », dans Goethe, Pages choisies, Éditions sociales, 1968.
  • [6]
    Goethe, « Lettre à Schiller », op. cit.
  • [7]
    G. Stein, Le monde est rond, op. cit.
  • [8]
    Paris, Albin Michel, 2006.
  • [9]
    Essais 1, Méditations, 1983.
  • [10]
    À Eckermann, 25 décembre 1825, dans Goethe, Pages choisies, op. cit.
  • [11]
    E. Hocquard, Tout le monde se ressemble. Une anthologie de poésie contemporaine, POL, introduction, 1995.
  • [12]
    Bourgois, 1991.
  • [13]
    Ibid., p. 84 sq.
  • [14]
    S. Cavell, Le cinéma nous rend-il meilleurs ? Paris, Bayard, 2003.
  • [15]
    Ibid., p. 35.
  • [16]
    Ibid.
  • [17]
    J. Follain, « Signes pour voyageur », dans Jean Follain, Poètes d’aujourd’hui, Seghers, 1972, p. 43.
  • [18]
    Ibid., p. 127.
  • [19]
    Goethe, « Xénias », dans Pages choisies, op. cit.
  • [20]
    M. Deguy, La poésie n’est pas seule, Paris, Le Seuil, 1988.

Si nous pensons que le mot de poésie recouvre une expérience du monde et de ce que l’on y fait, en même temps qu’une mise à l’épreuve particulière du langage, nous sommes amenés à nous intéresser à la noblesse qu’on a l’habitude d’accorder à cette expérience. L’enjeu de la poésie est un enjeu vital et le businessman lui-même, ou l’homme de la rue d’une autre façon, lorsqu’ils galvaudent le poète, signent toujours d’une certaine façon l’hommage du vice à la vertu. Poésie oblige, comme on dit noblesse oblige. La noblesse que nous associons au mot de poésie tient à la radicalité qu’il recouvre. Il y a une radicalité au cœur de la parole poétique qui empêche qu’on la comprenne uniquement comme une performance de langage. C’est cette radicalité qui définit sa noblesse : elle n’est pas une interprétation du monde et de l’existence ; elle est ce qui assure le passage de la vie à l’être-au-monde. Elle convertit les modes du vivre à la radicalité de l’exister.
La conversion poétique est cousine de la conversion philosophique ; elle consiste dans le même renversement de perspective concernant la relation du monde et de sa vérité. Michel Deguy distingue trois types de conversions : le type religieux, dont le principe est la lumière, le type philosophique, dont le principe est le dévoilement, et le type poétique qui se présente comme illumination – au sens que Rimbaud donne à ce mot, justement. Dévoilement et illumination ont ceci de commun qu’ils se présentent comme des révélations sans transcendanc…


Date de mise en ligne : 01/04/2012

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