Chapitre d’ouvrage

21. En quel sens nous sommes éternels

Pages 147 à 157

Citer ce chapitre


  • Chareyre-Méjan, A.
(2009). 21. En quel sens nous sommes éternels. Essai sur la simplicité d’être (p. 147-157). érès. https://shs.cairn.info/essai-sur-la-simplicite-d-etre--9782749210889-page-147?lang=fr.

  • Chareyre-Méjan, Alain.
« 21. En quel sens nous sommes éternels ». Essai sur la simplicité d’être, érès, 2009. p.147-157. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/essai-sur-la-simplicite-d-etre--9782749210889-page-147?lang=fr.

  • CHAREYRE-MÉJAN, Alain,
2009. 21. En quel sens nous sommes éternels. In : Essai sur la simplicité d’être. Toulouse : érès. 69, p.147-157. URL : https://shs.cairn.info/essai-sur-la-simplicite-d-etre--9782749210889-page-147?lang=fr.

Notes

  • [1]
    La chambre claire, Seuil-Gallimard, 1980.
  • [2]
    G. Bachelard, L’intuition de l’instant, Livre de Poche, 1994.
  • [3]
    Revue, L’arc, V. Jankélévitch, Duponchelle, 1990, p. 20.
  • [4]
    Tractatus logico-philosophicus, 6, 4311.
  • [5]
    E. Hemingway, Pour qui sonne le glas, Gallimard, 1973.
  • [6]
    P. Klossowski, Introduction au Gai savoir, 10-18, op. cit.
  • [7]
    J.-L. Nancy, Libération, 17 février 2000.
  • [8]
    Confessions, XI, 14,17.
  • [9]
    S. Han, Multiple splendeur, Le Livre de Poche, 1991.
  • [10]
    Pour qui sonne le glas, op. cit.
  • [11]
    J. Harrison, Aventures d’un gourmand vagabond, Bourgois, p. 87.
  • [12]
    V. Woolf, Les vagues, Livre de Poche, 2002.
  • [13]
    Royaumont, Colloque Nietzsche, juillet 64, Éditions de Minuit.

Cioran parle de « l’éternel présent de l’existence ». Il n’est pas le premier, ni le seul, à indiquer la complicité siamoise de l’éternité et du moment existant. Car ce dernier, parce qu’il a lieu en quelque sorte au cours de lui-même sans jouir d’aucune durée, exprime exactement ce que nous entendons dans le mot de « présent ». À présent, le temps n’est que l’éternité condensée. Au fond, il n’est plus le temps du tout, en tout cas pas ce délai, cette distance, qui nous séparerait d’une éternité à venir. La promesse chrétienne, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle qu’elle indique et qu’elle demande, table sur une réserve d’éternité à venir dont l’Histoire serait enceinte. Ce qui est neuf, dans le Nouveau Testament, n’est pas le testament lui-même mais son objet. Il porte sur ce qui va arriver. Dans les Évangiles chrétiens, l’éternité se précède en quelque sorte elle-même. Elle est déjà là, dans le crédit du présent. Ou encore : le présent n’est là que pour l’attendre. Il est attente, il fait testament en ce sens qu’il témoigne de sa substance de quasi-avenir : il se délie en cela de sa tâche d’être en charge de la présence. Il reste dans l’entre-deux. La présence n’est pas de ce monde, elle y fait signe mais elle a la tête ailleurs. Elle est asymptotique. Elle se rapproche inlassablement d’elle-même mais quelque chose d’autre la remplace toujours au dernier moment... Pourtant le présent ne passe pas et nous sommes réellement éternels d’ores et déjà. En quel sens le sommes-nous ? On peut répondre à cette question d’un seul mot : en ce que, nécessairement pour tout ce qui existe d’ailleurs, le fai…


Date de mise en ligne : 01/04/2012

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