Chapitre d’ouvrage

Stendhal en voyage et l’Italie palimpseste

Pages 57 à 91

Citer ce chapitre


  • Berthier, P.
(1997). Stendhal en voyage et l’Italie palimpseste. Espaces stendhaliens (p. 57-91). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/espaces-stendhaliens--9782130477907-page-57?lang=fr.

  • Berthier, Philippe.
« Stendhal en voyage et l’Italie palimpseste ». Espaces stendhaliens, Presses Universitaires de France, 1997. p.57-91. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/espaces-stendhaliens--9782130477907-page-57?lang=fr.

  • BERTHIER, Philippe,
1997. Stendhal en voyage et l’Italie palimpseste. In : Espaces stendhaliens. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Écrivains, p.57-91. URL : https://shs.cairn.info/espaces-stendhaliens--9782130477907-page-57?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Nos citations renvoient en abrégé aux éditions suivantes : J (Journal) ; RNF (Rome, Naples et Florence en 1817), I (L’Italie en 1818), RNF (1826) (Rome, Naples et Florence, 1826), PDR (Promenades dans Rome).
  • [2]
    « S. Jean n’est point appuyé sur la poitrine de J.-C. comme le dit M. Cochin. Ce n’est pas S. Jean, mais S. Simon ou S. Thomas qui a six doigts à la main, et il est à gauche de N.-S., au lieu que S. Jean est à droite » (note de Lalande).
  • [3]
    Cf. Ph. Berthier, Stendhal et ses peintres italiens, Droz, 1977, p. 51-55.
  • [4]
    Corinne ou l’Italie, S. Balayé éd., Gallimard, « Folio », 1985, p. 114-116.
  • [5]
    Voyage en Italie, Club des Libraires de France, 1962, p. 195, 548.
  • [6]
    Voyage en Italie, in Œuvres romanesques et voyages, éd. M. Regard, Bibl. de la Pléiade, 1969, t. II, p. 1457 et Mémoires d’Outre-Tombe, éd. J.-C. Berchet, Classiques Garnier, 1992, t. II, p. 94.
  • [7]
    Corinne, p. 408-409.
  • [8]
    « Il faut être accoutumé à ces voix de castrats pour les goûter. Le timbre en est aussi clair et perçant que celui des enfants de chœur, et beaucoup plus fort... (...) Leurs voix ont presque toujours quelque chose de sec et d’aigre, bien éloigné de la douceur jeune et moelleuse des voix de femmes ; mais elles sont brillantes, légères, pleines d’éclat, très fortes et très étendues » (II, p. 313). Et encore, à propos des castrats de Milan : « ... Ces sortes de voix ne me plaisent pas du tout ; à l’exception d’un ou deux, tout ce que j’ai ouï m’a paru misérable. Ce n’est pas la peine de troquer ses oreilles contre le droit de piailler de la sorte » (I, p. 95).
  • [9]
    Cf. RNF, p. 18-19-20, son ironie sur le « dégoûtant charivari » des « chapons sacrés », et encore PDR, p. 703.
  • [10]
    Le thème du Miserere de la Sixtine (Chateaubriand, Stendhal, Mme de Staël), Revue d’Histoire littéraire de la France, mars-avril 1972.
  • [11]
    Histoire de la peinture en Italie, p. 409.
  • [12]
    Cf. la réflexion de Duclos le Jeudi saint : « ... l’émotion d’une grande assemblée est si contagieuse, qu’il y a peu de gens, quel que soit leur sentiment sur le fonds de la chose, qui ne se sentent émus dans ces occasions » (p. 206).
  • [13]
    Voyage en Italie, éd. cit., p. 1466.
  • [14]
    Cf. au musée de Nantes le tableau de Volaire (Mémoires d’un touriste, p. 256).
  • [15]
    Petite pierre lancée, on l’a vu, dans le jardin du cher de Brosses.
  • [16]
    Chateaubriand déjà l’avait ainsi vécu : « Des fleurs et des fruits humides de rosée, sont moins suaves et moins frais que le paysage de Naples, sortant des ombres de la nuit. J’étais toujours surpris en arrivant au portique de me trouver au bord de la mer : car les vagues dans cet endroit faisaient à peine entendre le léger murmure d’une fontaine. En extase devant ce tableau, je m’appuyais contre une colonne ; et, sans pensée, sans désir, sans projet, je restais des heures entières à respirer un air délicieux » (Les Martyrs, in Œuvres romanesques et voyages, éd. cit., t. II, p. 175). On songe à Morand, à Naples lui aussi : « Il ne se passait rien, je n’espérais rien, je ne donnais rien, je recevais tout. Des millions d’années m’avaient attendu pour m’offrir ce cadeau suprême : une matinée sous une treille » (Venises, Gallimard, 1971, p. 27).
  • [17]
    Cf. J.-P. Richard, Littérature et sensation, Seuil, 1974, p. 31 et sq.
  • [18]
    In Silex, 5-6, 1978, p. 109.

« Et in Arcadia ego » : moi aussi je verrai, je vois, j’ai vu la terre heureuse, après tous les autres, avant tous les autres ; moi aussi j’inscris mon nom au grand livre des voyageurs, en un paraphe qui voudrait conclure et couronner toute la lignée qui l’a précédé, pourtant bientôt englobé lui aussi, emporté, enfoui dans le déferlement de toutes les signatures postérieures qui viennent le recouvrir. En plaçant le soupir latin en épigraphe à son Voyage en Italie, Goethe fait plus que s’abandonner aux nostalgies du retour : il énonce une loi du voyage. Pour quiconque n’a pas vocation d’explorer les chemins non frayés et d’ouvrir à la connaissance les « terrae incognitae » de la carte, le voyage ne constitue jamais une expérience originelle. Où que j’aille, je ne suis jamais le premier ; je marche sur une piste déjà tracée dans laquelle autrui s’engagera après moi. Bref, je découvre beaucoup moins que je ne vérifie : je vais à la rencontre non pas de l’inédit, mais du conforme, et les écarts que mon voyage pourra éventuellement révéler par rapport au modèle préexistant auquel il se mesure, seront vite intégrés à la glose alluviale qui les absorbera en les dépassant. Dire que le pays où je voyage est différent de ce que ceux qui m’y avaient précédé m’en avaient fait attendre, c’est préparer ceux qui m’y suivront à ne pas être surpris par la surprise même que j’ai cru y trouver. Le moi aussi qui inaugure, ou parachève, tout voyage, affirme donc une fondamentale tautologie : l’Italie est l’Italie…


Date de mise en ligne : 12/01/2020

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