XIX. Nguyễn Xuân Mai (1890-1929)
Itinéraire d’un médecin indochinois engagé pendant la Première Guerre mondiale
Pages 297 à 316
Citer ce chapitre
- TRAN THI LIÊN, Claire,
- BATY-DELALANDE, Hélène
- et TRÉVISAN, Carine,
- Tran Thi Liên, Claire.
- Tran Thi Liên, C.
- H. Baty-Delalande
- et C. Trévisan
https://doi.org/10.3917/herm.trevi.2016.01.0297
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- et TRÉVISAN, Carine,
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Notes
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[1]
Christian Koller, « The Recruitment of Colonial Troops in Africa and Asia and their Deployment in Europe during the First World War », Immigrants & Minorities, Routledge, Vol. 26, Nos. 1/2, March/July 2008, p. 113.
-
[2]
Claude Carlier, Guy Pedroncini (dir.), Les Troupes coloniales dans la Grande Guerre, Economica, 1997 ; Éric Deroo, Maurice Rives, Les Lính tâp. Histoire des militaires indochinois au service de la France (1859-1960), Lavauzelle, 1999 ; James E. Kitchen, Alisa Miller et Laura Rowe, Other Combatants, Other fronts : Competing Histories of the First World War, Cambridge Scholars Publishing, 2011 ; Santanu Das, Race Empire and First World War writing, Cambridge University Press, 2011.
-
[3]
Sur les Indochinois dans la Grande Guerre, deux références majeures : Kim Loan Vu-Hill, Coolies into Rebels. Impact of World War I on French Indochina (Les Indes savantes, 2011) et Mireille Le Van Ho, Des Vietnamiens dans la Grande Guerre. 50 000 recrues dans les usines françaises (Éditions Vendémiaire, 2014). Voir également la thèse très riche d’Henri Ecker, Les Militaires indochinois au service de la France (1859-1939), université Paris-IV Sorbonne, 1998.
-
[4]
Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Le Seuil, coll. « Point Histoire », 1979, p. 22.
-
[5]
L’itinéraire du médecin Nguyễn Xuân Mai a pu être reconstitué grâce au témoignage de son fils Nguyễn Manh Hà et à des documents de ses descendantes (je remercie ici vivement Claude, Michèle et Christiane Nguyễn), recoupés avec son dossier militaire aux archives historiques de la Défense (AHD) et son dossier administratif au Centre d’archives d’outre-mer (CAOM).
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[6]
CAOM INDO GGI Direction du personnel Dossier N° 35308 Nguyễn Xuân Mai (Joseph), docteur en médecine, médecin de l’Assistance 1910-1931 : Arrêté n° 4474, Hanoi, 24/10/1910 A Klobukowski : nomination de Nguyễn Xuân Mai, médecin indigène 3e classe à disposition du résident supérieur du Tonkin.
-
[7]
Florence Bretelle-Establet, « Diplomatie et politique coloniale. La médecine française au Yunnan de 1898 à 1931 d’après les sources coloniales françaises et des études chinoise », Revue française d’histoire d’outre-mer, tome 84, n° 315, 2e trim. 1997, p. 31 et 35.
-
[8]
CAOM, GG Indo, Dossier N° 35308 Nguyễn Xuân Mai : Récompenses à la suite des opérations dans la province de Son La et dans le 4e territoire militaire (déc. 1914 – avr. 1915), signé général Sucillon, Hanoi, le 22/7/1915.
-
[9]
CAOM, GG Indo, Dossier N° 35308 Nguyễn Xuân Mai ; Résidence supérieure du Tonkin Gougal, État de service de Nguyễn Xuân Mai.
-
[10]
Colonel Maurice Rives, Les militaires indochinois en Europe (1914-1918), Bulletin de l’ANAI, oct-déc. 1991, <http://www.anai-asso.org/NET/document/anai/historique/les_militaires_indochinois_en_europe_19141918/index.htm>.
-
[11]
Joseph Nguyèn-Xuân Mai, op. cit.
-
[12]
Laurence Monnais-Rousselot, Médecine et colonisation. L’aventure indochinoise (1860-1939), CNRS Éditions, 1999, p. 275.
-
[13]
Laurence Monnais-Rousselot, Médecine et colonisation, op. cit., p. 282 : CAOM RST NF Indo d 3559.
-
[14]
CAOM, GG Indo, Dossier N° 35308 Nguyễn Xuân Mai : Résidence supérieure du Tonkin Gougal 35 308, État de service de NXM.
-
[15]
CAOM, GG Indo, Dossier N° 35308 Nguyễn Xuân Mai : décret de naturalisation N° 9732X16 daté du 27 octobre 1916 signé par le Garde des Sceaux Raymond Poincaré et le directeur des affaires civiles et du Sceau, Viviani.
-
[16]
« Naturalisés français en Indochine (1937) » dans Charles Robequain, L’Évolution économique de l’Indochine Française, 1939 : Gens de nationalité française par droit de naissance 36 134 ; Gens de nationalité française par naturalisation 2 746.
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[17]
Colonel Maurice Rives, op. cit.
-
[18]
CAOM, GG Indo, Dossier n° 35308 Nguyễn Xuân Mai : Copie des notes du Médecin auxiliaire NXM Mule 1195, 30 sept. 1918, Lieutenant Strenna.
-
[19]
CAOM, GG Indo, Dossier N° 35308 Nguyễn Xuân Mai, op. cit.
-
[20]
« Le médecin auxiliaire NXM que j’ai connu et apprécié déjà comme médecin adjoint à l’hôpital indigène du protectorat à Hanoi est chargé de la surveillance technique d’un service de médecine et y donne toute satisfaction pour son assiduité au travail, son intelligence et ses connaissances techniques. » (Fréjus, 4 janvier 1917).
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[21]
CAOM, GG Indo, Dossier n° 35308 Nguyễn Xuân Mai : Arrêté N° 848 pour compter du 1er janvier 1018 au titre exclusif de l’ancienneté, comme médecin auxiliaire de 3e classe.
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[22]
Joseph Nguyèn-Xuân Mai, op. cit., p. XIII-XIV.
-
[23]
Ibid., p. XII.
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[24]
Services Historiques de la Défense, Dos 6 YE – 14698, Nguyên Xuân Mai Médecin Lieutenant : le Doyen de la faculté de Médecine de Paris à Monsieur le Ministre de la guerre et des pensions, Direction du service de santé 1er bureau, Paris, le 26/1/1924, n° 520.
-
[25]
Joseph Nguyèn-Xuân Mai, op. cit.
-
[26]
Entre fin 1918 et fin 1920, il fut en convalescence dans cinq hôpitaux différents dont le dernier à Montpellier en septembre 1920, où il resta pendant près d’un an et demi, période pendant laquelle il écrivit sa thèse.
-
[27]
CAOM, op. cit. : lettre du Ministère des colonies à Hanoi Gougal, Paris, le 19/4/1921. Demande du médecin auxiliaire de 3e classe de l’Assistance médicale en Indochine pour être promu au grade supérieur : « le Dr Nguyen Xuan Mai, dont la très belle conduite au cours de la guerre lui a valu la croix de la Légion d’honneur, semble être dans les conditions requises pour passer au grade supérieur. »
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[28]
CAOM, op. cit., Service personnel GGI au Dir. finances Hanoi, Hanoi 5/10/1921 n° 424P.
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[29]
CAOM, op. cit. : Troupes coloniales, Sous-intendance militaire, Fréjus, le 30 /11/1921 : Certificat de cessation de paiement.
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[30]
CAOM, op. cit., Lettre du 25/5/1921 de Guesde pour Cognacq : « Dr Mai actuellement en France déjà désigné pour direction infirmerie indigène Exposition. »
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[31]
CAOM, op. cit., Télég. Colonie à Gougal, Paris, 8/11/1922 n° 3077 : proposition de Nguyễn Xuân Mai à la titularisation.
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[32]
Nguyèn-Xuân Mai, op. cit., p. XVI- XVI.
-
[33]
CAOM, GG Indo, Dossier N° 35308 Nguyễn Xuân Mai : Lettre manuscrite de Nguyễn Xuân Mai, Dr en médecine de la faculté de Montpellier, ancien médecin aide major des troupes coloniales, chevalier de la Légion d’honneur, décoré de la Croix de guerre à M. le ministre des colonies, Paris, juillet 1921.
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[34]
SHD, op. cit. : Médecin chef de l’Assistance à Résident Supérieur d’Annam, Ha Tinh 13/1/1923 N° 5 ; réponse du Résident supérieur d’Annam Hué au GGI, 11/2/1923, n° 135. Autorisation pour l’indemnité forfaitaire allouée aux agents des travaux publics d’Annam lorsqu’ils possèdent une voiture d’en user pour les besoins du service et lettre du 2/3/1923 : Prise en charge frais voiture par le budget local de l’Annam.
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[35]
En 1922, il y a seulement 4088 automobiles dans toute l’Indochine. Voir la thèse de Stéphanie Ponsavady, Moteurs de désir et de mécontentement : Automobiles et routes en Indochine Coloniale 1898-1939, New York University, 2012.
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[36]
SHD, op. cit. : Dossier du médecin stagiaire Nguyễn Xuân Mai pour examen pour titularisation, Hanoi 27/1/1923, n° 59/S et Note Hanoi 30/1/1923 n° 49 P pour la commission sur la titularisation et Procès-verbal du 31/1/1923 : titularisation de Nguyễn Xuân Mai à partir du 27 octobre 1922.
-
[37]
SHD op cit : Arrêtés de nomination 1923, Hôpital de Nhà Trang, le 31/7/1924, n° 1180 Hôpital principal de Hué, le 22/11/1924 Hôpital dans la province de Thanh Hoa, le 28/1/1925, n° 186 Hôpital secondaire de Vinh, le 7/4/1925 Hôpital secondaire de Thanh Hoa.
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[38]
Interview Nguyên Manh Hà, Ivry, 4/11/1989.
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[39]
SHD, op. cit. : Lettre manuscrite de Nguyen Xuân Mai, Province Ha Tinh 22/5/1923 et réponse : Lettre du RST à GG Hué, 26/5/1923 et Lettre Hanoi 3/6/1923 GGI à RSA Robin.
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[40]
SHD, doss. 6 YE 14698 Procès-verbal de la commission de réforme, 20/1/1922, Marseille.
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[41]
SHD, op. cit. : Ministère de la guerre, direction des services de santé, Paris, le 22/5/1922 n° A1/7 7564 Décision ministérielle du 22 mai 1922, Nguyễn Xuân Mai, médecin aide major première classe de réserve à titre temporaire est mis hors cadre signé Toubert.
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[42]
Bulletin de l’Amicale tonkinoise des anciens combattants de la Grande Guerre, novembre 1924, « Aux réformés des poumons », p. 142.
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[43]
SHD, op. cit., doss. 6 YE 14698, Arrêté n° 693 Résident supérieur d’Annam, Elloy, Hué 15/4/1926.
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[44]
CAOM Gougal à Colonies, Hanoi 18/1/1928, MONGUILLOT n° 86.
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[45]
CAOM, op. cit. : Médecin inspecteur GAIDE à Gougal Personnel, Hanoi, le 22/4/1929.
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[46]
CAOM, op. cit. : Médecin inspecteur GAIDE à Gougal, Hanoi 29/4/1929.
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[47]
James E. Kitchen, Alisa Miller et Laura Rowe, Other Combatants, Other fronts : Competing Histories of the First World War, Cambridge Scholars Publishing, 2011, p. xviii.
-
[48]
Santanu Das, Race Empire and First World War writing, Cambridge University Press, 2011, p. 2 et 4. Dans son livre Au cœur des ténèbres, Conrad décrit le périple d’un jeune officier de la marine marchande britannique le long d’un fleuve au cœur de l’Afrique noire, comme un lent éloignement de la civilisation et de l’humanité vers les côtés les plus sauvages et les plus primitifs de l’homme…
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[49]
Christian Koller, op. cit., p. 123.
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[50]
Benedict R. O’G. Anderson, Imagined communities : reflections on the origin and spread of nationalism, London, Verso, 1991.
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[51]
Ce n’est qu’en 1921, un an avant son retour en Indochine, que l’École de médecine octroya aux meilleurs la possibilité de finir leurs études à Paris : le bac étant désormais obligatoire, les étudiants de l’École de médecine purent accéder au doctorat, ce qui n’était pas encore le cas lorsque le Dr Mai sortit de l’École en 1910.
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[52]
Il est vrai que ce droit sera obtenu pour éviter que les boursiers indochinois expatriés ne posent de problèmes en métropole !
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[53]
Monnais-Rousselot, op. cit., p. 284.
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[54]
Mireille Le Van Ho, Des Vietnamiens dans la Grande Guerre. 50 000 recrues dans les usines françaises, Éditions Vendémiaire, 2014, p. 161-162.
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[55]
Walter Mignolo, The Darker Side of the Renaissance : Literacy, Territoriality, Colonization, University of Michigan Press, 1995, XV, cité par Gruzinski, op. cit., p. 8 : des « espaces in between créés par la colonisation où apparaissent et se développent de nouveaux modes de pensées ».
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[56]
Serge Gruzinski, « Avant Propos », dans Louise Bénat-Tachot et Serge Gruzinski (dir.), Passeurs culturels. Mécanismes de métissage, Éd. Maison des sciences de l’Homme, Presses univ. de Marne-la-Vallée, 2001, p. 11-12.
Comme le dit l’historien Christian Koller : « en plus des combats dans les colonies et l’exploitation économique accrue des populations indigènes à l’effort de guerre en Europe, la Première Guerre mondiale a été le témoin d’une migration du monde colonial vers l’Europe à une échelle sans précédent. » Les études sur plus d’un million de travailleurs et soldats venus d’Afrique et d’Asie ont mis en évidence l’impact économique, social et culturel de cette migration transcontinentale entre 1914 et 1918 sur la métropole comme sur les colonies. Jamais auparavant, les Européens ne furent confrontés à autant d’Africains et d’Asiatiques, ce qui donna lieu à une production inédite de discours sur eux (exotisme, racisme, paternalisme). Et jamais tant de colonisés ne furent exposés aux réalités de la culture et de la société européenne. L’utilisation de la forme infinitive « entrer en guerre » implique une démarche active. De fait, comme l’a démontré l’historienne Kim Loan Vu Hill, les Indochinois engagés furent en majorité des volontaires. J’étudierai ici un itinéraire particulier, celui de Nguyễn Xuân Mai, médecin indochinois qui s’engagea comme médecin auxiliaire volontaire en mai 1916.
Ce n’est que fin 1915 que les premiers Indochinois arrivèrent en métropole pour soutenir l’effort de guerre. Pour Nguyễn Xuân Mai, l’année 1916 constitua un tournant majeur dans sa vie. Naturalisé français peu après son arrivée en France, il fut affecté comme médecin au 21e bataillon des tirailleurs tonkinois sur le front dans l’Aisne puis dans les Vosges…
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