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Chapitre 6. Penser la guerre après le 11 septembre : de la fin de la guerre à la fin de la paix ?

Pages 83 à 94

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  • Raynaud, P.
(2003). Chapitre 6. Penser la guerre après le 11 septembre : de la fin de la guerre à la fin de la paix ? Dans
  • A. Le Gloannec
  • et A. Smolar
Entre Kant et Kosovo : Etudes offertes à Pierre Hassner (p. 83-94). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.leglo.2003.01.0083.

  • Raynaud, Philippe.
« Chapitre 6. Penser la guerre après le 11 septembre : de la fin de la guerre à la fin de la paix ? ». Entre Kant et Kosovo Etudes offertes à Pierre Hassner, Presses de Sciences Po, 2003. p.83-94. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/entre-kant-et-kosovo--2724609107-page-83?lang=fr.

  • RAYNAUD, Philippe,
2003. Chapitre 6. Penser la guerre après le 11 septembre : de la fin de la guerre à la fin de la paix ? In :
  • LE GLOANNEC, Anne-Marie
  • et SMOLAR, Aleksander,
Entre Kant et Kosovo Etudes offertes à Pierre Hassner. Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.83-94. DOI : 10.3917/scpo.leglo.2003.01.0083. URL : https://shs.cairn.info/entre-kant-et-kosovo--2724609107-page-83?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.leglo.2003.01.0083


Notes

  • [1]
    Pierre Hassner, « La signification du 11 septembre », Bulletin de la société française de philosophie, séance du 19 janvier 2002, 96 (2), avril-juin 2002, p. 1.
  • [2]
    Cf. sur tous ces points Philippe Raynaud, « Un nouvel âge du droit ? », Archives de philosophie, 64 (1), janvier-mars 2001, p. 40-56.
  • [3]
    Cf. le dossier publié par Le Débat, « La politique étrangère rattrapée par la démocratie », 88, janvier-février 1996, p. 117-161, avec des contributions de Dario Battistella, Samy Cohen, Philippe Delmas, Marisol Touraine.
  • [4]
    Le Monde, 22 novembre 2001.
  • [5]
    On peut évidemment considérer, dans une perspective classique, que la légitime défense est elle-même une forme de rétablissement du droit, mais elle reste très différente de l’exécution d’une sentence ou de l’application d’une norme.
  • [6]
    Robert Cooper, « La longue paix », trad. Le Débat, 107, novembre-décembre 1999, p. 5-12.
  • [7]
    « Entre conviction et responsabilité », Le Nouvel Observateur, hors série, 46, janvier 2002, p. 14-17.
  • [8]
    Michael Walzer, Guerres justes et injustes (1977), trad., Paris, Belin, coll. « Littérature et politique », 1999.
  • [9]
    Robert Kagan, « Puissance et faiblesse », trad., Commentaire, 99, automne 2002, p. 517-535.
  • [10]
    Emmanuel Todd, Après l’Empire. Essai sur la décomposition du système américain, Paris, Gallimard, 2002, p. 233.

Si la tragédie du 11 septembre a suscité de très nombreuses analyses politiques ou stratégiques, du reste évidemment divergentes, il ne semble pas que la philosophie politique contemporaine se soit, pour l’instant, beaucoup intéressée à la signification ou aux conséquences de cet événement. Or, il me semble précisément que l’attentat des Twin Towers, en redonnant au problème de la guerre une actualité nouvelle, constitue un défi pour les tendances dominantes de la philosophie politique d’aujourd’hui qui, depuis une quinzaine d’années, adoptaient volontiers une perspective « cosmopolitique » ou du moins post-nationale, où la considération de la puissance semblait appartenir à un passé périmé, et où les thèmes de la « paix perpétuelle » et du règne universel du « droit » semblaient acquérir une pertinence nouvelle à la lueur même des grandes tragédies du xxe siècle. Dans la période qui a suivi l’effondrement du communisme soviétique, la violence étatique n’avait pas disparu, et les conflits sanglants n’ont sans doute pas été moins nombreux qu’auparavant, mais l’idée faisait néanmoins son chemin que, sous le chaos apparent des nouvelles relations internationales, quelque chose comme la « paix perpétuelle » pouvait redevenir, sinon une certitude, du moins une espérance raisonnable ; cet espoir rencontrait du reste certaines évolutions internes assez profondes des démocraties qui convergeaient toutes vers une certaine délégitimation de tout ce qui, dans la politique moderne, avait eu partie liée avec la permanence de l’« état de nature » : la politique étrangère entrait peu à peu dans le droit commun des démocraties, avec pour effet un net affaiblissement du prestige de l’exécutif et, en Europe, une certaine délégitimation du vieux modèle de l’État-nation au profit d’une Union européenne dont l’idéal régulateur était en fait « cosmopolitique »…


Date de mise en ligne : 01/04/2010

https://doi.org/10.3917/scpo.leglo.2003.01.0083

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