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Chapitre 26. La réception des dissidences à Paris

Pages 377 à 403

Citer ce chapitre


  • Grémion, P.
(2003). Chapitre 26. La réception des dissidences à Paris. Dans
  • A. Le Gloannec
  • et A. Smolar
Entre Kant et Kosovo : Etudes offertes à Pierre Hassner (p. 377-403). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.leglo.2003.01.0377.

  • Grémion, Pierre.
« Chapitre 26. La réception des dissidences à Paris ». Entre Kant et Kosovo Etudes offertes à Pierre Hassner, Presses de Sciences Po, 2003. p.377-403. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/entre-kant-et-kosovo--2724609107-page-377?lang=fr.

  • GRÉMION, Pierre,
2003. Chapitre 26. La réception des dissidences à Paris. In :
  • LE GLOANNEC, Anne-Marie
  • et SMOLAR, Aleksander,
Entre Kant et Kosovo Etudes offertes à Pierre Hassner. Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.377-403. DOI : 10.3917/scpo.leglo.2003.01.0377. URL : https://shs.cairn.info/entre-kant-et-kosovo--2724609107-page-377?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.leglo.2003.01.0377


Notes

  • [1]
    Soljenitsyne. Colloque de Cerisy, communications de Michel Aucouturier, Olivier Clément, Michel Evdokimov, Georges Nivat, Piotr Rawicz, Marc Slonim, Raïssa Tarr, uge, coll. « 10/18 », 1974. Deux ans auparavant, Michel Aucouturier et Georges Nivat avaient été les maîtres d’œuvre d’un Cahier de l’Herne (Éditions de l’Herne, 1971) consacré à l’écrivain russe.
  • [2]
    Marc Slonim, art. cité.
  • [3]
    G. Nivat, art. cité, p. 107.
  • [4]
    Michel Aucouturier, art. cité, p. 151.
  • [5]
    Pierre Daix, Ce que je sais de Soljenitsyne, Paris, Seuil, 1973.
  • [6]
    Ibid., p. 63.
  • [7]
    Forschungsstelle Osteuropa, Samizdat, Université de Brême, Édition Temmen, 2000.
  • [8]
    Alexandre Guinsbourg est mort en juillet 2002. Il est enterré à Paris.
  • [9]
    Cf. également Alain Bosquet, Pas d’accord, Soljenitsyne, Paris, Filipacchi, 1974. L’auteur, qui termine son manuscrit en février 1974 au moment du bannissement, vient d’achever la lecture en russe de L’Archipel du goulag. Pour Alain Bosquet, Soljenitsyne est assurément un témoin qui a souffert mais cette souffrance ne lui donne pas tous les droits. Ses romans sont du mauvais Maupassant ou du mauvais Gorki, remis au goût du jour. Bosquet interpelle l’écrivain en ces termes : « Ce naturalisme, ce “devoir” que l’on retrouve à chaque page font de vous un écrivain du xxe siècle attardé, coriace, puissant, mais singulièrement limité pour saisir les contradictions de son temps » (p. 13).
  • [10]
    Le Nouvel Observateur, 18-24 février 1974.
  • [11]
    À la même époque, avec la nouvelle direction de Claude Jullien, Le Monde diplomatique prend lui aussi un virage progressiste couplé avec des positions tiers-mondistes radicales.
  • [12]
    Alexandre Soljenitsyne, Le chêne et le veau, Paris, Seuil, 1975, p. 121.
  • [13]
    Jean-Paul Sartre, « autoportrait à 70 ans », entretiens recueillis par Michel Conta, Le Nouvel Observateur, juillet 1975.
  • [14]
    André Glucksman, La cuisinière et le mangeur d’homme, Paris, Seuil, 1975.
  • [15]
    Michel-Antoine Burnier, Le testament de Sartre, Paris, Olivier Orban, 1982.
  • [16]
    Goulven Boudic, La métamorphose d’une revue. Esprit (1932-1982), Rennes, Université de Rennes, 2000.
  • [17]
    Nikita Struve, Les chrétiens en urss, Paris, Seuil, 1963. Le comité, présidé par François Mauriac, est lancé la même année que la publication du livre qui portait à la connaissance du public les persécutions et les destructions d’église en urss sous Khrouchtchev.
  • [18]
    Le numéro de février 1967 réunit ainsi trois articles : « Revue chronologique de l’affaire Siniavski-Daniel », « Protestation d’écrivains russes », « Principales protestations hors d’urss ».
  • [19]
    Juillet-août 1971.
  • [20]
    Cet ensemble substantiel réunit 9 articles. Karoly Kecskemeti, « Les grandes lignes de l’Europe centrale » ; Radomir Luza, « L’Europe objet » ; Ladislas Marton, « Contribution à une cartographie du pouvoir » ; Jan Pallas, « Idéologie et société socialiste » ; Pierre Kende, « Du socialisme au productivisme » ; Witold Jedlicki, « Quelques remarques sur le révisionnisme polonais » ; Andras Kiraluty, « Contestations démocratiques et révolutionnaires (1953-1956) : l’octobre hongrois » ; Marko Krstic, « Un exemple de développement dialectique dans le monde communiste » ; Akos Puskas, « Une Europe Autre ».
  • [21]
    Jan Pallas, art. cité, p. 241. Pallas est un pseudonyme adopté par un philosophe des sciences tchèques, Jan Sebestnik.
  • [22]
    Raymond Aron, « La foire aux diplomates », Le Figaro, 30 juillet 1975.
  • [23]
    Esprit, décembre 1972.
  • [24]
    L’article d’Hassner était suivi des réponses à un questionnaire sur le thème « Que peut faire l’Europe de l’Ouest ? » du général Buis, président du Centre pour les études de défense, de Robert Pontillon, chargé des relations internationales au parti socialiste, de Gilles Martinet (Le Nouvel Observateur), d’Alain Ravennes, délégué général du Mouvement pour l’indépendance de l’Europe et de Michel Rocard, secrétaire général du psu.
  • [25]
    Esprit, 7-8, 1978.
  • [26]
    Constantin Jelenski, « Kultura. La Pologne en exil », Le Débat, 9, février 1981.
  • [27]
    Pierre Kende et Krzysztof Pomian, 1956, Varsovie-Budapest, Paris, Seuil, 1977.
  • [28]
    Adam Michnik, L’Église et la gauche : le dialogue polonais, Paris, Seuil, 1979. Le livre comporte en annexe un glossaire de douze pages sur la vie politico-intellectuelle polonaise.
  • [29]
    Jan Rubes, Vaclav Havel, un révolutionnaire de velours, Paris, Édition de l’Aube, 1999. Dans son livre, Jan Rubes met pour la première fois à la disposition du lecteur français la polémique entre Vaclav Havel et Milan Kundera au lendemain du Printemps de Prague et de son interruption par les forces armées du pacte de Varsovie.
  • [30]
    Pavel Tigrid, Le Printemps de Prague, Paris, Seuil, 1968. Écrit avant l’invasion mais publié après elle, le livre se vend à 40 000 exemplaires.
  • [31]
    Sakharov, Paris, Seuil, 1982. Préface de l’édition française de Louis Michel et Jean-Claude Pecker.
  • [32]
    Largement diffusées en samizdat et à l’étranger, les réflexions ont connu une quarantaine d’éditions avoisinant les 18 millions d’exemplaires (Sakharov, op. cit., p. 17)
  • [33]
    Alexandre Daniel, « Wie freie Menschen : Ursprung und Wurzeln des Dissens in der Sowjet Union », dans Samizdat, op. cit.
  • [34]
    Sakharov, op. cit., p. 24.
  • [35]
    Sakharov parle, Paris, Seuil, 1974.
  • [36]
    Dès 1958, il est intervenu pour protester contre les essais nucléaires imminents et en 1961 il remet à Khrouchtchev une note sur la nécessité de suspendre les essais.
  • [37]
    Sakharov parle, op. cit.
  • [38]
    Ibid., p. 15.
  • [39]
    Ibid., p. 98.
  • [40]
    Jean-Paul Jouary, Guy Pelachaut, Arnaud Spire, Bernard Vasseur, Giscard et les idées. Essai sur la guerre idéologique, Paris, Éditions sociales, 1980 ; Projet socialiste pour la France des années 1980, Paris, Flammarion, 1980. Le premier ouvrage est issu des rangs du parti communiste. L’étroite parenté de langue entre les deux livres mérite d’être relevée.
  • [41]
    Jacques Sémelin, La liberté au bout des ondes, Paris, Belfond, 1997.
  • [42]
    Thomas Schreiber, Les actions de la France à l’Est ou les absences de Marianne, Paris, L’Harmattan, 2000.
  • [43]
    Michel Aucouturier, « Les revues de l’émigration et de la dissidence russes », Le Débat, février 1981.

La situation et les fonctions remplies par le parti communiste dans le système politique de la France du second xxe siècle constituent aujourd’hui un objet d’étude bien exploré. Le moment de la délégitimation du communisme en France est également circonscrit : il date de l’acceptation de l’application du concept de totalitarisme au phénomène. Il reste que le communisme ne relevait pas seulement de l’analyse politique intérieure. Il s’inscrivait dans un mouvement international porté par une vision progressiste du monde. Le progressisme débordait le communisme et les communistes se présentaient comme la partie la plus consciente d’un mouvement de l’Histoire qui les englobait. Le progressisme se confondait avec l’idée d’émancipation collective. Le substantif (progressisme) et l’adjectif (progressiste) entrent dans la langue au milieu du xixe siècle. Une politique progressiste est synonyme, au départ, de politique républicaine, mais ce sens pâlit et, au xxe siècle, le progressisme désigne une politique plus à gauche et d’extrême gauche, une politique de rupture.
L’univers progressiste français reposait sur un triangle dont le parti communiste et ses relais dans les arts et les lettres formaient un des sommets. Le second sommet était constitué par la principauté de Saint-Germain-des-Prés gouvernée par Sartre. Le dernier sommet du triangle plongeait, lui, dans le monde des agrégés de l’université. Une même vision du monde réunissait les participants au sein de ce triangle. Pour cette vision du monde, le jeu des forces progressistes traversait le passé et l…


Date de mise en ligne : 01/04/2010

https://doi.org/10.3917/scpo.leglo.2003.01.0377

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