Humbert III entre quête monastique, stratégies lignagères et obligations politiques
Pages 59 à 68
Citer ce chapitre
- CASTELNUOVO, Guido,
- CIAVALDINI RIVIÈRE, Laurence,
- LEMONDE-SANTAMARIA, Anne
- et TADDEI, Ilaria,
- Castelnuovo, Guido.
- Castelnuovo, G.
- L. Ciavaldini Rivière,
- A. Lemonde-Santamaria
- et I. Taddei
https://doi.org/10.3917/pug.rivie.2009.01.0059
Citer ce chapitre
- Castelnuovo, G.
- L. Ciavaldini Rivière,
- A. Lemonde-Santamaria
- et I. Taddei
- Castelnuovo, Guido.
- CASTELNUOVO, Guido,
- CIAVALDINI RIVIÈRE, Laurence,
- LEMONDE-SANTAMARIA, Anne
- et TADDEI, Ilaria,
https://doi.org/10.3917/pug.rivie.2009.01.0059
Notes
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[1]
Le corpus de référence est constitué par trois chroniques. Il s’agit des ouvrages suivants, dans leur ordre chronologique : Jean d’Orville Cabaret, La Chronique de Savoye, Daniel Chaubet (éd.), Chambéry, Comp’Act, 2006 (dorénavant = Cabaret), rédigée entre 1417 et 1419 (la vie d’Humbert : p. 86-92) ; Jean Servion, Gestes et chroniques de la Maison de Savoye, Frédéric Emmanuel Bollati (éd.), Turin, Casanova, 1870, vol. I, Turin, 1879, vol. II (dorénavant = Servion), terminées avant 1466 (la vie d’Humbert : vol. II, p. 207-226) ; Perrinet Dupin, Chronicques de Savoye, Frédéric Emmanuel Bollati (éd.), 2 vol., Torino, Casanova, 1893 (dorénavant = Dupin), rédigées avant 1477 (les chapitres concernés : vol. II, p. 171-197). Pour l’historiographie savoyarde à la fin du Moyen Âge, voir en dernier la bibliographie mise à jour dans Guido Castelnuovo, « Nobles des champs ou nobles de cour ? Princes et noblesse dans les chroniques savoyardes du XVe siècle », Marco Gentile, Pierre Savy (éd.), Noblesse et États princiers en Italie et en France au XVe siècle, journées d’études, EFR, Rome, novembre 2004, École française de Rome, 2009, sous presse, ainsi que les différentes contributions réunies dans Écrire l’ histoire et penser le pouvoir. États de Savoie, milieu XIVe-fin XVIe siècle, colloque international, Chambéry, Université de Savoie, novembre 2007, Laurent Ripart (éd.), Chambéry, 2009, sous presse.
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[2]
Dupin, p. 171. Sur la mélancolie et sa longue histoire voir au moins Ludwig Binswanger, Mélancolie et manie, trad. française, Paris, PUF, 1987, 136 p. (éd. allemande 1960) ; Raymond Klibansky, Erwin Panofsky Fritz Saxl, Saturne et la mélancolie, trad. française, Paris, Gallimard, 1990 (éd. anglaise, 1964), 734 p. ; Hélène Prigent, Mélancolie, les métamorphoses de la dépression, Paris, Gallimard, 2005, 159 p. Sur l’accidia et les débuts de la mélancolie, cf. maintenant. Caria Casagrande, Silvana Vecchio, Histoire des péchés capitaux au Moyen Âge, trad. française, Paris, Flammarion, 2003 (éd. italienne 2000), p. 143-151.
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[3]
Servion, p. 212.
-
[4]
Pour un encadrement historique du règne d’Humbert III et pour les détails concernant ses quatre (et non trois) épouses, il convient, pour l’heure, de continuer à se référer à un classique des premières décennies du XXe siècle dont l’auteur n’avait, par ailleurs, guère de sympathie pour Humbert (« Humbert’s disasters began early, even during the regency ») : Charles William Previté-Orton, The Early History of the House of Savoy, Cambridge, University Press, 1912, p. 317.
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[5]
Servion, p. 220.
-
[6]
Dupin, p. 171.
-
[7]
Cabaret, ch. 63, p. 90.
-
[8]
Après moult tribulations religieuses et politiques, Humbert III finira par être officiellement béatifié bienheureux, mais seulement en 1838.
-
[9]
Cabaret, ch. 65, p. 91.
-
[10]
Voir bientôt Laurent Ripart, « Aux sources des Chroniques de Savoie : la généalogie comtale d’Hautecombe (vers 1342) », Écrire l’ histoire et penser le pouvoir…
-
[11]
En réalité, Humbert se maria quatre fois : cf. supra, n. 4.
-
[12]
Contra les remarques navrantes de l’éditeur de la Chronique : « Ce que l’on peut surtout reprocher à Cabaret dans la chronique d’Humbert III ce sont les omissions » (Cabaret, p. 92, n. 75).
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[13]
Ibid., ch. 64, p. 90.
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[14]
Servion, p. 221.
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[15]
Dupin, p. 180-192.
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[16]
Sur le Pierre de Tarentaise historique, voir encore Anselme Dimier, Saint Pierre de Tarentaise, Ligugé, Abbaye Saint-Martin, 1935, 206 p.
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[17]
Dupin, p. 180.
-
[18]
Ibid., p. 181.
-
[19]
Ibid.
-
[20]
Ibid.
-
[21]
Ibid., p. 182.
-
[22]
Ibid., p. 183.
-
[23]
Ibid., p. 186.
-
[24]
Ibid., p. 185.
-
[25]
Ibid., p. 188.
-
[26]
Ibid., p. 189.
-
[27]
Ibid.
-
[28]
Ibid., p. 192.
-
[29]
Ibid.
-
[30]
Ibid., p. 192-193.
-
[31]
Cabaret, ch. 64, p. 90-91.
-
[32]
Ibid., ch. 64, p. 91. Une première lecture de cet épisode hautement conflictuel, relaté dans les trois chroniques, se trouve dans G. Castelnuovo, « Nobles des champs ou nobles de cour ? … »
-
[33]
Ibid.
-
[34]
Servion, p. 207 (titre du chapitre) ; cf. p. 208, 210, 213, 219.
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[35]
Ibid., p. 221-222. Au Bourget, les ambassadeurs des trois États « se mistrent sur le lac et vogarent iusqua Haute Combe » (ibid., p. 222).
-
[36]
Ibid., p. 220.
-
[37]
Comme le rappellent les barons savoyards dès l’épisode précédent, lorsqu’ils sont confrontés à la mélancolie monastique de leur prince qui vient de perdre sa première épouse : ibid., p. 213.
-
[38]
Ibid., p. 222-223.
-
[39]
Une lamentation politique et nobiliaire en tous points semblable (et encore plus détaillée) se retrouve, à la même période, sous la plume de Pierre Du Bois, le marchand et secrétaire valdôtain qui, avant 1460, rédige la Chronique de la noble maison de Challant, en référence au décès de son principal héros, le comte Jacques de Challant : cf. l’analyse dans Guido Castelnuovo, «Un idéal nobiliaire dans la Savoie du XVe siècle : la Chronique de la Maison de Challant», Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, 117/2, 2005, p. 729-731.
-
[40]
Servion, p. 223.
-
[41]
Ibid., p. 223-224.
-
[42]
Ibid., p. 224.
-
[43]
Dupin, p. 192 ; cf. supra, n. 15-28.
-
[44]
Ibid., p. 177 (« les nobles a lui subiectz » convoquent les trois États), p. 194-5 (les nobles, voyant les réticences monastiques, clament être prêts à incendier et détruire l’abbaye entière).
-
[45]
Ibid., p. 177.
-
[46]
Cf. à tout le moins Alessandro Barbero, Il ducato di Savoia. Amministrazione e corte di uno stato franco-italiano, Rome-Bari, Laterza, 2002, et G. Castelnuovo, « Nobles des champs ou nobles de cour ?… ».
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[47]
« Vous qui grandemant les tourbez » : Dupin, p. 178.
-
[48]
Ibid.
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[49]
Ibid., p. 180.
-
[50]
Ibid., p. 193-194.
-
[51]
Ibid., p. 194.
-
[52]
Ibid., p. 195.
Si l’on suit les chroniqueurs savoyards du XVe siècle, le comte Humbert III souffrait d’accidia, d’une mélancolie physique et religieuse issue d’un « desconfort de cuer » qui l’empêchait d’apprécier à sa juste valeur la vie princière et ses obligations. Ce n’était, d’ailleurs, pas la première fois « qu’il avoit en son cuer » mélancolies « et tribulations » car, tout prince qu’il était, il venait de perdre coup sur coup ses deux épouses. La première, Mahaut, s’était laissée mourir de n’avoir pu offrir d’héritier à son bon mari ; la deuxième, Anne de « Bellinge/Salinguen/Sinlinge » selon les chroniqueurs, n’avait réussi à lui donner qu’une fille, trop tôt décédée, et la mélancolie qui suivit avait conduit la comtesse à un trépas prématuré.
Mélancolieux presque pérenne, le comte Humbert, selon Cabaret, Servion et Dupin, cherchait et trouvait sa principale consolation auprès des saints hommes qui peuplaient alors l’univers érémitique et monastique savoyard. Son engagement religieux, qui le poussait « en son corage de soy oster du monde et de soy tenir en aucun lieu sollitayre », marquait sa volonté d’abandonner « tous triomphes, bonbans et estaz seculiers » en vue de « fuir vye active et suyvir la contemplative » de sorte à « non jamais soy marier et n’estre au monde ».
Dans la reconstruction toute idéologique que, près de trois siècles plus tard, les chroniques savoyardes feront d’un long règne (1148-1189) relu à l’aune d’une réputation de sainteté comtale qu’il convenait de diffuse…
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