1. Comment le travail empiète et la famille déborde : différences sociales dans l'arrangement des sexes
- Par Michel Bozon
Pages 29 à 54
Citer ce chapitre
- BOZON, Michel,
- PAILHÉ, Ariane
- et SOLAZ, Anne,
- Bozon, Michel.
- Bozon, M.
- A. Pailhé
- et A. Solaz
https://doi.org/10.3917/dec.pailh.2009.01.0029
Citer ce chapitre
- Bozon, M.
- A. Pailhé
- et A. Solaz
- Bozon, Michel.
- BOZON, Michel,
- PAILHÉ, Ariane
- et SOLAZ, Anne,
https://doi.org/10.3917/dec.pailh.2009.01.0029
Notes
-
[1]
Les membres des professions indépendantes et les enseignants n’avaient alors pas été interrogés.
-
[2]
Ce résultat contre-intuitif s’explique peut-être en partie par le fait que, par construction, l’échantillon observé ne prend pas en compte les femmes qui ont interrompu temporairement leur activité professionnelle pour élever leurs enfants. Par ailleurs, les données que nous analysons ne sont pas longitudinales.
Il y a diverses manières de vivre l’interaction
entre travail et famille. La charge du travail professionnel et du travail
domestique pèse différemment en nature et en intensité selon le sexe,
l’étape du couple et de la famille mais aussi selon le milieu socioprofessionnel. Il existe une charge mentale globale plus forte pour les
femmes [Haicault, 1984 ; Chabaud et al., 1985 ; Barrère-Maurrisson, 1992 ;
Anxo et al., 2002], en raison du poids du travail et de la responsabilité
domestiques, mais une autre caractéristique qui différencie tant les sexes
que les contextes familiaux et sociaux est l’inégale propension à vivre
travail et famille comme des sphères mutuellement perméables ou, au
contraire, cloisonnées.
L’inégalité dans la division sexuelle des charges et son maintien dans
un contexte de généralisation de la participation des femmes au marché
du travail salarié sont en général abordés par les auteurs sous deux angles
différents. On peut y voir le résultat d’une logique inégalitaire ancrée
dans l’organisation du travail salarié et dans celle de la production
indépendante, qui spécialise, minore et déprécie l’activité des femmes
[Maruani, 1989 et 1998 ; Daune-Richard, 2001 ; Ferrand, 2004]. On peut
aussi l’envisager comme une conséquence de l’organisation patriarcale
de la famille et de l’assignation non rémunérée des femmes à la sphère
domestique, considérée comme une exploitation [Delphy, 1974], et
reléguant au second plan tout autre engagement [Collectif, 1984] : ainsi,
dans les problématiques sociales de la conciliation entre vie familiale
et vie professionnelle, le travail salarié est considéré comme variable
d’ajustement, mais pour les femmes uniquement [Fagnani, 2000]…
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