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9. Le succès d’un scandale

Pages 197 à 224

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  • Jablonka, I.
(2009). 9. Le succès d’un scandale. Enfants en exil : Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982) (p. 197-224). Le Seuil. https://shs.cairn.info/enfants-en-exil-transfert-de-pupilles-reunionnais-en-metropole-1963-1982--9782020932295-page-197?lang=fr.

  • Jablonka, Ivan.
« 9. Le succès d’un scandale ». Enfants en exil Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982) Le Seuil, 2009. p.197-224. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/enfants-en-exil-transfert-de-pupilles-reunionnais-en-metropole-1963-1982--9782020932295-page-197?lang=fr.

  • JABLONKA, Ivan,
2009. 9. Le succès d’un scandale. In : Enfants en exil Transfert de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982) Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.197-224. URL : https://shs.cairn.info/enfants-en-exil-transfert-de-pupilles-reunionnais-en-metropole-1963-1982--9782020932295-page-197?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Cité par J. Defos du Rau, « L’île de la Réunion… », op. cit., p. 514.
  • [2]
    Cité par le JIR, 29 mars 1966.
  • [3]
    J.-C. Leloutre, La Réunion…, op. cit., p. 10.
  • [4]
    « Une interview de Roland Malet », Témoignages, 25 août 1972.
  • [5]
    Cité dans J. Perreau-Pradier, « Rapport au conseil général de la Réunion », op. cit.
  • [6]
    Cercle Éliard Laude, Réunion 1969…, op. cit., p. 89.
  • [7]
    « Les Réunionnais à Paris. Le Paris des migrants », Témoignages, 27 juillet 1968.
  • [8]
    « Ils crèvent de faim », Témoignages, 30 août 1972.
  • [9]
    « “Volontaires” ou “volontaires forcés” ? », Témoignages, 1er août 1968.
  • [10]
    « Dans quel but cette véritable rafle d’enfants réunionnais ? », Témoignages, 7 août 1968.
  • [11]
    G. de Nordeck, « Cent cinquante jeunes Réunionnais apprennent à vivre et à travailler dans le département de la Creuse », JIR, 10 avril 1967. Il dépeint des enfants gais, choyés, en route vers la promotion sociale : tandis qu’« Édith joue à la poupée », André « gâche le mortier comme un professionnel ».
  • [12]
    « L’opinion ne comprend pas le silence gêné au sujet des enfants enlevés à leurs parents », Témoignages, 13 août 1968.
  • [13]
    Ibid.
  • [14]
    « Sur ordre de qui organise-t-on le véritable trafic des jeunes enfants réunionnais ? », Témoignages, 5 septembre 1968.
  • [15]
    « Dans quel but cette véritable rafle d’enfants réunionnais ? », art. cit.
  • [16]
    « Sur ordre de qui organise-t-on le véritable trafic des jeunes enfants réunionnais ? », art. cit.
  • [17]
    « Cinquante jeunes enfants “vaccinés et valises prêtes” ne doivent-ils pas être définitivement déportés en France ? », Témoignages, 3 septembre 1968.
  • [18]
    CGR, « Délibérations […] du 5 décembre 1972 », p. 653.
  • [19]
    « Oui ou non des enfants réunionnais sont-ils enlevés ? », Témoignages, 4 septembre 1968.
  • [20]
    « Les Réunionnais à Paris. Des travailleurs pour l’économie française », Témoignages, 30 juillet 1968.
  • [21]
    Cercle Éliard Laude, Réunion 1969…, op. cit., p. 88.
  • [22]
    W. Bertile, « Le sous-développement réunionnais. L’émigration en métropole : somnifère ou remède ? », mémoire de maîtrise, université d’Aix-en-Provence, 1968, p. 141.
  • [23]
    W. Bertile, La Réunion. Atlas thématique et régional, op. cit., p. 43-44.
  • [24]
    W. Bertile et al., Une communauté invisible. 175 000 Réunionnais en France, Paris, Éditions Karthala, 1996, p. 11 et p. 17.
  • [25]
    Cité dans « Enfants réunionnais déportés : dès 1972, le scandale était sur la place publique », Témoignages, 16 août 2002. C’est alors que le PCR rouvre le dossier au conseil général, le 5 décembre 1972.
  • [26]
    « Aide (sociale) », Le Canard enchaîné, 16 novembre 1972.
  • [27]
    « Les jeunes Réunionnais “déportés” vers la France », Libération, 18 décembre 1973.
  • [28]
    « Cinquante jeunes enfants “vaccinés et valises prêtes”… », art. cit.
  • [29]
    L. Déramond, « Imagine on a survécu ! », doc. cit.
  • [30]
    M. Benhamia, « On déportait des enfants réunionnais », Témoignages, 19 mai 1992.
  • [31]
    N. Negrouche, « L’énigme des Réunionnais parachutés en Creuse », Libération, 15 février 1993.
  • [32]
    Ibid.
  • [33]
    B. Finck, « “Arrachés” à leur famille, les enfants “réunionnais de la Creuse” », La Montagne, 19 mai 1993.
  • [34]
    N. Negrouche, « Un exil forcé… », art. cit. ; « Exigences d’un autre âge ? », art. cit.
  • [35]
    « Une infirmière témoigne », art. cit.
  • [36]
    A. Mermet, « “Nous avons été déportés” » JIR, 20 juillet 1995.
  • [37]
    M. Pivois, « Enfants créoles perdus dans la Creuse », Libération, 4 juillet 2001.
  • [38]
    Y. Mont-Rouge, « Trente-cinq ans après, il retrouve sa famille à Saint-André », JIR, 7 juillet 2001.
  • [39]
    « À la Réunion, sur les traces de son enfance volée », VSD, 6-12 septembre 2001.
  • [40]
    « Les enfants déportés de la Réunion en Creuse », « On ne peut pas plaire à tout le monde », France 3, 30 mai 2004.
  • [41]
    Cité par É. Lemai, La Déportation…, op. cit., p. 87.
  • [42]
    « Une enfance volée de J.-J. Martial », La Montagne, 13 novembre 2003.
  • [43]
    P. David, « Leçons politiques d’un stigmate contemporain de l’esclavagisme », Témoignages, 12 février 2002.
  • [44]
    L. Reilhac, « “Une véritable traite des enfants réunionnais” », JIR, 9 février 2002.
  • [45]
    Entretien avec Albert Ramassamy, JIR, 15 septembre 2002.
  • [46]
    « Le vrai journal », doc. cit.
  • [47]
    Y. Mont-Rouge, « Un des Réunionnais de la Creuse attaque l’État », JIR, 8 février 2002.
  • [48]
    M. Righini, « Les enfants volés de la Réunion », art. cit.
  • [49]
    N. Gillot, « Les enfants déportés de la Réunion. Ces documents qui accablent l’État français », VSD, 1er-7 août 2002.
  • [50]
    « À la base de tout : le racisme anti-réunionnais », Témoignages, 10-11 août 2002.
  • [51]
    J.-J. Martial, Une enfance volée, op. cit., p. 99.
  • [52]
    « Les Réunionnais de la Creuse », doc. cit.
  • [53]
    L. Reilhac, « “Les faibles tombaient dans la déprime” », art. cit. On peut rapporter cette attitude à la manière dont les pupilles se sont intégrés socialement. À l’inverse de ceux qui portent plainte, certains déclarent vouloir tirer un trait sur leur passé. L’un d’entre eux explique ainsi : « La différence, c’est que moi j’ai fait la paix avec toute cette rancœur, cette difficulté qu’on a eue. J’ai fait la paix parce que j’ai construit, j’ai eu l’occasion de construire et la volonté de construire » (cité dans « Le vrai journal », doc. cit.).
  • [54]
    J.-J. Martial, Une enfance volée, op. cit., p. 99.
  • [55]
    C. Gal, P. Naves, « Rapport… », IGAS, op. cit., p. 61.
  • [56]
    Selon la jurisprudence de l’affaire Remadnia, jugée par le Tribunal des conflits le 7 octobre 1991.
  • [57]
    Le 27 juillet 2000, la cour administrative d’appel de Douai a estimé que l’ASE est un service départemental « placé, à l’époque des faits [en 1965], sous l’autorité du préfet qui, en sa qualité d’exécutif du département, agissait […] au nom et pour le compte du département et non en sa qualité d’agent de l’État ». Le 13 octobre 2003, le Conseil d’État a jugé un département responsable de l’intégralité du préjudice (évalué à 75 000 euros) subi par une pupille martyrisée par ses familles d’accueil.
  • [58]
    M. Brouillet, « Contribution à l’étude de la loi du 27 juin 1904… », op. cit., p. 185.
  • [59]
    FNSP, 9 DE 20, DDASS (1971-1972).
  • [60]
    Voir par exemple J.-M. Lhuillier, Aide sociale à l’enfance. Guide pratique, Paris, Berger-Levrault, 2004, 7e éd.
  • [61]
    A. Farge, J. Revel, Logiques de la foule. L’affaire des enlèvements d’enfants, Paris 1750, Paris, Hachette, 1988.
  • [62]
    A. Sauvy, G. Ghez, P. George, L. Chevalier, Dépeuplement rural et Peuplement rationnel. Six enquêtes locales, précédées de considérations théoriques sur le peuplement optimum d’une région isolée, Paris, PUF, 1949, p. 106.
  • [63]
    J.-P. Larivière, « La population du Limousin », thèse de géographie, université de Clermont-Ferrand, 1975, vol. I, p. 12-16.
  • [64]
    J. Maho, Vivre dans la Creuse, Paris, Éditions du CNRS, 1985, p. 81.
  • [65]
    « Un exposé de M. le préfet de la Creuse sur la situation générale du département », La Montagne, 20 janvier 1966.
  • [66]
    ADC, 1272 W 26, aide sociale à l’enfance, foyer de l’enfance de Guéret (1955-1985).
  • [67]
    C. Barriet, « 150 Réunionnais séjournent actuellement en Creuse. Ils s’y établiront à titre définitif », Le Populaire du Centre, 30 septembre 1966.
  • [68]
    « Cent cinquante jeunes originaires de la Réunion accueillis en Creuse », La Montagne, 8 octobre 1966.
  • [69]
    INSEE, Recensement général de la population de 1962. Résultats du sondage au 1 / 20 pour la France entière. Structure de la population totale, Paris, Direction des journaux officiels, 1965, p. 114-117.
  • [70]
    É. Lemai, La Déportation…, op. cit., p. 32.
  • [71]
    France 2, Journal de 20 heures, 9 février 2002.
  • [72]
    A.-N. Dorion, « La Creuse, terre d’exil », France Soir, 8 février 2002.
  • [73]
    Cité par G. Gauvin, « Michel Debré et l’île de la Réunion… », op. cit., vol. II, p. 164.
  • [74]
    Cité par L. Reilhac, « “Une véritable traite des enfants réunionnais” », art. cit.
  • [75]
    La lettre avait été reprise dans Témoignages (M. Benhamia, « On déportait des enfants réunionnais », art. cit.).
  • [76]
    J.-P. Gosse, La Bête que j’ai été…, op. cit., p. 16.
  • [77]
    C. Gal, P. Naves, « Rapport… », IGAS, op. cit., p. 11.
  • [78]
    Le reportage est rediffusé sur TF1, Journal de 20 heures, 7 février 2002.
  • [79]
    Cité par É. Lemai, La Déportation…, op. cit., p. 62.
  • [80]
    Document reproduit dans le JIR, 15 septembre 2002
  • [81]
    CGR, 26 Pa 214, correspondances et rapports sur la migration des pupilles (1966-1982).
  • [82]
    « Cent cinquante jeunes originaires de la Réunion accueillis en Creuse », art. cit.
  • [83]
    Cité dans « Les enfants déportés de la Réunion en Creuse », doc. cit.
  • [84]
    V. L’Hôte, « La mise en cause judiciaire des préfets », in F. Borella (dir.), Le Préfet…, op. cit., p. 154.

La migration des enfants réunionnais a suscité tour à tour l’indifférence, la pitié et le scandale. Cette succession d’états, passionnante en soi, rappelle les fluctuations de l’opinion publique qui, depuis la fin de l’Ancien Régime jusqu’aux années 1930, manifeste à l’égard des enfants sans famille un désintérêt entrecoupé de brusques émois. Toute l’histoire de l’Assistance publique est ponctuée de « scandales », c’est-à-dire de prurits déclenchés par une chronique choquante ou bouleversante et dont la durée n’excède pas quelques mois (alors même que le malheur des enfants perdure). Dans la deuxième moitié du xixe siècle, deux ingrédients nouveaux entrent dans la fabrique des « scandales » : les romans et la presse. Des écrivains aussi différents que George Sand, Victor Hugo, Alphonse Daudet et Jules Vallès s’emparent du thème pour représenter au lecteur l’injustice que subissent des petites victimes condamnées à vivre aux portes de la société. L’avènement de la République assure la fortune d’un genre littéraire qui jette ses derniers feux dans Saint Genet comédien et martyr (1952) de Jean-Paul Sartre et Chiens perdus sans collier (1954) de Gilbert Cesbron. Simultanément, et en corrélation, puisque les écrivains publient leurs œuvres sous la forme de romans-feuilletons, les journalistes se font enquêteurs pour dénoncer le « crime de la rue d’Enfer » (le lieu où l’on abandonne les enfants à Paris) et les « exploiteurs d’orphelins ».
De la même manière, la migration réunionnaise s’est développée et achevée sans que personne n’y prenne garde, puis des pupilles devenus adultes ont rapporté ce qu’ils avaient vécu, des témoins ont confirmé et, quelques mois plus tard, l’ensembl…


Date de mise en ligne : 08/09/2022

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