Chapitre d’ouvrage

79. Travail et technique

Pages 1227 à 1234

Citer ce chapitre


  • Vatin, F.
(2022). 79. Travail et technique. Dans
  • Coordonné par F. Tannery,
  • J. Denis,
  • T. Hafsi
  • et A. Martinet
Encyclopédie de la stratégie (p. 1227-1234). EMS Éditions. https://doi.org/10.3917/ems.denis.2022.01.1227.

  • Vatin, François.
« 79. Travail et technique ». Encyclopédie de la stratégie, EMS Éditions, 2022. p.1227-1234. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/encyclopedie-de-la-strategie--9782376876052-page-1227?lang=fr.

  • VATIN, François,
2022. 79. Travail et technique. In :
  • Coordonné par TANNERY, Franck,
  • DENIS, Jean-Philippe,
  • HAFSI, Taïeb
  • et MARTINET, Alain Charles,
Encyclopédie de la stratégie. Caen : EMS Éditions. Les livrets de la stratégie, p.1227-1234. DOI : 10.3917/ems.denis.2022.01.1227. URL : https://shs.cairn.info/encyclopedie-de-la-strategie--9782376876052-page-1227?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ems.denis.2022.01.1227


Notes

  • [1]
    Une des motivations explicites de la politique de réduction de la durée du travail était bien de réduire le temps de peine (travail) au profit de « action » au sens d’Arendt (participation à la vie citoyenne).
  • [2]
    Prenant l’exemple emblématique de l’île de Pâques, Jeremy Diamond (Diamond ?) a montré l’ancienneté de la question écologique, c’est-à-dire celle du risque d’épuisement des ressources sur lesquelles repose la reproduction des sociétés humaines dans l’histoire de l’Humanité.
  • [3]
    La tradition antique distinguait les « arts libéraux », les seuls dignes des hommes libres, des arts mécaniques, considérés comme serviles. Ces arts libéraux se définissaient par la prévalence de l’esprit sur la main. Une partie de nos beaux-arts actuels, comme la sculpture ou la peinture, relevaient donc des arts mécaniques. L’autonomisation du champ artistique (beaux-arts) date de la période contemporaine (XVIIIe–XIXe siècles) avec l’émergence du marché bourgeois de l’art.
  • [4]
    Concrètement, Coulomb cherchait à établir la charge optimale de bois que les hommes devaient prendre à chaque ascension d’un escalier. Il appliquait ensuite son modèle à d’autres situations de travail : transport horizontal, enfonçage de pieux, labourage…

La notion de travail est de celles qui suscitent les plus grandes difficultés pour les sciences sociales. Il s’agit en effet d’une notion de sens commun. Mais elle est de ces notions dont la généricité est telle qu’il serait absurde de l’ignorer au nom de la nécessaire maîtrise conceptuelle propre à laquelle Émile Durkheim invitait les sociologues en les engageant à proscrire les « pré-notions » (Durkheim, 1895). Si les sciences humaines ne veulent pas se muer en une rhétorique creuse, payant, dans une victoire à la Pyrrhus sur le sens commun, leur clôture épistémologique par un autisme théorique interdisant tout dialogue avec la société, il faut qu’elles acceptent de charrier dans leur discours de telles notions, sans doute ambivalentes, mais également riches de sens et de tradition philosophique.
Un tel propos ne doit pas interdire pour autant de tenter de clarifier un peu la notion et de faire des choix théoriques à cette fin. Pour résumer les choses, on peut dire que deux points de vue se sont classiquement opposés quant à la définition du travail. Un certain nombre d’auteurs, nourris par la tradition philosophique classique, ont soutenu une définition historiquement « relativiste » du travail (Méda, 1995). Les sociétés antiques, comme les sociétés primitives et traditionnelles, n’auraient pas connu de concept générique de « travail », ainsi qu’en témoigne l’inexistence de ce terme, dans son champ sémantique contemporain, dans leur dictionnaire. Le « travail » serait un concept apparu en Europe occidentale à l’époque moderne, qui aurait triomphé avec la révolution industrielle et se serait finalement répandu à travers le monde avec l’hégémonie de l’économie capitaliste…


Date de mise en ligne : 08/04/2025

https://doi.org/10.3917/ems.denis.2022.01.1227

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