Âge
- Par Juliette Rennes
Pages 47 à 59
Citer ce chapitre
- RENNES, Juliette,
- Rennes, Juliette.
- Rennes, J.
- J. Rennes
https://doi.org/10.3917/dec.renne.2021.01.0047
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- Rennes, J.
- J. Rennes
- Rennes, Juliette.
- RENNES, Juliette,
https://doi.org/10.3917/dec.renne.2021.01.0047
Commencer une vie conjugale, entrer dans le monde du travail, quitter sa famille de naissance, pouvoir subvenir à ses besoins, devenir parent : au xxie siècle, dans un grand nombre de pays, ces pratiques sociales constituent des critères d’accomplissement de l’« âge adulte », sans distinction de sexe, de couleur ou de classe. Pourtant, la possibilité même de parvenir à ces étapes conventionnelles, l’ordre chronologique dans lequel on y accède, le fait d’être reconnu·e comme ayant le « bon âge » pour y accéder (ni trop jeune encore ni déjà trop vieux ou vieille) sont fortement corrélés à des différences de genre et de position sociale. Or de telles différences n’agissent pas seulement au cours du passage de l’adolescence à l’âge adulte, mais à tous les moments du parcours de vie.
À l’âge où certains cumulent l’ensemble des attributs valorisés de l’« adultéité », d’autres, de même âge civil, sont durablement renvoyés à leur « jeunesse » parce qu’ils ne remplissent pas les critères de l’autonomie économique et de l’intégration sociale. À l’âge où des hommes des classes privilégiées continuent de progresser dans leur carrière, accèdent à un nouveau poste et entament une seconde union conjugale, les femmes de même milieu social ont, elles, davantage de probabilités d’être considérées comme trop vieilles pour prétendre à de tels changements dans leur vie.
Les différences de genre et de classe éclairent aussi la façon dont s’organisent les relations fondées sur l’écart d’âge…
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