XVIII. L’expérience empathique des formes architecturales : Prolégomènes à une psychologie de l’architecture de Wölfflin
Pages 352 à 368
Citer ce chapitre
- TALON-HUGON, Carole,
- GEFEN, Alexandre
- et VOUILLOUX, Bernard,
- Talon-Hugon, Carole.
- Talon-Hugon, C.
- A. Gefen
- et B. Vouilloux
https://doi.org/10.3917/herm.gefen.2013.01.0352
Citer ce chapitre
- Talon-Hugon, C.
- A. Gefen
- et B. Vouilloux
- Talon-Hugon, Carole.
- TALON-HUGON, Carole,
- GEFEN, Alexandre
- et VOUILLOUX, Bernard,
https://doi.org/10.3917/herm.gefen.2013.01.0352
Notes
-
[1]
H. Wölfflin, Prolégomènes à une psychologie de l’architecture [Prolegomena zu einer Psychologie der Architektur, 1886], trad. sous la dir. de B. Queysanne, Paris, Carré, 1996, p. 25. [Désormais noté P.]
-
[2]
Il s’agit de la thèse de doctorat de Wölfflin, soutenue à l’âge de 22 ans, après des études de philosophie à Munich, et avant qu’un séjour à l’Institut archéologique allemand de Rome en 1886-1887 ne décide de son orientation vers l’histoire de l’art.
-
[3]
P, p. 25.
-
[4]
Ibid., p. 27. Nous soulignons.
-
[5]
Ibid., p. 68.
-
[6]
Ibid., p. 75.
-
[7]
Ibid., p. 62. Les descriptions portent aussi sur des faits plus élaborés. Nous n’en retiendrons ici qu’un exemple : « Si un triglyphe arrive sur le centre de gravité de l’entablement, donc juste au milieu de l’entrecolonnement, on aura une impression de contrainte plus sévère, dans l’autre cas cette caractéristique n’apparaîtra pas et cet ordre plus libre produira un effet léger et gai » (ibid., p. 70-71).
-
[8]
Maine de Biran, Mémoire sur la décomposition de la pensée [1805], in Œuvres, t. III, Paris, J. Vrin, 1988, 2e partie, section première, chapitre premier, § 3, p. 92.
-
[9]
Cité par N. Depraz in « Délimitation de l’émotion : approche d’une phénoménologie du cœur », Alter, no 7 (« Émotion et affectivité »), 1999, p. 134.
-
[10]
O.-F. Bollnow, Les Tonalités affectives : essai d’anthropologie philosophique, trad. L. et R. Savioz, Neuchâtel, Éd. de la Baconnière, 1953.
-
[11]
P, p. 25.
-
[12]
P, p. 32.
-
[13]
Ibid.
-
[14]
P, p. 27.
-
[15]
Ibid.
-
[16]
A. Warburg, travaux réunis et traduits en français sous le titre Essais florentins, trad. S. Muller, Paris, Klincksieck, 1990 ; commenté par F.-R. Martin, « Images pathétiques. D’Aby Warburg à Carlo Ginzburg, le travail de l’historien de l’art », Les Cahiers du Musée national d’art moderne, no 63, printemps 1998, p. 165.
-
[17]
P, p. 25.
-
[18]
Cf. Francesco de Salinas, De musica libri septem, 1577, livre IV, chap. xii, et Gioseffo Zarlino, Istitutioni harmoniche, 1558, tous deux cités par F. de Buzon dans « Musique et passions de la Renaissance au xviie siècle : éléments théoriques’, in La Peinture des passions de la Renaissance à l’âge classique, Saint-Étienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 1995, respectivement p. 225 et 226.
-
[19]
Descartes tente de rendre raison de la corrélation constatée entre le rythme et les passions en invoquant une relation causale de nature mécanique : le rythme crée des successions d’ébranlements d’esprits animaux, qui pourraient à leur tour entraîner le mouvement intracérébral particulier de ces flux d’esprits qui constituent la dernière cause des passions de l’âme. Cf. Descartes, Abrégé de musique [1618], éd. nouvelle et trad. F. de Buzon, Paris, PUF, 1987.
-
[20]
P, p. 29.
-
[21]
Spinoza, Éthique [1675], trad. C. Appuhn, Paris, J. Vrin, 1983, livre III, prop. XXVII, p. 293.
-
[22]
Nous soulignons.
-
[23]
Léonard de Vinci, Traité de la peinture (II, 184), cité par M. Barasch, « Le spectateur et l’éloquence de la peinture à la Renaissance », in O. Bonfait (dir.), Peinture et rhétorique, Paris, RMN, 1994, p. 39.
-
[24]
F. T. Vischer, Kritik meiner Ästhetik [Critique de mon esthétique, 1866], cité par R. Vischer, Sur le sentiment optique de la forme. Contribution à l’esthétique [Über das optische Formgefühl. Ein Beitrag zur Ästhetik, 1873], trad. M. Élie dans Aux origines de l’empathie : fondements & fondateurs, Nice, Éd. Ovadia, 2009, p. 58.
-
[25]
C. W. Völker, Analyse und Symbolik. Hypothesen aus der Formenwelt [Analyse et symbolique : hypothèses sur le monde des formes], Leipzig, R. Weigel, 1861.
-
[26]
K. R. von Köstlin, Ästhetik [Esthétique, 1869], cité par R. Vischer, Sur le sentiment optique…, op. cit., p. 59.
-
[27]
R. Vischer, Sur le sentiment optique…, op. cit., p. 59.
-
[28]
Ibid., p. 60.
-
[29]
P, p. 30.
-
[30]
W. Wundt, Vorlesungen über die Menschen- und Thierseele [Leçons sur l’âme animale et humaine], Leipzig, L. Voss, 1863, 2 vol.
-
[31]
P, p. 27-28.
-
[32]
P, p. 41.
-
[33]
P, p. 43.
-
[34]
P, p. 40.
-
[35]
P, p. 44.
-
[36]
A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation [1819], trad. A. Burdeau, Paris, PUF, 1943, t. II, p. 222.
-
[37]
Ibid.
-
[38]
R. Vischer, Sur le sentiment optique…, op. cit., p. 57. Nous soulignons.
-
[39]
Ibid., p. 77.
-
[40]
P, p. 43.
-
[41]
P, p. 31.
-
[42]
Ibid.
-
[43]
P, p. 32.
-
[44]
Ibid.
-
[45]
P, p. 46.
-
[46]
Ibid.
-
[47]
Ibid.
-
[48]
P, p. 45.
-
[49]
P, p. 43.
-
[50]
P, p. 44.
-
[51]
P, p. 43.
-
[52]
R. Zimmermann, Aesthetik. II, historisch-kritiker Theil. Allgemeine Aesthetik als Formwissenschaft [Esthétique. II, Partie historico-critique. Esthétique générale comme science des formes], Vienne, W. Braumüller, 1865.
-
[53]
H. Focillon, Vie des formes [1934], Paris, PUF, coll. « Quadrige », 1988, p. 6-23.
-
[54]
P, p. 85.
-
[55]
P, p. 87.
-
[56]
P, p. 62.
-
[57]
F. Nietzsche, Le Cas Wagner [Der Fall Wagner, 1888], in Œuvres philosophiques complètes, t. VIII, Paris, Gallimard, 1974, p. 349.
-
[58]
Nous parlons ici du mot sous sa forme substantivée, telle qu’elle apparaît en 1750 dans l’Aesthetica de Baumgarten.
Si le movere occupe, avec le docere et le placere, une large place dans les
esthétiques classiques héritées d’Horace, c’est essentiellement dans le contexte
des arts de la représentation qu’il est invoqué. Émouvoir est une des finalités
classiquement attribuées à la peinture et à la littérature. Mais le fait que
l’architecture, par les seules formes architectoniques, puisse faire naître des
émotions, a fait l’objet de beaucoup moins de recherches théoriques. Dans
un petit texte de 1886 intitulé Prolégomènes à une psychologie de l’architecture, Wölfflin observe avec raison que « l’architecture n’a jamais bénéficié
d’un tel souci ni de la part de la psychologie, ni de la part de la théorie de
l’art ». Il note donc à la fois que les formes architecturales produisent des
effets affectifs et que nous avons peu de retour réflexif sur cette expérience.
Aussi son intention est-elle double : « la psychologie de l’architecture a la
mission de décrire et d’expliquer l’effet spirituel que l’art de bâtir est capable
de susciter avec les moyens qui lui sont propres ».
Décrire, d’abord. Il s’agit bien d’exposer ce que nous ressentons sans en
avoir clairement conscience. Une partie du texte de Wölfflin s’attache en effet
à rendre manifestes des réactions psychiques délicates et souvent voilées : il
montre comment les bâtiments asymétriques, qui supposent « une violation
accrue de l’équilibre », peuvent produire « un effet mélancolique » ; comment
l’arc en plein cintre est reconnu « plus gai que l’ogiv…
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