Chapitre d’ouvrage

Une éthique bouleversée

Pages 117 à 148

Citer ce chapitre


  • Zielinski, A.
(2004). Une éthique bouleversée. Emmanuel Levinas. La responsabilité est sans pourquoi : La responsabilité est sans pourquoi (p. 117-148). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/emmanuel-levinas-la-responsabilite-est-sans-pourquoi--9782130545866-page-117?lang=fr.

  • Zielinski, Agata.
« Une éthique bouleversée ». Emmanuel Levinas. La responsabilité est sans pourquoi La responsabilité est sans pourquoi, Presses Universitaires de France, 2004. p.117-148. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/emmanuel-levinas-la-responsabilite-est-sans-pourquoi--9782130545866-page-117?lang=fr.

  • ZIELINSKI, Agata,
2004. Une éthique bouleversée. In : Emmanuel Levinas. La responsabilité est sans pourquoi La responsabilité est sans pourquoi. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Philosophies, p.117-148. URL : https://shs.cairn.info/emmanuel-levinas-la-responsabilite-est-sans-pourquoi--9782130545866-page-117?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Ou parfois, selon les versions : « Chacun de nous est coupable devant tous pour tous et moi plus que les autres » (AE, p. 228).
  • [2]
    Les lignes qui suivent doivent beaucoup à Paul Ricœur : « Le concept de responsabilité. Essai d’analyse sémantique », in Le juste, Paris, Esprit/Seuil, 1995, p. 41-70.
  • [3]
    Op. cit., p. 44.
  • [4]
    Kant, Critique de la raison pure, « Dialectique transcendantale », « Remarques sur la troisième antinomie » (A 448, B 476).
  • [5]
    « Le jugement d’imputation conduit à celui de rétribution en tant qu’obligation de réparer ou de subir la peine. Mais ce mouvement qui oriente le jugement d’imputation vers celui de rétribution ne doit pas faire oublier le mouvement inverse qui fait remonter de la rétribution à l’attribution de l’action à son auteur » (Paul Ricœur, op. cit., p. 44).
  • [6]
    Paul Ricœur, op. cit., p. 58.
  • [7]
    AE, p. 93.
  • [8]
    Cf. AE, p. 87 : « La responsabilité pour autrui ne saurait découler d’un engagement libre. »
  • [9]
    AE, p. 28.
  • [10]
    Je suis au contraire sans cesse en état d’accusation et de persécution. Cf. AE, p. 141 : « Ma présence ne répond pas à l’extrême urgence de l’assignation. Je suis accusé d’avoir tardé » AE, p. 180 : « Identité se rongeant – dans un remords. (…) Je n’ai rien fait et j’ai toujours été en cause : persécuté. »
  • [11]
    TI, p. 173.
  • [12]
    Cf. TI, p. 190 : « Autrui qui me domine dans sa transcendance est aussi l’étranger, la veuve et l’orphelin envers qui je suis obligé. »
  • [13]
    AE, p. 181.
  • [14]
    AE, p. 177.
  • [15]
    AE, p. 186.
  • [16]
    AE, p. 94.
  • [17]
    Cf. AE, p. 186.
  • [18]
    AE, p. 124.
  • [19]
    AE, p. 119.
  • [20]
    AE, p. 94.
  • [21]
    Cf. AE, p. 35.
  • [22]
    AE, p. 187.
  • [23]
    AE, p. 185 : « La substitution n’est pas un acte, elle est une passivité inconvertible en acte… »
  • [24]
    TI, p. 222.
  • [25]
    TI, p. 188.
  • [26]
    AE, p. 246.
  • [27]
    AE, p. 245.
  • [28]
    AE, p. 234.
  • [29]
    Cf. EN, p. 115.
  • [30]
    Cf. AE, p. 247-248.
  • [31]
    Cf. EN, p. 115 : « Un État où la relation interpersonnelle est impossible, où elle est d’avance dirigée par le déterminisme propre de l’État, est un État totalitaire. »
  • [32]
    AE, p. 248.
  • [33]
    EN, p. 202.
  • [34]
    LC, p. 29.
  • [35]
    LC, p. 38.
  • [36]
    Cf. TI, p. ix : la politique est définie comme « l’art de prévoir et de gagner par tous les moyens la guerre ».
  • [37]
    Cf. la préface à Totalité et infini : « La face de l’être qui se montre dans la guerre, se fixe dans le concept de totalité qui domine la philosophie occidentale » (p. x).
  • [38]
    TI, p. ix.
  • [39]
    Cf. AE, p. 44 ; HN, p. 231.
  • [40]
    Cf. EDE, p. 176 où Levinas évoque « les théories politiques modernes [qui] depuis Hobbes déduisent l’ordre social de la légitimité, du droit incontestable de la liberté ».
  • [41]
    LC, p. 36.
  • [42]
    TI, p. ix.
  • [43]
    AE, p. 248.
  • [44]
    TI, p. 283.
  • [45]
    Cf. LC, p. 37.
  • [46]
    TI, p. 276.
  • [47]
    Cf. Pierre Hayat, Emmanuel Levinas, éthique et société, Paris, Kimé, 1995, p. 39 s.
  • [48]
    Jacques Derrida, Adieu à Emmanuel Levinas, Paris, Galilée, 1997, p. 45.
  • [49]
    Ibid., p. 46.
  • [50]
    Ibid., p. 132.
  • [51]
    À l’heure des nations, Paris, Minuit, 1988, p. 114.
  • [52]
    Titre d’un chapitre des Nouvelles leçons talmudiques, Paris, Minuit, 1996, p. 63.
  • [53]
    Cf. Derrida, op. cit., p. 138.
  • [54]
    Cf. TI, p. 276.
  • [55]
    Cf. TI, p. 283.
  • [56]
    Guy Petitdemange, « Emmanuel Levinas et la politique », in Emmanuel Levinas, l’éthique comme philosophie première, Paris, Cerf, coll. « La nuit surveillée », dir. Jean Greisch et Jacques Rolland, 1996, p. 329.
  • [57]
    TI, p. xii.

L’éthique est la philosophie première. Ce bouleversement de l’ordre des raisons habituelles de la philosophie en entraîne quelques autres, dont la définition même de l’« éthique ». Il ne s’agit pas d’établir les moyens les meilleurs de viser le bonheur, ni de fixer des règles de comportement dans une situation ou un domaine particuliers. Le champ de l’éthique chez Levinas est infini, alors même que son objet est unique : autrui – mais autrui « est infini ». C’est pourquoi Levinas privilégie le vocabulaire de la responsabilité : être sujet, c’est répondre à autrui – à celui dont l’appel est premier. À la fois singulier et infini, le champ de la responsabilité croise celui de l’Histoire : c’est dans la conscience de la violence présente dans l’Histoire que s’enracine la pensée de Levinas. De l’existence à l’existant est écrit en captivité au stalag, Totalité et infini commence par une méditation sur la guerre, l’exergue de Autrement qu’être... évoque la Shoah. Comment le champ de l’éthique et celui de l’Histoire se croisent-ils chez Levinas ? De la dimension intersubjective qui caractérise l’éthique on peut se demander si elle est bouleversée au point de s’ouvrir à une dimension sociale et politique.
Le mot d’ordre de Levinas pour présenter la responsabilité est cette phrase de Dostoïevski, tirée des Frères Karamazov :
« Nous sommes tous responsables de tout et de tous, et moi plus que les autres. »
Le caractère déroutant de la proposition morale de Levinas apparaît de façon flagrante dans sa théorie de la responsabilité…


Date de mise en ligne : 02/10/2014

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