5. Conflit et logique de l’affrontement
Pages 96 à 114
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- BENASAYAG, Miguel
- et DEL REY, Angélique,
- Benasayag, Miguel.
- et al.
- Benasayag, M.
- et Del Rey, A.
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- Benasayag, M.
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- Benasayag, Miguel.
- et al.
- BENASAYAG, Miguel
- et DEL REY, Angélique,
Notes
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[1]
Le terme « actant » désigne tous ceux qui interviennent et existent dans une situation concrète : cela peut être un homme, un animal, des éléments historiques et géographiques, des objets inanimés, voire tout ensemble structuré de certains de ces éléments.
-
[2]
Friedrich HEGEL, Principes de la philosophie du droit, Gallimard, Paris, 1979, p. 126 sq.
-
[3]
Kostas AXELOS, Héraclite et la philosophie, op. cit., p. 191.
À la promesse pastorale d’un monde parfait, où l’humain triomphe face au reste de la création, a succédé finalement la croyance en une autre promesse, petite et caricaturale : celle de la sécurité. Freud avait sans doute raison lorsqu’il écrivait que notre civilisation, faute de chercher le bonheur, se contente à présent d’éviter le malheur. Comme point d’arrivée de l’évolution historique, la pastorale proposait une société sans conflits, un monde d’harmonie et de paix générale.
Nos sociétés postmodernes sont la triste caricature de cette croyance. Elles-mêmes se présentent comme des sociétés de la « fin de l’histoire », au sens de l’aboutissement non de la société la meilleure, mais de la moins mauvaise, tout changement ne pouvant dans cette perspective qu’être pire. Messianisme triste de supermarché, mais calqué sur celui d’autrefois, conquérant et joyeux.
La nouvelle promesse ne dit plus : « Obéissez et vous serez heureux ! », mais : « Obéissez et vous serez en sécurité ! » Car la sécurité n’est plus vécue comme condition et moyen d’une société pacifiée, mais comme fin en soi. La survie, disciplinée, a pris la place de la vie. Les envies, normées, se sont substituées aux désirs, beaucoup trop opaques. La transparence est devenue un bien suprême, au point que ce qu’elle va dévoiler importe à peine. La prise de risque n’a plus de place : si l’on échoue dans notre entreprise, c’est qu’on l’a mal programmée.
Sécurité alimentaire, sécurité écologique, sécurité face aux laissés-pour-compte qui menacent nos avoirs ; sécurité face aux menaces terroristes de toutes sortes (la vue même des soldats et des caméras de surveillance, propre aux vieux films de science-fiction, est devenue aujourd’hui rassurante) ; sécurité dans l’emploi ; sécurité pour se promener dans la forêt ou dans la ville ; sécurité pour respirer… La force du discours sécuritaire est telle que l’ensemble des pratiques sociales s’organise autour de ce thème — même si, on l’a vu, c’est surtout dans la médecine, articulée à la politique, qu’il devient un feu d’artifice de menaces et de violence disciplinaire sous la forme d’un biopouvoir consacré à la gestion des populations « à risque »…
Date de mise en ligne : 14/06/2019
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