7. En l’absence de toute solution
Pages 135 à 154
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- BENASAYAG, Miguel
- et DEL REY, Angélique,
- Benasayag, Miguel.
- et al.
- Benasayag, M.
- et Del Rey, A.
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- Benasayag, M.
- et Del Rey, A.
- Benasayag, Miguel.
- et al.
- BENASAYAG, Miguel
- et DEL REY, Angélique,
Dans un débat lancé par quelques intellectuels de gauche français qui voulaient dénoncer la réalité de la répression en URSS, Sartre eut cette phrase demeurée fameuse : « Il ne faut pas désespérer Billancourt… » Ce qu’il voulait exprimer est aisé à comprendre : les ouvriers français, représentés à l’occasion par ce qui était considéré comme l’avant-garde révolutionnaire — les ouvriers de Renault-Billancourt —, plaçaient un grand espoir dans la réalité de l’URSS, au moins telle qu’elle leur était racontée par les communistes français. Cet espoir était censé à son tour porter les ouvriers dans leurs luttes. C’est pourquoi, dans l’esprit de Sartre, casser l’espoir en divulguant les nouvelles de l’URSS, c’était risquer l’effondrement des luttes révolutionnaires. Au moment où il prononce cette phrase, lui connaît la réalité, mais il croit que les ouvriers de France, eux, pourraient arrêter toute lutte s’ils perdaient l’espoir dans les Soviétiques.
L’histoire a tragiquement montré que les rêves bien gardés produisent des cauchemars bien éveillés. Comment Sartre pouvait-il penser que, tandis que lui et ses amis pouvaient continuer à se battre pour la justice tout en connaissant la sombre réalité soviétique, les prolétaires de son pays, quant à eux, s’ils en venaient à connaître cette même réalité, allaient cesser de lutter, voire se mettre à collaborer avec le système ? Pourquoi, pour désirer, pour lutter, faudrait-il un espoir, même et surtout quand on sait cet espoir vain et chimérique …
Date de mise en ligne : 14/06/2019
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