7. Nivellement
La faux de l’égalité et la Révolution française
Pages 201 à 240
Citer ce chapitre
- MCMAHON, Darrin M.,
- MCMAHON, Darrin M.,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) par JACQUET, Christophe,
- McMahon, Darrin M..
- McMahon, D.-M.
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- McMahon, D.-M.
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- MCMAHON, Darrin M.,
- MCMAHON, Darrin M.,
- Traduit de l’anglais (États-Unis) par JACQUET, Christophe,
Notes
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[*]
« La Femme n’est pas inférieure à l’homme : brève et modeste défense du droit naturel du beau sexe à une égalité parfaite de pouvoir, de dignité et d’estime avec les hommes » ; « Défense des droits de la femme ; ou l’égalité des sexes moralement et physiquement prouvée ».
-
[1]
Hector Fleischman, La Guillotine en 1792 d’après des documents inédits des Archives nationales, Paris, Publications modernes, 1908, p. 223 ; Guillaume Debat, « La guillotine révolutionnaire. De l’incarnation de l’humanisme pénal à une machine effroyable (1789-1794) », Annales historiques de la Révolution française, vol. 402, n° 4, octobre 2020, p. 33-57 ; Albert Soboul, Les Sans-culottes parisiens dans l’an II : mouvement populaire et gouvernement révolutionnaire, Paris, Librairie Clavreuil, 1958, p. 578-579.
-
[2]
Cité dans Hector Fleischman, La Guillotine en 1792, op. cit., p. 223.
-
[3]
La chanson est citée dans Michel Vovelle, La Mentalité révolutionnaire. Société et mentalités sous la Révolution française, Paris, Éditions sociales, 1985, p. 128 ; Charles-Frédéric Reinhard, Le Néologiste français, ou vocabulaire portatif des mots les plus nouveaux de la langue française, Nuremberg, 1796 ; Max Frey, Les Transformations du vocabulaire français à l’époque de la Révolution (1789-1800), Paris, Presses universitaires de France, 1923.
-
[4]
James A. Leith, « Symbols in the French Revolution: The Strange Metamorphoses of the Triangle », in James Leith (dir.), Symbols in Life and Art, op. cit., p. 105-118 ; Claudia Hattendorff, « Gleichheit », in Rolf Reichardt (dir.), Lexikon der Revoltions-Ikonographie in der europäischen Druckgraphick (1789-1889), Münster, Thema, 2017, p. 1001-1016 ; Jeffrey Revel, « Plus de rois, de dames, de valets : Playing Cards During the French Revolution », manuscrit inédit, dont l’auteur m’a aimablement permis la lecture.
-
[5]
Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France, traduction de Pierre Andler, Paris, Hachette, 1989, p. 62. Sur l’égalité chez Burke, voir Richard Bourke, Empire and Revolution: The Political Life of Edmund Burke, Princeton, Princeton University Press, 2015, p. 700-708.
-
[6]
La déclaration est accessible sur https://fr.wikisource.org/wiki/Déclaration_des_Droits_de_l’Homme_et_du_Citoyen_de_1789.
-
[7]
Keith M. Baker, « The Idea of a Declaration of Rights », in Dale Van Kley (dir.), The French Idea of Freedom: The Old Regime and the Declaration of Rights of 1789, Stanford, Stanford University Press, p. 154-199 ; Price cité dans J. C. D. Clark, « How Did the American Revolution Relate to the French? Richard Price, the Age of Revolutions, and the Enlightenment », Modern Intellectual History, vol. 19, n° 1, mars 2022, p. 105-127.
-
[8]
Archives parlementaires, première série (1789-1799), vol. 9, du 16 septembre au 11 novembre 1789, édition de M. J. Mavidal, Paris, Librairie Administrative de Paul Dupont, 1877, p. 393, 9 octobre 1789. Sur la dignité et l’« élévation » des humbles, voir Jeremy Waldron, Dignity, Rank, and Rights, édition et introduction de Meier Dan-Cohen, Oxford, Oxford University Press, 2012, p. 30-36.
-
[9]
Lynn Hunt, The Family Romance of the French Revolution, Berkeley, University of California Press, 1992, p. 41 ; Suzanne Desan, The Family on Trial in Revolutionary France, Berkeley, University of California Press, 2006, en part. p. 141-178 ; Lameth cité dans Richard Popkin, A New World Begins: The History of the French Revolution, New York, Basic Books, 2019, p. 213.
-
[10]
Révolutions de Paris, n° 1, 12 juillet 1789, p. 1.
-
[11]
Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu’est-ce que le Tiers-État ?, précédé de l’Essai sur les privilèges, préface de Jean Tulard, Paris, PUF, 1982 ; Essai sur les privilèges, in ibid., p. 9.
-
[12]
Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu’est-ce que le Tiers-État ?, op. cit., p. 41. Sur l’étrange proposition de Sieyès de fabriquer une nouvelle race d’hommes, voir William H. Sewell, A Rhetoric of Bourgeois Revolution: The Abbé Sieyès and What Is the Third Estate?, Durham, Duke University Press, 1994, p. 153-158 ; Laurent Dubois, A Colony of Citizens: Revolution and Slave Emancipation in the French Caribbean, 1787-1804, Chapel Hill, University of North Carolina Press, à paraître, p. 173-176 ; et surtout William Nelson, Enlightenment Biopolitics, Chicago, University of Chicago Press, à paraître, en part. ch. 5 (« New Citizens, New Slaves »), que je cite à la fin du paragraphe.
-
[13]
Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu’est-ce que le Tiers-État ?, op. cit., p. 41 ; Richard Popkin, New World Begins, op. cit., p. 187.
-
[14]
William Nelson, Enlightenment Biopolitics, op. cit., ch. 5.
-
[15]
Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu’est-ce que le Tiers-État ?, p. 60 ; Mona Ozouf, « Égalité », art. cit., p. 698.
-
[16]
Michel-Rolf Trouillot, Silencing the Past: Power and the Production of History, Boston, Beacon Press, 1995, p. 76, et, plus généralement, Anne Phillips, Unconditional Equals: Why Equality Cannot Be Conditional on a Shared Human « Nature » but Has to Be for All, Princeton, Princeton University Press, 2021.
-
[17]
Karen Offen, European Feminisms, 1700-1950, Stanford, Stanford University Press, 2000, p. 31-35 ; Siep Stuurman, François Poulain de la Barre, op. cit.
-
[18]
Londa Shiebinger, « Skeletons in the Closet: The First Illustrations of the Female Skeletons in Eighteenth-Century Anatomy », Representations, n° 14, 1986, p. 42 ; et Londa Shiebinger, The Mind Has No Sex? Women in the Origins of Modern Science, Cambridge, Harvard University Press, 1989 ; Thomas Laqueur, Making Sex: Body and Gender from the Greeks to Freud, Cambridge, Harvard University Press, 1992 ; Siep Stuurman, The Invention of Humanity, op. cit., en part. ch. 6 ; Geneviève Fraisse, Muse de la raison. Démocratie et exclusion des femmes en France, Paris, Gallimard/Folio, 1995 [1989] ; Anne C. Vila, Enlightenment and Pathology: Sensibility in the Literature and Medicine of Eighteenth-Century France, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1998 ; William Nelson, Enlightenment Biopolitics, op. cit., ch. 4.
-
[19]
Siep Stuurman, François Poulain de la Barre, op. cit., p. 286-289 ; Helena Rosenblatt, « On the “Misogyny” of Jean-Jacques Rousseau: The Letter to d’Alembert in Historical Context », French Historical Studies, vol. 25, n° 1, hiver 2002, p. 91-114 ; Joan B. Landes, Women and the Public Sphere in the Age of the French Revolution, Ithaca, Cornell University Press, 1988 ; Joan Wallach Scott, La Citoyenne paradoxale. Les féministes françaises et les droits de l’Homme, traduction de Marie Bourdé et Colette Pratt, Paris, Albin Michel, 1998 ; Lynn Hunt, The Family Romance, op. cit., p. 53-89.
-
[20]
William Nelson, Enlightenment Biopolitics, op. cit., ch. 4.
-
[21]
Nicolas de Condorcet, « Sur l’admission des femmes au droit de cité », Journal de la Société de 1789, n° 5, 3 juillet 1790, p. 1-12, en part. p. 3.
-
[22]
Voir, par exemple, Shanti Marie Singham, « Betwixt Cattle and Men: Jews, Blacks, and Women, and the Declaration of Rights », in Dale Van Kley (dir.), The French Idea of Freedom, op. cit., en part. p. 138-150 ; Darline Gay Levy et Harriet B. Applewhite, « A Political Revolution for Women? The Case of Paris », in Renate Bridenthal, Susan Mosher Stuard et Mary E. Wiesner (dir.), Becoming Visible: Women in European History, 3e éd., Boston, Houghton Mifflin, 1998, p. 265-295 ; et Carla Hesse, The Other Enlightenment: How French Women Became Modern, Princeton, Princeton University Press, 1993.
-
[23]
Jodin cité dans Stiep Stuurman, The Invention of Humanity, op. cit., p. 363 ; Shanti Marie Singham, « Betwixt Cattle and Men », art. cit., p. 146 ; Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne, 1791, accessible sur https://fr.wikisource.org/wiki/Déclaration_des_droits_de_la_femme_et_de_la_citoyenne. Sur Gouges, voir Scott, « À quoi peut servir l’imagination : Olympe de Gouges et la Révolution française », in Joan Wallach Scott, La Citoyenne paradoxale, op. cit., p. 39-87.
-
[24]
Lynn Hunt, Inventing Human Rights, op. cit., p. 169. Sur le « contrecoup » (backlash) en France puis dans toute l’Europe, voir Karen Offen, European Feminisms, op. cit., p. 66-76 ; Carole Pateman, The Sexual Contract, 30e édition, Stanford, Stanford University Press, 1998.
-
[25]
Sue Peabody, « There Are No Slaves in France »: The Political Culture of Race and Slavery in the Ancien Régime, New York, Oxford University Press, 1996, p. 4 ; Pierre H. Boulle, Race et esclavage dans la France de l’Ancien Régime, Paris, Perrin, 2007, p. 109 ; Éric Noël, Être noir en France au xviiie siècle, Paris, Tallandier, 2006. Voir aussi, sur la « Déclaration pour la police des Noirs » promulguée par Louis XVI en 1777, et dont le premier objet était d’interdire l’entrée des « gens de couleur » en France, https://revue.alarmer.org/declaration-pour-la-police-des-noirs-1777.
-
[26]
William Nelson, Enlightenment Biopolitics, op. cit., ch. 3 ; Michel-Rolf Trouillot, Silencing the Past, op. cit., p. 76 ; Devin J. Vartija, The Color of Equality, op. cit., p. 198-199 ; Andrew S. Curran, The Anatomy of Blackness, op. cit., en part. ch. 2-3 ; Henry Louis Gates Jr. et Andrew S. Curran, Who’s Black and Why?, op. cit., p. 3-46; Siep Stuurman, The Invention of Humanity, op. cit., p. 301-345.
-
[27]
Nicolas de Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des nègres, Société typographique, 1781, accessible sur https://fr.wikisource.org/wiki/Réflexions_sur_l’esclavage_des_nègres ; à comparer avec la discussion sur les « points aveugles » de Condorcet dans Laurent Dubois, A Colony of Citizens, op. cit., p. 177-183. Sur la contestation des idées raciales et impériales, voir Devin J. Vartija, The Color of Equality, op. cit., p. 206-213 ; Antoine Lilti, L’Héritage des Lumières. Ambivalences de la modernité, Paris, Le Seuil, 2019, en part. p. 1 ; et Sankar Muthu, Enlightenment Against Empire, Princeton, Princeton University Press, 2003.
-
[28]
Michel-Rolf Trouillot, Silencing the Past, ch. 3 (« An Unthinkable History: The Haitian Revolution as a Non-Event »).
-
[29]
C. L. R. James, The Black Jacobins: Toussaint L’Ouverture and the San Domingo Revolution, New York, Vintage, 1989 [1963] ; Louverture cité dans Madison Smart Bell, Toussaint Louverture: A Biography, New York, Vintage, 2007, p. 18.
-
[30]
Jeremy D. D. Popkin, A Concise History of the Haitian Revolution, Hoboken, Wiley-Blackwell, 2012, p. 66-67. Sur l’histoire extraordinaire de Dumas, voir Tom Reiss, The Black Count: Glory, Revolution, Betrayal, and the Real Count of Monte Cristo, New York, Crown, 2012.
-
[31]
Louverture cité dans Laurent Dubois, Avengers of the New World: The Story of the Haitian Revolution, Cambridge, Belknap Press of Harvard University Press, 2004, p. 190.
-
[32]
Susan Bluck-Morss, « Hegel and Haiti », Critical Inquiry, vol. 26, n° 4, été 2000, p. 821-865 ; Laurent Dubois, Avengers of the New World, op. cit., p. 3-7 ; Laurent Dubois, A Colony of Citizens, op. cit., p. 3-8 ; Robin Blackburn, The American Crucible: Slavery, Emancipation and Human Rights, New York, Verso, 2011, p. 203 ; Nick Nesbit, Universal Emancipation and the Radical Enlightenment, Charlottesville, University of Virginia, 2008. Sur la « logique interne », voir Lynn Hunt, Inventing Human Rights, op. cit., p. 150.
-
[33]
Samuel Moyn, « On the Nonglobalization of Ideas », in Samuel Moyn et Andrew Sartori (dir.), Global Intellectual History, New York, Columbia University Press, 2013, p. 187-204 ; Adom Getachew, « Universalism After the Post-Colonial Turn », Political Theory, vol. 44, n° 6, 2016, p. 821-845.
-
[34]
Louis Boisrond Tonnerre, Acte de l’Indépendance de la République d’Haïti, 1er janvier 1804, accessible sur https://fr.wikisource.org/wiki/Acte_de_l%27Indépendance_de_la_République_d%27Haïti.
-
[35]
Robin Blackburn, The American Crucible, op. cit., p. 198-200.
-
[36]
Philippe Girard, « Rebelles with a Cause: Women in the Haitian War of Independence, 1802-1804 », Gender and History, vol. 21, n° 1, 2009, p. 60-85 ; David Geggus, « The Caribbean in the Age of Revolution », in David Armitage et Sanjay Subrahmanyam (dir.), The Age of Revolutions in Global Context, c. 1760-1840, New York, Palgrave-Macmillan, 2010, p. 97. Voir aussi David Armitage et Julia Gaffield, « Introduction : The Haitian Declaration of Independence in an Atlantic Context », in Julia Gaffield (dir.), The Haitian Declaration of Independence, Charlottesville, University of Virginia Press, 2016, p. 9.
-
[37]
Sur le sort étranger de Victor Hugues, voir Miranda Spieler, Empire and Underworld: Captivity in French Guiana, Cambridge, Cambridge University Press, 2012, p. 76-80.
-
[38]
Michel-Rolf Trouillot, Silencing the Past, op. cit., p. 95-107 ; Brandon Byrd, The Black Republic: African Americans and the Fate of Haiti, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 2011.
-
[39]
Nicolas de Condorcet, Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, introduction d’Alain Pons, Paris, Flammarion, 1988, p. 265-266, 272 (dixième époque) ; Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, Gallimard/Folio, t. I, p. 41 ; Darrin McMahon, « Equality and the Horizon of Human Expectations », Global Intellectual History, avril 2022, p. 1-23.
-
[40]
Pour la « fécondité » de l’égalité, voir Mona Ozouf, « Égalité », art. cit., p. 710 ; sur la « cascade », Lynn Hunt, Inventing Human Rights, op. cit., p. 147 ; sur le « potentiel inné », Samuel Moyn, « On the Nonglobalization of Ideas », art. cit., p. 190.
-
[41]
Thomas Piketty, Une brève histoire de l’égalité, op. cit., p. 9, 10, 11.
-
[42]
Montesquieu, De l’esprit des lois, livre V, ch. 2 (les italiques sont de l’auteur).
-
[43]
Sur la révolution sentimentale, voir William R. Reddy, The Navigation of Feeling: A Framework for the History of Emotions, Cambridge, Cambridge University Press, 2001. Sur ses liens avec l’égalité au xviiie siècle, voir Lynn Hunt, Inventing Human Rights, op. cit., p. 35-70 ; et Devin J. Vartija, The Color of Equality, op. cit., p. 6, 150, 196-197.
-
[44]
Lynn Hunt, « The World We Have Gained: The Future of the French Revolution », America Historical Review, vol. 108, n° 1, février 2003, p. 1-19.
-
[45]
Ibid.
-
[46]
Sur le problème de la persuasion chez Rousseau, voir Bryan Garsten, « Persuading Without Convincing: Rousseau », in Saving Persuasion: A Defense of Rethoric and Jutice, Cambridge, Harvard University Press, 2009, p. 55-83 ; Emma Planinc, « The Figurative Foundations of Rousseau’s Politics », Modern Intellectual History, vol. 20, n° 1, mars 2023, p. 1-26 ; Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, livre IV, ch. 8, éd. cit., p. 468.
-
[47]
Peter McPhee, Liberty or Death: The French Revolution, New Haven, Yale University Press, 2016, p. 239.
-
[48]
Mona Ozouf, La Fête révolutionnaire, 1789-1799, Paris, Gallimard, 1976, p. 317-340.
-
[49]
Pierre Louis Roederer, L’Esprit de la Révolution de 1789, Paris, 1831, in Œuvres du comte P.-L. Roederer, Paris, 1854, t. III, p. 8-9 ; Jacques Necker, Réflexions philosophiques sur l’égalité, introduction de Jean-Fabien Spitz, Paris, Les Belles Lettres, 2005, p. 32 ; François Furet, Penser la Révolution française, Paris, Gallimard, 1978, p. 90.
-
[50]
Rabaut, cité dans Pierre Rosanvallon, La Société des égaux, op. cit., p. 82-83.
-
[51]
Steven C. Bullock, Revolutionary Brotherhood: Freemasonry and the Transformation of the Amerian Social Order, 1730-1840, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1996, p. 5.
-
[52]
Pierre Rosanvallon, La Société des égaux, op. cit., p. 77-78 ; Mona Ozouf, « Égalité », art. cit., p. 709 ; Charles Walton, « Who Pays? Social Rights and the French Revolution », in Steven J. B. Jensen et Charles Walton (dir.), Social Rights and the Politics of Obligation in History, Cambridge, Cambridge University Press, 2022, p. 63-82. Sur les réformes sociales jacobines et leurs limites, voir Jean-Pierre Gross, Fair Shares for All, op. cit. Sur la légère baisse des inégalités de richesse en France entre 1789 et 1810, voir Thomas Piketty, Le Capital au xxie siècle, op. cit., p. 189-190.
-
[53]
Samuel Moyn, Not Enough: Human Rights in an Unequal World, Cambridge, Harvard University Press, 2018, p. 12-41 ; Lisa Dicaprio, The Origins of the Welfare State: Women, Work, and the French Revolution, Champaign, University of Illinois Press, 2022. À comparer avec Samuel Fleischacker, A Short History of Distributive Justice, Cambridge, Harvard University Press, 2004, p. 53-79.
-
[54]
Sur les « prodigalités scandaleuses », expression de Marat, voir Éric Hazan, Une histoire de la Révolution française, Paris, La Fabrique, 2012, p. 109. Sur la loi du 18 mars 1793, voir Jean-Pierre Gross, Fair Shares for All, op. cit., p. 93-94. Voir aussi Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat social, livre II, ch. 11, éd. cit., p. 392-393, et Robespierre, cité dans Jean-Pierre Gross, Fair Shares for All, op. cit., p. 39. Sur le droit de propriété plus généralement, voir Rafe Blaufarb, L’Invention de la propriété privée. Une autre histoire de la Révolution, traduction de Christophe Jaquet, Seyssel, Champ Vallon, 2016.
-
[55]
Gilbert Romme, Rapport sur l’ère de la République, 20 septembre 1793, accessible sur https://archive.org/details/rapport00unse_1ih/page/14/mode/2up.
-
[56]
Joseph Marie Lequinio, Des fêtes nationales, Paris, Imprimerie nationale, n.d. [an II], p. 10, 28-29 ; Lynn Hunt, The Family Romance, op. cit., p. 60.
-
[57]
Joseph Marie Lequinio, Des fêtes nationales, p. 10-11 ; Mona Ozouf, La Fête révolutionnaire, op. cit., p. 164 (patriote zélé et Commune de Paris). Voir aussi Mona Ozouf, « Égalité », art. cit., p. 708.
-
[58]
Mona Ozouf, La Fête révolutionnaire, op. cit., p. 74.
-
[59]
Richard Cobb, « The Revolutionary Mentality in France », in The French and Their Revolution: Selected Writings, édition et introduction de David Gilmour, New York, New Press, 1998, p. 12.
-
[60]
Lynn Hunt, « Freedom of Dress in Revolutionary France », in Sara E. Melzer et Kathryn Norberg (dir.), From the Royal to the Republican Body: Incorporating the Political in Seventeenth- and Eighteenth-Century France, Berkeley, University of California Press, 1998, p. 224-225 ; Richard Wrigley, The Politics of Appearances: Representations of Dress in Revolutionary France, Oxford, Berg, 2002. Les « principes éternels » sont cités dans Robert Darnton, « What Was Revolutionary About the French Revolution? », New York Review of Books, 19 janvier 1989. Pétition citée dans Peter McPhee, Liberty or Death, op. cit., p. 238.
-
[61]
Roger de Figuères, Les Noms révolutionnaires des communes de France. Listes par départements et liste générale alphabétique, Paris, 1901.
-
[62]
Jean Mettas, Répertoire des expéditions négrières françaises au dix-huitième siècle, édition de Serge Daget, 2 vol., Paris, Société française d’histoire d’outre-mer, 1978, I, p. 792-793. Je remercie Miranda Spieler de m’avoir indiqué cette référence.
-
[63]
Pierre-Henri Billy, « Des prénoms révolutionnaires en France », Annales historiques de la Révolution française, n° 322, octobre-décembre 2000, p. 39-60.
-
[64]
Cette station de la fête est citée dans Dan Edelstein, The Terror of Natural Right: Republicanism, the Cult of Nature, and the French Revolution, Chicago, University of Chicago Press, 2009, p. 181. Pour la citation, voir Convention nationale, Procès-verbal des monuments, de la marche et des discours de la fête consacrée à l’inauguration de la constitution de la République française, le 10 août 1793, p. 8.
-
[65]
François Furet, Penser la Révolution française, op. cit., p. 93.
-
[66]
Randy Larsen et David M. Buss, Personality Psychology: Domains of Knowledge About Human Nature, 6e éd., New York, McGraw Hill, 2017, p. 199.
-
[67]
Montesquieu, De l’esprit des lois, livre VIII, ch. 3. Sur le « Thermidor atlantique », voir René Koekkoek, The Citizenship Experiment: Contesting the Limits of Civic Equality and Participation in the Age of Revolutions, Leyde, Brill, 2011, en part. p. 14-24. Voir aussi François Antoine de Boissy, Projet de constitution pour la République française, et discours préliminaire, Paris, Imprimerie de la République, Messidor, an III [1795], p. 27 ; Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, t. II, quatrième partie, ch. VI-VII ; et Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, livre II, ch. 11.
-
[68]
François Antoine de Boissy, Projet de constitution, op. cit., p. 27.
-
[69]
Denis Diderot, dans Guillaume-Thomas Raynal, Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, t. IV, livre XVIII, ch. 2, Centre international d’étude du xviiie siècle, Ferney-Voltaire, 2023 [1770 et 1774], accessible sur https://fr.m.wikisource.org/wiki/Histoire_philosophique_et_politique_des_établissemens_et_du_commerce_des_Européens_dans_les_deux_Indes/Livre_XVIII/Chapitre_2 ; Voltaire, « Fertilisation », in Questions sur l’Encyclopédie [1772], Œuvres complètes de Voltaire, Lyon, Chez Delamollière, 1792, LVIII, p. 23. Dans l’article plus connu du Dictionnaire philosophique, intitulé « Égalité » (1764), Voltaire écrit qu’elle est à la fois la chose « la plus naturelle et la plus chimérique ». Voir aussi Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, livre II, ch. 11, p. 392 (« chimère de spéculation »).
Les révolutionnaires français ont imaginé bien des noms pour leur nouvelle machine à couper les têtes. Elle fut appelée « guillotine » d’après le patronyme de l’homme qui avait proposé son adoption à l’Assemblée nationale, le docteur Joseph-Ignace Guillotin, en octobre 1789. Mais la machine gouvernementale, elle, se montra moins prompte à la mettre en service. Le premier prototype de guillotine ne fut monté et essayé qu’au printemps 1792, après quoi les observateurs inventifs le surnommèrent le « couperet » ou le « rasoir national ». Puis la France se proclama République au mois de septembre, et en janvier 1793, quand sa victime la plus célèbre, l’ancien roi Louis XVI, fut condamnée à la peine capitale, elle devint la « hache du peuple » et de « la loi ».
Pour un de ses plus fervents partisans, le journaliste radical Jacques-René Hébert, la capacité de l’instrument à rendre la justice et à exécuter le châtiment instillait une sorte d’horreur sacrée. La « Sainte Guillotine » : tel était le nom qu’il donnait à l’engin. Gardienne de la loi, elle punissait les traîtres. Et si Hébert était athée, et serait lui-même sacrifié à ladite sainte en 1794, il n’était pas le seul à nourrir une admiration quasi religieuse pour une invention parfois qualifiée de « céleste », et qui inspira des prières en forme de litanie macabre : « Sainte Guillotine, protectrices des patriotes, priez pour nous ! Sainte Guillotine, délivrez-nous des tyrans ! »Mais de tous les surnoms qui lui furent donnés pendant la Révolution française, il en est un qui est particulièrement révélateur à la fois de sa conception et des connotations qui lui seraient plus tard attachées…
Date de mise en ligne : 26/02/2026
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