[227] Aux origines de la modernité. Castes et féodalités : Europe, Inde, Japon
- Par Jean Baechler
Pages 653 à 684
Citer ce chapitre
- BAECHLER, Jean,
- BAECHLER, Jean,
- Textes rassemblés, annotés et introduits par ESCUDIER, Alexandre,
- Baechler, Jean.
- Baechler, J.
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- Textes rassemblés, annotés et introduits par ESCUDIER, Alexandre,
Notes
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[1]
Paru in Archives européennes de sociologie, XXVII, 1986, p. 31-57 (rédaction : 19 juillet 1985) [NdÉ].
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[2]
Dans la sociologie historique comparée de J. Baechler, la catégorie d’« aristocratie » désigne des élites de naissance disposant d’une base économique et d’une capacité d’action indépendante du centre autocratique ou hiérocratique d’une politie. Ayant la capacité de se contre-coaliser et de faire défection, de telles « aristocraties » obligent l’autorité centrale à négocier, le cas échéant, et tempèrent par là même l’exercice de son pouvoir. À l’inverse, la « noblesse » correspond, pour J. Baechler, à une élite créée par le pouvoir central et fidélisée par des avantages (en pouvoir, richesse et prestige), de telle sorte que les intérêts d’une telle « noblesse » d’appareil se trouvent alignés sur les intérêts propres de l’autocrate ou du hiérarque. Définie en ce sens, la « noblesse » est un facteur d’absolutisation du pouvoir, contrairement au polycentrisme modérateur des « aristocraties » de naissance. En conséquence, les régimes politiques (autocraties et hiérocraties) disposant d’une forte « noblesse » d’appareil, et d’« aristocraties » décentrales faibles, sont plus difficilement démocratisables – et réciproquement (NdÉ).
-
[3]
Ils favorisent unilatéralement l’Inde. Ce texte est, en effet, une dérivation d’une étude centrée sur les sociétés de l’Inde pré-moderne.
On peut soutenir que les sciences sociales en général et la sociologie en particulier sont nées, à partir du xviiie siècle, pour essayer de comprendre et d’expliquer les nouveautés qui émergeaient dans les sociétés européennes, et que l’on se plaît à nommer la modernité. Comme l’occurrence était unique et qu’il est impossible d’expliquer la singularité, on a spontanément produit un pôle de comparaison en parlant de « sociétés traditionnelles » contrastées avec les « sociétés modernes ». L’événement a montré qu’il était imprudent d’utiliser une catégorie aussi vague que celle de sociétés traditionnelles, où l’on mettait pêle-mêle sociétés tribales, cités antiques, empires historiques et anciens régimes européens. Malgré une débauche d’efforts, le mystère des origines de la modernité reste presque entier, qu’on la définisse en termes de révolution industrielle, d’âge scientifique, de poussée démocratique, de laïcisation…
Le comparatisme demeure la seule issue possible, car, en promettant de repérer ce que l’Europe peut avoir en commun avec le reste du monde et ce qui l’en distingue, il pourrait révéler les facteurs pertinents de la modernité. À condition de prendre deux précautions. Il faut comparer ce qui est comparable, ne pas entamer la comparaison au moment où les situations sont déjà si différentes qu’il serait vain d’espérer mettre le doigt sur des facteurs de différenciation : on a bien plus de chances de souligner une fois de plus ce qu’il faut expliquer. Il serait vain, par exemple, de comparer l’Europe d’aujourd’hui et l’Afrique sud-saharienne ; il vaudrait mieux mettre en parallèle l’Europe barbare de Hallstatt ou de La Tène et l’Afrique au seuil de la colonisation a…
Date de mise en ligne : 16/10/2025
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