8 - Écrire le travail. Vers une sociologisation du roman contemporain ?
- Par Dominique Viart
Pages 133 à 156
Citer ce chapitre
- VIART, Dominique,
- RUBINO, Gianfranco
- et VIART, Dominique,
- Viart, Dominique.
- Viart, D.
- G. Rubino
- et D. Viart
https://doi.org/10.3917/arco.viart.2013.01.0133
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- Viart, D.
- G. Rubino
- et D. Viart
- Viart, Dominique.
- VIART, Dominique,
- RUBINO, Gianfranco
- et VIART, Dominique,
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Notes
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[1]
Voir Dominique Viart et Bruno Vercier, La Littérature française au présent, Paris, Bordas, 2008.
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[2]
Parmi ces travaux, signalons par ordre d’entrée en scène : la revue Écrire l’Histoire (Éd. Gaussen, depuis 2008), le volume 10 de la série Écritures contemporaines, « Nouvelles écritures littéraires de l’Histoire » (Minard-Lettres modernes, 2009), le no 2 (65e année) de la revue Annales, « Savoirs de la littérature » (mars-avril 2010), le no 159 de la revue Littérature, « Écrire l’Histoire » (septembre 2010), le no 165 de la revue Le Débat, « L’Histoire saisie par la fiction » (mai-août 2011).
-
[3]
François Hartog, Régimes d’historicité. Présentisme et expérience du temps, Paris, Le Seuil, 2003.
-
[4]
Un tel travail a déjà été accompli en divers lieux. Signalons notamment les travaux de Michel Ragon, de Paul Aron, et de Jean-Paul Morel sur la littérature prolétarienne ; de Nelly Wolf sur le peuple dans le roman français ; de Gisèle Sapiro et Frédérique Matonti sur le réalisme socialiste.
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[5]
Voir Michel Raimond, La Crise du roman des lendemains du Naturalisme aux années vingt, Paris, José Corti, 1966.
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[6]
Voir Nelly Wolf, Le Peuple dans le roman de Zola à Céline, Paris, PUF, 1990.
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[7]
Julien Gracq, Lettrines, Corti, 1967, p. 35. Je souligne.
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[8]
Voir Leslie Kaplan, Les Outils, Paris, P.O.L, 2003.
-
[9]
Le critique expliquait alors que le Nouveau Roman est « moins l’écriture d’une aventure que l’aventure d’une écriture » (Problèmes du Nouveau Roman, Paris, Le Seuil, 1967, p. 46).
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[10]
François Bon, Sortie d’usine, Paris, Minuit, 1982, p. 165.
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[11]
François Bon, « Côté cuisines », entretien avec Sonia Nowoselsky-Müller, L’Infini, no 19, « Où va la littérature française ? », été 1987.
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[12]
Roland Barthes, Le Degré zéro de l’écriture suivi de Nouveaux Essais critiques, Paris, Le Seuil, 1972.
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[13]
Pierre Nora (éd.), Les Lieux de mémoire, Paris, Le Seuil, 1984.
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[14]
Dominique Viart, « Filiations littéraires », Écritures contemporaines II, « États du roman contemporain », Minard-Lettres modernes, 1999 ; Dominique Viart et Bruno Vercier, La Littérature contemporaine au présent, Paris, Bordas, 2008 et Laurent Demanze, Encres orphelines, Paris, José Corti, 2008.
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[15]
Pierre Bourdieu, « L’Illusion biographique », in Raisons pratiques. Sur la théorie de l’action, Paris, Le Seuil, 1994.
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[16]
Sylviane Coyault, La Province en héritage (Bergounioux, Michon, Millet), Paris, Droz, 2002.
-
[17]
Sonya Florey, Littérature contemporaine et engagement. Quand les textes interpellent la réalité postmoderne et néolibérale, soutenue à la faculté des lettres de l’université de Lausanne (Suisse), 2009, publiée sous le titre L'engagement littéraire à l'ère néolibérale, Lille, P.U. du Septentrion, 2013.
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[18]
Anne Mathieu, « Renouveau de la littérature prolétarienne », en ligne sur le site du Monde diplomatique : http://blog.mondediplo.net/2011-05-11-Renouveau-de-la-litterature-proletarienne/. Voir aussi la postface que Michel Ragon donne à son Histoire de la littérature prolétarienne de langue française (1974), lors de sa réédition en 2005 (Paris, Le Livre de poche).
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[19]
Même Paul Aron procède à de tels amalgames, en énumérant tous ensemble François Bon, Gérard Mordillat et des écrivains ouvriers comme Robert Piccamiglio ou Vincent de Raeve. Voir Paul Aron, « La représentation du travail dans la littérature du xx e siècle », in Écrire le travail. Dossier Initiales, no 35, 2011.
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[20]
Michel Houellebecq, « Préliminaires au positivisme », in Michel Bourdeau, Jean-François Braunstein, Annie Petit (eds), Auguste Comte aujourd’hui ? Paris, Kimé, 2003.
-
[21]
Dominique Viart, « “Fictions critiques” : la littérature contemporaine et la question du politique », in J. Kaempfer, S. Florey et J. Meizoz (dir.), Formes de l’engagement littéraire, Lausanne, Antipodes, coll. « Littérature, culture, société », 2006, p. 185-204.
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[22]
Leslie Kaplan, « Écrire l’usine », in Dossier Initiales, op. cit.
-
[23]
Thierry Beinstingel, CV Roman, Paris, Fayard, 2007.
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[24]
Thierry Beinstingel, Retour aux mots sauvages, Paris, Fayard, 2010.
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[25]
Élisabeth Filhol, La Centrale, Paris, P.O.L, 2010, p. 81.
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[26]
Ibid., p. 83.
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[27]
Maylis de Kérangal, Naissance d’un pont, Verticales, 2010 (la phrase se prolonge ainsi encore sur plusieurs pages).
Depuis qu’elle est redevenue transitive, la littérature française partage ses objets – l’homme, le monde, le corps social, l’Histoire… –, avec les sciences humaines qui les étudient de leur côté. On a ainsi pu constater dans de nombreux travaux récents combien par exemple l’écriture du passé entrait en relation, à la fois féconde et conflictuelle, avec les diverses formes d’historiographie.
Qu’en est-il avec le présent ? Les distributions de compétences et les relations qu’elles peuvent induire sont sans doute moins simples à déterminer. Car le présent est une catégorie qui se laisse mal définir. À peine l’a-t-on nommé que déjà l’instant que l’on désignait appartient au passé. Sans doute faut-il lui donner quelque amplitude mais dans un temps qui, comme le montre Paul Virilio, ne cesse de s’accélérer et de rendre caduc ce qui vient d’être posé, cette amplitude n’est pas sans soulever maintes difficultés. Et cela alors même que cette catégorie incertaine paraît constituer le point de référence à partir duquel, selon François Hartog, se pense notre historicité.
Par ailleurs l’écriture du présent est un risque pour le roman. D’abord parce que l’immédiateté se prête mal au récit à cause précisément de la réduction du spectre historique qu’engage la notion. Sans déploiement historique ou chronologique, comment écrire une histoire ? Le roman est un art du temps. Or le présent est éphémère, contingent : on ne peut le saisir qu’en fragments. Ce qui induit une syncope du narratif, un « devenir-journal » du roman qui confine dès lors à la chronique accumulative…
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